‹ Législation civile du Thalmud (volume 2)Chapitre 22 sur 57 · LXXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXXIV INTRODUCTION

soldats [bene hela]. U n'y avait donc pas dans la yille d'autres habitants païens que la garnison [Y. plus bas, p. 35].

c) Quand les bouchers juifs avaient reconnu qu'un animal était terepahy on le faisait connaître au public. Comment le faisait-on ? Rab Isaac, fils de Joseph^ dit : Un hérault criait : Il y a aujourd'hui de la viande pour les soldats, bené héla [Y. traité Holin, foL 94, verso]. Il n'y avait donc pas d'autres habitants païens dans la ville.

On a vu que les Juifs n'étaient guère soumis à des lois exceptionnelles, ils avaient tous les droits de citoyens dans leurs pays ; et que si le gouvernement les persécutait par une loi inique [gezerah]^ ils avaient l'habitude de dire : gezerah abida debatlah^ ces lois oppressives sont d'ordinaire vite abolies [Y. traité Khethouboth, fol. 3, verso]. Cependant ils étaient obligés de payer divers impôts, et ils souffraient surtout de l'irrégularité et de l'arbitraire avec lesquels les impôts étaient perçus, ainsi que des abus des fonctionnaires et de la violence de la garnison et des sbires du gouvernement. En voici les preuves.

a) Le gouvernement persan se considérait comme le véritable propriétaire de tous les terrains du pays; les cultivateurs n'étaient que ses fermiers. U les laissait rester chez eux et jouir paisiblement de leurs récoltes, s'ils en payaient l'impôt foncier à la fin de l'année. Si un cultivateur ne payait pas Timpôt à la fin de Tannée, on lui enlevait ses champs et on les donnait à un autre qui en payait Tirnpôt [Y. ma Législation, tome lU, p. 321, et tome lY, p. 174 et 175). L'impôt était tellement considérable que les habitants prenaient souvent

LES FONCnONNAIRlS BT LES SBIRES PAlENS. LXXV

le parti d'abandonner leurs champs au gouvernement [ibidem].

6) n y avait aussi l'impôt par tête. Si un habitant ne s'acquittait pas de cet impôt, on le mettait en prison, ou il prenait la fuite, ou bien on le faisait travailler pour le gouvernement, lequel vendait ces malheureux aux particuliers riches, et prenait le prix de la vente pour l'impôt qu'ils lui devaient [V. ibidem^ tome III, p. 321 , et tome IV, p. 175].

c) Il y avait encore beaucoup d'autres impôts, comme l'ancien impôt qu'on appelait la kouronne [khlila] et qui est déjà mentionné dans les livres des Macchabées (Y. traité Raba bathra, fol. 8, recto). L'impôt appelé angaria [V. ma Législation, tome III, p. 345], c'estrà-dire les fonctionnaires du gouvernement^ en voyageant pour l'État, avaient le droit de prendre aux habitants leurs ânes pour tout le temps de leurs voyages, ou bien ils ne les rendaient plus du tout aux habitants. Tantôt les fonctionnaires faisaient des visites domiciliaires pour y rechercher les ânes, tantôt ils s'abstenaient de ces visites, mais en rencontrant un habitant monté sur son âne, ils enlevaient Fane et laissaient l'habitant continuer sa route à pied [ibidem^ p. 348]. Si le gouvernement voulait bâtir quelque part un pont, les habitants devaient d'abord lui fournir les matériaux de la construction, et ensuite, le pont étant construit, ils étaient obligés de payer le droit de passer par ce pont (tôtotem, tome H, p. 508).

d} Tous ces impôts étaient perçus de la manière la plus arbitraire et au hasard. La capitation n'avait rien de fixe, attendu que les naissances, les décès, les immigrations et les émigrations étaient complètement ignorées du gouvernement L'impôt foncier n'avait rien de fixe non plus.

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