‹ Législation civile du Thalmud (volume 3)Chapitre 12 sur 35 · XXXII MIN · texte numérisé non relu

XXXII MIN

y a des païens qui sont minM La ghemara répondit alors : Rabbah , fils d'Abouhou, voulait dire seulement que la plupart des païens ne sont pas minin^ c'est pourquoi la mischnah dit que, si Tanimal est tué par un païen, il est permis d'en avoir une hanaah^ et il ne faut pas craindre que ce païen ne soit un min^ car il y a plus de païens qui ne sont pas minin que de païens minin [v. traité Holin, fol. 13],

h) On lit dans le traité Ghitin « Rabbi Eliezer dit : Si le livre de la Thorah a été écrit par un païei^, il faut détruire le livre^ car un païen ne pense qu'à sa divinité. Rab Nahaman dit au contraire que, si un païen l'a. écrit, il ne faut pas le détruire [car les païens ne sont pas d'ordinaire assez dévots pour penser toujours à leurs divinités] ; mais s'il a été écrit par un min, il faut détruire le livre, car le min l'a écrit au nom de sa divinité i» [v, traité, Gliitin, fol. 45, verso].

c) La ghemara dit qu'un gher\ un païen co;nverti au judaïsme, qui retourne à son ancienne religion, est un min [1. c.].

d) M. Graetz lui-même a établi avec raison que, dans le Thalmud, minim est un mot presque synonyme de malschinim^ délateurs, traîtres [Histoire des Juifs, par Graetz, t. lY, p. 104]. Ce qui s'accorde bien avec mon interprétation qui est conforme à celle de Raschi [Ghitin, fol. 45, verso], d'après laquelle les minim étaient des dévots païens fanatiques, délateurs et traîtres. Mais cela ne s'accorde pas avec l'idée de M, Graetz que les minim étaient les judéo-chrétiens.

é) Graetz dit : L'étymologie de minim n'est pas

INTRODUCTION, XX&llI

connue, mais ce mot désigne les judéo-chrétiens, ce que nous apprenons par St-Jérôme qui dît : « Inter judseos haeresis est quœ dicitur minœorum et a pharisaeis damnatur quos vulgo nazarœos nuncupant. » [Graetz, 1. c. t. IV, p. 433]i St: Jérôme, le père de l'Eglise, voulait accuser les Juifs denmudire les chrétiens dans la prière appelée hirkhath ha-minim^ en disant que ces mf'mVn étaient des chrétiens; mai^il ne connaissait pas plus les Juifs de son temps que les savants chrétiens de nos jours ne nous connaissent, et réminent Israélite, Graptz, n'aurait pas dû prendre de leçons de St-Jérôme sur la signification d'un mot théologique du Thalmud [1].

[1] Les Chrétiens -qai n'ont jamais bien connu les Juifs de leur époque, étaient très-disposés à croire que le mal qu'ils apercevaient dans TEglise devait également exister dans la Synagogue. Un écrivain célèbre, frappé de Texistence de nombreuses sectes chré^ tiennes, a cherché à en trouver le plus possible. chez nous, et il a trouvé sept sectes de pharisiens ; puisque le Thalmud parle des hypocrites qui marchaient en regardant toujours le ciel, d'autres en fermant les yeux, etc., c'étaient diaprés ce grand critique autant de sectes religieuses. Le saint homme Eusebiiis a trouvé également sept sectes dans la synagogue, et notre illustre histo* rien Grâtz est assez aimable pour chercher les. sept sectes d'Eusebius dans le Thalmud. L'intention est excellente. Nous devons être aimables et très^-chari tables envers les Chrétiens ; le Thalmud nous en fait' un devoir sacré; mais nous ne sommes pas obligés de chercher à jusiifier leurs erreurs. M. Gràtz veut trouver dans le Thalmud deux nouvelles sectes, les toblé schaharith^ ceux qui faisaient Timmersion dans Peau le matin, et lesschobethé scJuibathf ceux qui observaient le sabbath. Ces sectes n^ont jamais existé que dans rimaginUtion de saint Eusèbe. M. Grâtz n'a qu'à lire plus attentivement les passages thalmudiques qull cite luimême, pour se convaincre qu'il s'est trompé ici dans le sens . de ces passages. Le passage de schobethé sohabath se trouve dans la mischnah du traité nedarim^ où il est dit : Si un individu fait un vœu de ne rien prendre aux schobethé schabath (à ceux qui observent le sabbath), ce vœu est applicable à tous les Juifs et à tous les Samaritaine, car ces deux peuples observent le .sabbath. Il n'y

XXXÏV MIM.

/)• Dans la traité Berakhoth^ on dit que le9 minim n'admettaient que le monde d'ici^hw, et non pas rautFs monde [v. Bemkoth, foL S4],

g) Enfin on trouve dans le Thalmud et dans d'antres livres juifs de nojnbreux passages, où mn dé? signe toute espace d'hérésie. Il faut surtout, à mon avis, chercher à évitpr certains écueils, dont on ne pouritait ae garantir que par un ej^amen série u;x du texte [1]* ' • -

H i ti

a dono ici aucune secte, ce sont tous les Juifs et tous le» Samaritains Ç[ui oI)serven( le samedi. Uautre pas^agB se trouve dans le traité Berakhoth, La ghem^ra demande mçih tiban schel tob^lé schahariihl et Grâtz en conclut qu'il y avait une secte tohelé schaha" rilh, et que la ghemaraa déjà oublié ce qu'était cette secte. Mais M. Grâtz n'avait qu'à lire une ligne de plus, et il aurait vu que la ghemara eli6-<-môme interprète autrement le spns de cette dadiande. [i] Ces écueils sont les suivants i

a) Quand on trouve dans le Thalmud une discussion religieuse, on est toujours dispasé à croire que c'était avec uii Chrétien qu'on disputait. Or, il était naturel qu'à une époque où Juifs et Chrétiens cherchaient à convertir les autres par d^ discussions, les païens aussi cherchaient à se défendre et souvent aussi àatta? quer les monothéistes à leur tour par des discussions.

b) Si la discussion porte sur un passage biblique, on y voit une preuve qu'on a affaire à un Chrétien ou à un judéo-ehrôtien ûr, non-seulement on a vu le païen Celse faire un long ouvrage plein d'attaques appuyées sur des passages bibliques, mais dans le Thalmud on trouve aussi que des païens discutaient sur dea pas^ sages, comme celui qui voulait prouver par la Bible qu'il y a un dieu des montagnes et un dieu des vents [v. traité Holin, fol. 89, recto].

c) On trouve dans le traité Berakhotb, qu'un Juif était oi) pou* vait être soupçonné d'adhérer aiix minim [d-avoir un rouah minouth], et on pourrait en conclure qu'il s^agit de la secte des judéo- chrétiens. Or, on trouve dans le traité Holin une beraïtbà qui dit : Il ne faut pas tuer un animal dans une fosse, [car c^est ainsi, dit Raschi, que les païens faisaient pour leurs sacrifices]. Si un Juif Pa fait, il faut faire une enquête pour savoir s'il n'est pas devenu païen [Holin, fol. 41, verso].

dj On trouve de nombreuses discussions religieuses que les docteurs du Thalmud avaient avec leurs adversaires dans dec^ en-^

INTRODUCTION. XXKV

Il résulte de tout ce que je viens de dire, que les Juifs n'ont jamais fait de prières contre les chrétiens, ni coatre les judéo^ohrétiena.

LES ORiaiNES DES LOIS THALMUBIQUES.

Les origines des lois thalmudiques étaient au nombre de cinq, savoir : TEcriture, la tradition, les lois établies par les docteurs des diverses époques selon le besoin, l'usage, et enfin Tinfluence des peuples voisins. Je n'ai pas besoin de m' étendre sur les trois premières origines. Quant àTusage établi, les docteurs du Thalmud le respectaient toujours autant que possible, même dans les questions purement re«-

flroits s^^pelée hi alfidon [pppbablenient bé abadon^ paison de per* dition], et on croit que ces adversaires étaient des Chrétiens. Je crois qu'ils étaient probablement païens, qui discutaient aussi ; c^rbien des j^eteurs n'y allaient que forcés, or, les Chrétiens n'avaient pas alors le pouvoir de les forcer.

é) Quand on dit dans le Thalmud que l'adversaire du docteur a fait up. miracle, ou qu'il a eiiorcisé un malade en récitant un verset biblique, on croit pouvoir affirmer que c'était un Chrétien. Les païens aussi faisaient tout cela et mieux que les Chrétiens, qui n'étaient que leurs diKSciples pour les exorcismes et les amulettes. Comment, dira-t-on, un païeq pourra-t-il recourir à un verset biblique pour ses exorcismes ou ses amulettes ? Le célèbre père de TEglise, Origène, a affirmé que ces amulettes en langue hébraïque produisaient des guérisonsmiraculeuses,et que les mêmes amulettes en langue grecque ne produisaient rien. Il a raison ; une amulette doit être écrite dans une langue inintelligible. Ce qui caractérisait les amulettes et ce qui les distinguait des prières, c'était précisément que celles-ci étaient intelligibles et que les autres étaient comme des dépèches chiffrées. Si donc le Thalmud cite souvent des amulettes que jamais aucun Juif n'a pu comprendre, les païens devaient, de leur côté, n'employer que des amulettes en langue hébraïque ou réciter des versets bibliques*

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