‹ Législation civile du ThalmudChapitre 38 sur 63 · LES ESCLAVES PAÏENS · texte numérisé non relu

LES ESCLAVES PAÏENS

Je chercherai à exposer dans le l**" tome l'ensemble des lois et maximes thalmudiques concernant l'esclavage. Ici je ne mentionne que celles que Ton trouve dans ce volume-ci. L'institution de l'esclavage si développée dons la société romaine, répugnait

LVni LES ESCLAVES PAÏENS.

aux docteurs du Thalmud; c'est ce qu'on peut conclure de tout ce qu'ils ont dit en faveur des malheureux esclaves et des lois qu'ils ont établies, pour favoriser leur affranchissement et restreindre l'esclavage parmi les Juifs, Si un Juif a vendu son esclave à un païen, il est obligé de le racheter et de lui donner sa liberté (v. p. 72), quand même il serait obligé de donner dix ou cent fois Ja valeur pour le racheter (v. traité Bekhorolh, fol. 3). Par conséquent un Juif ne pouvait vendre son esclave qu'à un coréligionaire. Or, restreindre la vente d'un bien, c'est évidemment en restreindre Tacquisition, et de la restriction à la prohibition il n y a qu'un pas. Du reste, les docteurs l'ont dit clairement qu'ils n'approuvent pas l'achat des esclaves, ils préfèrent le travail libre des ouvriers. Jossé, de Jérusalem, dit : que tes serviteurs soient de pauvres ouvriers, et non pas des esclaves (v. p* 142). Les docteurs surtout affranchissaient leurs esclaves à chaque occasion. C'est ainsi que rabbi Eliezer, fils de Parta, fut amené devant les juges romains pour répondre à l'accusation d'avoir affranchi son esclave (v. p. 104). L'école de Hillel et l'école de Schamaï se mirent d'accord entre eux pour établir une loi, qui forcerait le maître juif d'affranchir son esclave païen, si l'esclavage empêche le dernier de se marier, car dirent ces écoles, l'esclave ne peut pas rester célibataire, parce qu il est écrit : « Ainsi dit Jehovah, lo créateur du ciel, ce Dieu qui a créé la terre, il ne l'a pas créée pour le néant, mais pour qu'elle soit habitée et peuplée » (Isaïe XLV, 18). Il faut donc pour la propagation de l'espèce humaine, forcer le maître

Page 1