XLVIII INTRODUCTION
server la loi traditionnelle qui défend de manger la viande d'un animal atteint d'une maladie incurable et rapidement mortelle, maladie qu'on appelle terephah. On comprend qu'en général un livre, comme la collection hippocratique, écrit dans le but d'apprendre à soigner les malades, présente des avantages qu'on ne peut pas trouver dans un ouvrage écrit dans un but extra-médical et traitant principalement des maladies des animaux, quoique cellesci ressemblent assez à celles des hommes. Il me semble cependant, quedanslesujetqui nous occupe, le but extra-médical que les docteurs ont poursuivi dans leurs études de la pathologie, a eu aussi ses grands avantages, comme on le verra tout à l'heure.
D'abord on sait que ni Hippocrate lui-même, ni l'école rivale de son époque n'ont connu les maladies mentionnées dans le Thalmud, ou plutôt ils ne connaissaient aucune maladie, ils ne connaissaient que les symptômes. Voici ce qu'a dit Daremberg dans son histoire des sciences médicales :
« La période ancienne nous donne la médecine « clinique, mais bornée à Tétude des symptômes, « Hippocrate et son école. » (Histoire des sciences médicales, par Daremberg, Paris, 1870, p. 22.) « Presque absolument privé des lumières fourmes « par Tanatomie et la physiologie, Hippocrate con- « sidérait la maladie comme indépendante de l'or-
« gane qu'elle affecte Quand un élève de l'école
« d'Hippocrate avait bien étudié l'urine, les selles, « les sueurs, les crachats, la respiration, la matière « des vomissements ou des déjections alvines, le « sommeil, les traits du visage, la manière de se
COMPARAISON AVEC LA MÉDECINE d'hIPPOCRATE. XLIX
« coucher, les mouvements des mains, l'état de « rhypochondre, la température du corps, les dé- « pots critiques, peu lui importait de savoir préci- « sèment en çuoi consistait la maladie et quel en « était le siège. » (Ibidem, p. 109.)
Ainsi l'école hippocratique ne connaissait aucune maladie (à T exception des maladies^extérieures, appelées chirurgicales, comme les fractures, les luxations, etc.). On a vu, que l'école hippocratique se distinguait surtout par les notions médicales trèsimportantes concernant les soins à donner aux malades. Voici cependant ce que dit Daremberg : « Asclépiade a prétendu dans l'antiquité, et les « modernes ont répété après lui, que la médecine « d'Hippocrate était une méditation sur la mort, et « qu'il n'avait pas de thérapeutique. Cela est fauxo « On trouve des traces manifestes d'une thérapeu- « tique. » (Ibidem, p. 116.) Voici ce qu'il dit pour le diagnostic : « Tout en recueillant ces précieuses « traces de diagnostic dans la collection (des œuvres « hippocratiques), il ne faut pas oublier que ce « diagnostic se rapporte surtout à des maladies ex- « térieures ou chirurgicales (y compris les maladies « des femmes), et que le diagnostic des maladies « internes reste une exception dans l'école d'Hip- « pocrate. » (Ibidem, p. 130 et p. 132.) En effet, le diagnostic est impossible, quand on ignore les maladies des organes.
Il y avait à l'époque hippocratique une école rivale, appelée école des Cnidiens. Voici ce qu'en dit Daremberg : « C'est dans les écrits des Cnidiens « qu'il faut chercher les organes et les maladies....