INTRODUCTION. LVII
ceJui de lamischriah de rabbi Joudah le nassie [i]. On appelait leurs recueils du nom de beràitha^ àéïiùrB, pour indiquer leur position subordonnée; parfois oh les appelait aussi en dhaldéen matknitha^ parfois même mischndhy mais celle de rabbi Joudah le nassie s'appelait seule miscknathenoUy nôtre mischnah, la mischnah de nous tous, la miscbnah nationale. Quand la ghemara cite une beraïtha, elle dit thanà^ mais quand elle cite une mischnah de rabbi Joùdàh le nassie^ elle dit ikenan^ avec le pronom' an^ notre. Le thana de la mischnah s'appelait thana dedan^ notre thana ; celui d'une beraïtha s'appelait thana bara^\^ thana du dehors [v. ivoîié Baba metzia ^ fol. 74, verso].
Principes généraux du code^ lacunes et contradictions
apparentes*
Je ne pourrais développer les principes généraux du code civil du Thalmud que dans l'introduction
[1] Cependant Rabbi a dû faire à ses collègues des concessions importantes ; il h'étdit pas le maître absolu. Ainsi il n'a pas pu faire insérer dans sa mischnah certaines de ses propres opinions, qui ont été recueillies dans la beraïtha. Il n'a pas pu empêcher la publication dans les^eraïthoth des opinions contraires à celles de sa mischnah. Enfin sa décision que les successeurs devaient suivre Topinion, qu'il a donnée comme étant celle de la majorité, et non pas celle d'un thana isolé, n'a pas été acceptée par ses successeurs appelés amofam [v. ma Législation criminelle du Thalmud, p. 209]. S'il était en désaccord avec un de ses collègues dans une loi, on suivait son opinion [Eroubin, fol. 46], nmais il suffisait que son disciple, rabbi Hiya, partageât l'opinion de son adversaire, pour constituer une majorité contre Rabbi et pourrejesfer .m. décision [Holin, fol. 36, recto].
LYl PRÉTENDUE DEFENSE d'ÉGRIRB LES LOIS.
même temps on aurait amené un accord plus ou moins complet entre les diverses écoles. Mais il aurait fallu pour cela une autorité centrale sans rivale ^ qu^ eut assez d'influence sur la nation entière, pour que tout le monde adoptât son cpde légal.
Or, ce Rabah, fils de Rabba, dit : Depuis Moïse jusqu'à Rabbi [le rédacteur de la mischnah], il n'y avait pas un komnae en Israël qui ait réuni au plus grand savoir la grandeur suprême de sa position, sam avoir de rival sous ces deux rapports » [v. traité Ghitin, fol. 59, recto]. JEzdras lui-même, dit la ghemara, n'était pas le plus grand homme de son époque, car il avait un rival en Nehernie [1. c»]. « Rab Aha, fils de Rabba, dit : Depuis Rabbi [le rédacteur de la mischnah] jusqu'à rab Asché, il n'y 9.vait pas un homme eu Israël, qui ait réuni au plus grand savoir la grandeur suprême de sa position, sans avoir de rival sous ces deux rapports » [1. c.]. On compriend donc que rabbi Joudah le nassie^ appelé aussi Rabbi, était seul à même de rédiger avec ses collègues une mischnah qui pàt être considérée, non plus comme un livre apocryphe dans le sens que je viens d'indiquer, mais comme un code national destiné aux lectures publiques ; de même que plus t^rd rab Asché était seul à même de faire adopter par la nation entière sa rédaction de la ghemara, parce que son autorité n'avait pas non plus de rivale. Aussitôt que le recueil de la mischnah de rabbi Joudah le nassie fut publié, il n'y avait plus aucun motif de défendre la publication et la lecture publique des autres recueils, comme ceux de rabbi Hiya, etc., parce que ceux-ci ont accepté un rôle inférieur à