LES PAÏENS SELON LE THALMUD
On sait qu'il y a dans le Thalmud des passages admirables concernant les païens, passages qui ne laissent rien à désirer pour les principes de tolérance parfaite, de l'estime et même de charité, dont un Juif doit se pénétrer pour les honnêtes gens des autres cultes que le sien. Mais on reproche au Thalmud d'autres passages qui paraissent avoir une tendance tout à fait opposée, passages que lesennemis des juifs incriminaientsouvent, etqu'ilspubliaientetcommentaient de mille façons, pour calomnier leJudaïsme. Je donnerai dans l'introduction du 1" tome de ma législation civile du Thalmud un aperçu général de (otites les idées professées par les docteurs de l'époque thalmudique à l'égard des païens. Dans ce volume-ci on trouvera tous les passages incriminés ou susceptibles de l'être, qui se trouvent dans les traités du Thalmud
LIl INTRODUCTION
de Babylone depuis le traité Baba bathra jusqu'à la fin. Dans le 1*' tome on trouvera également tous les passages incriminés ou susceptibles de l'être, qui se trouvent dans le mêmeThâlmud de Babylone, depuis le traité Berakhoth jusqu'au traité Baba Kama. J'ai placé tous ces passages extraits du Thalmud selon Tordre, que les divers traités suivent dans les Mischnajoth. Si donc quelqu'un trouve dans un traité quelconque un des passages en question, et s'il veut connaître mon interprétation, il pourra facilement le trouver dans ce volume-ci ou dans mon 1®' tome (1) Ici je veux seulement arranger dans un certain ordre les passages de ce volume^ qui montrent la* tolérance parfaite des docteurs du Thalmud envers les païens. Ces passages concernent :
1* Les païens au point de vue de leur salut éternel et de leur dignité morale.
D'après la mischnah, les païens auront, comme les juifs, leur part dans le monde futur. C'est aussi l'opinion de rabbi Josué, qui exprime cette idée très explicitement dans une beraïtha (v. p. 99).
On sait que les docteurs blâmaient le célibat et qu'ils considéraient le mariage comme obligatoire pour tout Israélite qui devait épouser une femme pour propager son espèce; ils ne permettaient le célibat
(l) Il peut arriver, que le môme passage se trouve répété deux ou plusieurs fois dans les divers traités. Dans ce cas, j'en ai donné mon interprétation dans un endroit sans le répéter dans les autres. Si donc on trouve un passage pareil dans un endroit que je n'ai pas traduit, on n*a qu'à voir le glossaire du Thalmud intitulé : Messorath haschassey qui cite tous les. endroits où ce passage se trouve répété; alors on en trouvera un que j'ai traduit et interprété.
LES PAÏENS SELON LE THALMUD. LlU
qu'a ceux qui s'étaient déjà mariés et qui ont eu des enfants. Si un païen a eu des enfants avant de s'être converti au Judaïsme, quoique ces enfants soient restés païens, rabbi Johanan dit qu'il n'est pas obligé de se remarier, car il a déjà satisfait au commandement en question. On est obligé, dit rabbi Johanan, de se marier, parce que le prophète Esaïe dit : « Dieu a n'apascrééle monde pour qu'il soit un désert, mais c( pour qu'il soit peuplé » (Esaïe XLV, 18) ; or, notre prosélyte a déjà contribué à la propagation de l'espèce humaine, puisqu'il a des enfants païens (v. p. 343).
Rabbi Akiba, le plus célèbre docteur en Israël, avait l'habitude de dire : L'homme (païen ou juif) est la créature bien-aimée, puisqu'il a été créé à l'image de Dieu, et c'est là un témoignage extraordinaire de Tamour de l'Eternel pour l'homme, qu'on lui afait connaître qu'il a été créé à l'image de Dieu (v. p. 155).
De là le principe admirable de tolérance et de souci pour la dignité humaine, principe admis par tous les docteurs du Thalmud sans exception aucune, qu'il est défendu à un juif de faire commettre à un païen un péché à son insu (v. p. 377). Tant ils avaient de souci pour la dignité et pour la moralité de tous les hommes, même des païens I
2® Les païens devant ia loi Thalmudique.
Jl faut bien que les docteurs du Thalmud aient jugé les plaideurs païens avec équité, même dans les procès d'un idolâtre avec un Juif, puisque les païens eux-mêmes se présentaient volontairement devant les tribunaux Israélites dans les procès qu'ils avaient avec un Juif (v. p. 66 et passim). Car non seulement, les docteurs du Thalmud condamnaient