INTRODUCTION. ^ XLV
Les documents des lois thalmudiques.
A-t-on défendu d'écrire les hahkhotk^ les lois, et pourquoi?
Nous avons des lois thalmudiques établies ou rapportées par un grand nombre de docteurs, mais nous n'avons aucun document de ces docteurs. Nous n'avons que quelques recueils, comme la mischnah et
inspiré des idées de rabbi Akiba ; Geiger a dit la môme chose. Je crois quMls sont tous les deux dans l'erreur. Voici de quoi il s'agit : On vient de voir que c'est rabbi Akiba qui est allé le plus loin dans la méthode d'attacher les lois traditionnelles aux versets bibliques. La légende, exagérant selon son habitude toutes choses, raconte que rabbi Akiba a pu même déduire des lois des couronnes mises à certaines lettres de l'Ecriture [schin, ajin, teth, etc.], mais dans tout le Thalmud il n'y a pas trace d'une déduction pareille. Une autre légende raconte que rabbi Nehemia, une autre dit Nahoum gam zou, déduisait des lois de toutes les particules eth qu'il trouvait dans la Bible, comme si cette particule,qui a la sîgnitication de la désinence de l'accusatif des langues européennes, signifiait avec [eth a souvent cette signification, v. Genèse VI, 13] ; quand il est arrivé au passage « tu craindras ton Dieu «, où le mot Dieu est précédé de la particule eth>, qui indique que ce mot est à l'accusatif, il a abandonné sa méthode d'interpréter la particule eth de cette façon pour en déduire des lois. [D craignait qu'on ne traduisît ici sérieusement eth par le mot avec^ et qu'on ne tombât dans l'erreur funeste, comme si avec Jehovah, il fallait encore craindre une autre divinité]. Mais rabbi Akiba, ajoute la légende, est venu le tranquilliser, en disant, qu'en effet, avec Dieu il faut encore vénérer la science et les savants. Mais tout cela n'est qu'une légende, elle n'a rien d'historique, puisqu'on ne trouve nulle part dans le Thalmud ni dans le Midrasch, que rabbi Akiba ou Nahoum ou rabbi Nehemie ait attaché une loi ou une sentence quelconque à cette particule eth. Quant au traducteur grec, il a voulu traduire chaque mot du texte hébreu par un mot grec. Comme il ne trouvait pas de mot correspondant à la particule eth^ qui est rendue en grec par la désinence de l'accusatif [désinence qui n'existe pas toujours, exemple : dans les
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les diverses beraïthoth, dont les rédacteurs ont enregistré les sentences de leurs contemporains et de leurs prédécesseurs. Mais si les prédécesseurs sont morts longtemps avant la rédaction de ces recueils, si par exemple rabbiJoudah le nasm, qui a rédigé la mischnah vers la fin du ii® siècle, a enregistré les paroles d'un docteur qui a vécu du temps des Macchabées, quelle garantie avons-nous que ces paroles
m->mmm,^Êtmm»ê
substantifs neutres], et comme eth signifie parfois avee, il a traduit cette particule toujours par 5wn, avec. C'était une traduction mot à mot qui a été avec raison fortement blâmée par les successeurs.
Voici encore d'autres preuves, que le derasck n'était qu'une simple attache pour une loi déjà établie par la tradition. Rabbî Ismaôl était parfois allô dans l'application du derasch, jusqu'à trouver une loi dans le vav conjonctîf, plus ou moins superflu, comme le vav du mot we-eleh, et ceux [v. Mekhiltha, division Mischpàthirrij article we-eleh]. Un jour rabbi Akîba dit, que telle coupable doit être condamnée à la serephah par une loi, qu'il trouve dans le ua» conjonctif du moi ou-bath (et la fille) ; mais rabbî Ismaël lui répond spirituellement : Parce qu'il te vient à l'idée de trouver quelque chose dans ce vav, faut-il qu'on condamne cette pauvre femme àk serephah f [v. traité Synhedrin, fol. 51, verso]. Il résulte de ce passage, que d'après rabbî Ismaël le vav conjonctîf ne motivait jamais aucune loi, et qu'il ne servait qu'à y attacher une loi déjà établie ailleurs.
Rabbî Joudah allait parfois dans l'application du derasck jusqu'à recourir au semoukhim, succession immédiate des deux passages bibliques [v. traité Soukhah, fol. 47, verso]; cependant aune autre occasion il dit : « Parce que ces passages se trouvent rapprochés l'un de l'autre, faut-il condamner l'accusé à la lapidation ?[Jebamoth, fol. S], On voit que rabbî Joudah n'employait ce derasck que pour les lois déjà établies ailleurs. Rabbi Joudah aimait aussi à employer des simanim^ des moyens mnémotechniques [v. Menahoth, fol. 105], et le derasck pouvait servir comme un de ces moyens. Rabbi Joudah était, du reste, d'autant moins l'homme à vouloir déduire des lois nouvelles par le derasck, qu'il avait Thabitude de concevoir la Bible avec un esprit très-libéral. C'est lui qui a dit, que les huit derniers versets du Deutéronome étaient ajoutés par Josué [v. Baba bathra, fol. 15], et que le prophète Ezechiel n'a pas ressuscité les morts, et que cette résurrection n'est qu'une fiction poétique [v. Synhedrin, fol. 92].
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ont été exactement rendues? On nous dit qu'il était défendu d'écrire les halakotk, les lois [Ghitin, fol. 60], mais on admet qu'il était permis d'écrire Vagadah^ les sentences de morale, les légendes, l'histoire, etc. Nous ne pourrions donc avoir de doutes que sur les halakhoth, mais celles-là, dit-on, ont été transmises verbalement de génération en génération de la façon la plus exacte, jusqu'à T époque de rabbi Joudah le nassie, où Ton s'estpermis de transgresser la défense pour sauver les lois de l'oubli.
C'est ce qu'on dit et ce qu'on écrit généralement, mais je ne peux pas l'admettre ; en voici les motifs :
a) D'abord il n'y a aucun motif raisonnable, quand on permet d'écrire toute la tradition, tout ce qui concerne la morale, l'histoire, même les dogmes, de faire une exception des lois si importantes, attribuées pour la plupart ai Moïse lui-même, d'autres à Josué, à EzdraSy etc. Gratz cite un passage, où un docteur dit, qu'on n'écrivait pas les halakkoth,de peur qu'on ne les traduisit dans une langue comprise par les païens, vu que la traduction de la Septante aurait causé tant de mal aux Juifs. Ce passage exprime l'opinion individuelle d'un docteur qui n'a rien d'historique. D'abord le motif donné par un docteur pour un fait antérieur à lui de quelques siècles, ne peut être considéré que comme l'opinion individuelle de ce docteur [1] ; comme c'était aussi l'opinion indi-
[1] Un docteur dit que la cérémonie de couper le cou de la vache [Deutéronome XXI, 4] a été abolie, depuis que les meurtres se sont multipliés, et que celle des eaux amères [Nombres V, 24] a cessé d'ôlre pratiquée depuis que la chasteté a diminué [v. tAité Sotah, fol. 47, recto]. Le docteur donne ici des motifs pour l'aboli-
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vîduelle d'un autre docteur, que la traduction de la Septante était un malheur pour les Juifs. Rabbi Azarjah di Rossi dit dans son ouvrage, intitulé Meor einayim [chapitre 7, 8] que cette traduction était, au contraire, très-utile. On ne trouve nulle part dans l'histoire de Gr^tz lui-même que cette traduction ait causé tant de mal. Du reste, la défense d'écrire les lois dans l'idiome juif, n'était pas un moyen d'en empêcher la traduction dans une autre langue, puisque tant de personnes les connaissaient par cœur.
b) Il est d'une impossibilité absolue, que les docteurs, qui étaient presque tous ouvriers ou cultivateurs, qui travaillaient toute la journée pour gagner leur vie et entretenir leur famille, qui n'allaient aux écoles que le soir et les jours de fêtes, et dont un grand nombre étaient accablés de misère et de persécutions, que ces docteurs, dis-je, aient pu retenir par cœur toutes les sentences souvent contradictoires d'un si grand nombre d'auteurs, avec toutes les longues discussions qui s'y rattachaient.
c) Gratz, comme les autres, fait une différence entre les halakkoth ^i les autres branches de la littérature juive. La ghemara que j'ai citée n'admet pas du tout cette différence. Qui aurait, au reste, pu tracer la limite exacte entre la loi et un précepte de morale ? Voici ce qu'on dit dans le traité Ghitin [fol. 60] : <( Rabbi Joudah, fils de Naha'meni,
tion des lois, qui certainement n'ont pu être pratiquées que plusieurs siècles avant son époque. [La cérémonie des eaux amères a été au plus tard pratiquée à l'époque de Schemajah et d'Abtalion, V. traité Edjoth, 5® perek].
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dit dans un sermon, comme interprète de Rabbi Simon, fils de Lakesch, qu'il ne faut pas citer par cœur les paroles de TEcriture, et qu'il ne faut pas lire dans un livre les debarim^ les choses de tradition » [Ghitin, fol. 60, verso], et plus haut, on lit : « Rabbi Johanna et rabbi Simon, fils de Lakesch, lisaient dans un livre de Vagadah. La ghemara demande, comment ont-ils pu lire dans ce livre? Nous savons qu'il est défendu d'écrire ces livres [1], et la ghemara répond qu'on a permis de Fécrire, car il était impossible de se conformer à cette défense [on ne pouvait pas tout apprendre par cœur, car la mémoire n'aurait pas pu retenir] [même fol., recto]. Dans le traité T'A^;wom'flA la ghemara demande aussi, comment rabbi Johanan a-t-il pu écrire Vagadah^ quand il a dit qu'il est défendu d'écrire la halakhah^ et la ghemara répond que c'était une sentence nouvelle de Vagadah qu'il a écrite pour ne pas l'oublier [v. Ihemourah^ fol. 14J. On voit que la défense devait se rapporter à Xagadak aussi bien qu'à la halakhah^ et qu'on a fini par permettre d'écrire Tune et l'autre, parce qu'on a voulu en prévenir l'oubli.
[1] Raschi dit : Il est défendu d'écrire quoi que ce soit [excepté la Bible], la ghemara, la hatakhah et Vagadah^ et Raschi cite la beraïtha do l'école de rabbi Ismaël < eleh attah khotheb viyi attah klwtheh halakhoth , tu écriras la Bible , mais tu n'écriras pas les halakhoth [môme fol,, verso]. Il faut donc admettre, ou bien que Raschi avait une variante et qu'il lisait dans la beraïtha debarim schebeal peh, choses de la tradition, au lieu du mot haUt' khothj ou bien, ce qui est plus probable, que Raschi a conclu de la question de la ghemara, qu'il n'y avait aucune différence entre la tKUakhah et Vagadah, et que la beraïiha ne mentionne la halakhah que comme exemple d'une des choses défendues, ou pour dire que même la halakhàlt est défendue et à plus forte rdison Vagadah,
L PRÉTENDUE DÉFENSE ^'ÉCRIRE LES LOIS
d) Du reste, s'il est vrai, comme Gratz l'admet, que la défense d'écrire était motivée par la crainte de la traduction, c'est Vagadah surtout qui devait être défendue beaucoup plus que la Mlakhah. Car c'est toujours dans ra^arfa^i, que les ennemis du judaïsme ont cherché des armes contre les Juifs. Ils ne s'occupaient jamais de la halakhah.
e) Quand on s'est enfin décidé à permettre d'écrire la mischnah, à l^époque de rabbi Joudah, afin de prévenir l'oubli des halakoth de ses contemporains et de ses prédécesseurs, pourquoi a-t-on encore maintenu la défense pour les halakhoih des docteurs postérieurs à la mischnah? Pourquoi a-t-ôn attendu Tépôque de rabbi Asché pour permettre d'écrire la ghemara ?
/) Enfin il est prouvé que malgré cette défense on a toujours écrit, comme Frankel et Gr^tz eux-mêmes en citent des exemples. Seulement Grtstz, dans son Histoire des Juifs, dit que les halakhoth étaient r^fr^mmt écrites. Or, je crois qu'on a écrit les halakhoth partout où il y avait une école, c'est-à-dire dans toutes les villes juives. D'abord ce qu'un docteur a pu se permettre rarement [comme le dit Gratz], les autres ont dû se le permettre également au cas de besoin, et ce besoin existait toujours, car il fallait écrire toujours les halakoth qu'on avait apprises, pour ne pas les oublier. Ensuite il y a un passage où Ton dit clairement, qu'il y avait 600 ou 700 recueils écrits de mischnajoth [v. traité Haghigah, fol. 14]. Ce nombre est probablement exagéré [v. Holin, fol. 92), mais le passage n indique pas moins que dans toutes les villes de quelque importance, où il
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y avait une école ou une petite académie ou un docteur de quelque valeur, il y avait un recueil écrit de la mischnah de l'époque. Nous savons déjà les noms d'une vingtaine d'académies thalmudiques de l'époque des docteurs du Thalmud [v, ma Législation criminelle du Thalmud, p. 444], mais il y avait des centaines de grandes et petites académies, et comme chaque académie avait un recueil de mischnajoth, la g^hemara dit qu'il y avait 600 ou 700 recueils écrits. Il est, du reste, à remarquer qiie le Thalmud^ comme l'historien Josèphe et le philosophe Philon, s'exagéraient toujours le nombre des Juifs de leurs époques.
Quand on avait besoin d'apprendre une halakkah à un homme qui était à l'étranger, on avait l'habi tude de l'écrire dans une lettre qu'on lui envoyait [v. traité Themourah^ fol. 14].
Que faut-il donc penser de cette défense mentionnée dans quelques passages, défense que personne, paraît-il, n'a observée, tout le monde s'excusant sur la nécessité d'écrire la sentence pour ne pas l'oublier, défense qni paraît absurde et contraire au bon sens, n'ayant aucune raison d'être ? Qui a fait cette singulière défense d'écrire quoi que ce soit, excepté la Bible [comme le dit avecî raison le commentateur Raschi], défense qui paraît n'avoir pris naissance qu'après la destruction de Jérusalem, puisque auparavant on a écrit les Macchabées, le livre de Sirah, que la ghemara ci le avec éloge, et tous les apocryphes de l'Ancien Testament ?
Voici ma réponse à cette question. On trouve souvent dans le Thalmud, que les écrits qui contenaient
L PRÉTENDUE DÉFENSE ^'ÉCRIRE LES LOIS
d) Du reste, s'il est vrai, comme Gratz l'admet, que la défense d'écrire était motivée par la crainte de la traduction, c'est Vagadah surtout qui devait être défendue beaucoup plus que la halakhah. Car c'est toujours dans Vagadah^ que les ennemis du judaïsme ont cherché des armes contre les Juifs. Ils ne s'occupaient jamais de la halakhah*
e) Quand on s'est enfin décidé à permettre d'écrire la mischnah, à Fépoque de rabbi Joudah, afin de prévenir l'oubli des halakoth de ses contemporains et de ses prédécesseurs, pourquoi a-t-on encore maintenu la défense pour les halakhoth des docteurs postérieurs à la mischnah ? Pourquoi a-t-ôn attendu l'époque de rabbi Asché pour permettre d'écrire la ghemara ?
/) Enfin il est prouvé que malgré cette défense on a toujours écrit, comme Frankel et Gr^tz eux-mêmes en citent des exemples. Seulement Gr^tz, dans son Histoire des Juifs, dit que les halakhoth étaient raremmt écrites. Or, je crois qu'on a écrit les halakhoth partout où il y avait une école, c'est-à-dire dans toutes les villes juives. D'abord ce qu'un docteur a pu se permettre rarement [comme le dit Gratz], les autres ont dû se le permettre également au cas de besoin, et ce besoin existait toujours, car il fallait écrire toujours les halakoth qu'on avait apprises, pour ne pas les oublier. Ensuite il y a un passage où l'on dit clairement, qu'il y avait 600 ou 700 recueils écrits de mischnajoth [v. traité Haghigah, fol. 14]. Ce nombre est probablement exagéré [v. Holin, fol. 92), mais le passage n'indique pas moins que dans toutes les villes de quelque importance, où il
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y avait une école ou une petite académie ou un docteur de quelque valeur, il y avait un recueil écrit de la mischnah de Tépoque. Nous savons déjà les noms d'une vingtaine d'académies thalmudiques de Tépoque des docteurs du Thalmud [v. ma Législation criminelle du Thalmud, p. 444], mais il y avait des centaines de grandes et petites académies, et comme chaque académie avait un recueil de mischnajoth, la g^hemara dit qu'il y avait 600 ou 700 recueils écrits. Il est, du reste, à remarquer qiie le Thalmud^ comme Thistôrien Josèphe et le philosophe Philon, s'exagéraient toujours le nombre des Juifs de leurs époques.
Quand on avait besoin d'apprendre une halakhak à un homme qui était à l'étranger, on avait l'habi tude de l'écrire dans une lettre qu'on lui envoyait [v. traité Themourah^ fol. 14].
Que faut-il donc penser de cette défense mentionnée dans quelques passages, défense que personne, paraît-il, n'a observée, tout le monde s'excusant sur la nécessité d'écrire la sentence pour ne pas l'oublier, défense qni paraît absurde et contraire au bon sens, n'ayant aucune raison d'être ? Qui a fait cette singulière défense d'écrire quoi que ce soit, excepté la Bible [comme le dit avecî raison le commentateur Raschi], défense qui paraît n'avoir pris naissance qu'après la destruction de Jérusalem, puisque auparavant on a écrit les Macchabées, le livre de Sirah, que la ghemara cile avec éloge, et tous les apocryphes de l'Ancien Testament ?
Voici ma réponse à cette question. On trouve souvent dans le Thalmud, que les écrits qui contenaient
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d) Du reste, s'il est vrai, comme Gratz l'admet, que la défense d'écrire était motivée par la crainte de la traduction, c'est Vagadah surtout qui devait être défendue beaucoup plus que la halakhah. Car c'est toujours dans Yagadah^ que les ennemis du judaïsme ont cherché des armes contre les Juifs. Ils ne s'occupaient jamais de la halakhah.
e) Quand on s'est enfin décidé à permettre d'écrire la mischnah, à l^époque de rabbi Joudah, afin de prévenir l'oubli des halakoth de ses contemporains et de ses prédécesseurs, pourquoi a-t-on encore maintenu la défense pour les halakhoth des docteurs postérieurs à la mischnah? Pourquoi a-t-ôn attendu l'époque de rabbi Asché pour permettre d'écrire la ghemara ?
/) Enfin il est prouvé que malgré cette défense on a toujours écrit, comme Frankel et Gr^tz eux-mêmes en citent des exemples. Seulement Gr^tz, dans son Histoire des Juifs, dit que les halakhoth étaient r^fr^mmt écrites. Or, je crois qu'on a écrit les halakhoth partout où il y avait une école, c'est-à-dire dans toutes les villes juives. D'abord ce qu'un docteur a pu se permettre rarement [comme le dit Gratz], les autres ont dû se le permettre également au cas de besoin, et ce besoin existait toujours, car il fallait écrire toujours les halakoth qu'on avait apprises, pour ne pas les oublier. Ensuite il y a un passage où l'on dit clairement, qu'il y avait 600 ou 700 recueils écrits de mischnajoth [v. traité Haghigah, fol. 14]. Ce nombre est probablement exagéré [v. Holin, fol. 92), mais le passage n'indique pas moins que dans toutes les villes de quelque importance, où il