A^/V\^A/»AWA
PEREK I
Si un païen ou un esclave est mort, on n'observe pour lui aucun des rites en usage à la mort d'un Israélite, mais on peut faire son éloge, en disant: 0' le lion (le fort), 0' le héros, Rabbi Joudah s'est exprimé autrement, en disant, qu'on peut faire l'oraison funèbre d'un païen ou d'un esclave et dire : 0', l'homme bon, fidèle, qui vivait de son travail. Les autres docteurs lui firent la remarque : Si tu veux qu'on dise cela de tous les païens, qu'as-tu laissé pour les honnêtes gens? Mais Rabbi Joudah leur répliqua : Si le païen ou l'esclave était honnête, pourquoi ne le dirait-on pas dans l'oraison funèbre?
On n'accepte pas les cérémonies en usage des thanhoumin (consolations) pour la mort d'un esclave* Quand l'esclave de Rabbi Eliezer fut morte, ses disciples allaient faire les cérémonies des than^
houmin (2), mais il leur dit qu'on n'accepte pas ces
(1) Le Traité est ainsi appelé par euphémisme, car il traite des cérémonies de Venterrement et du deuil.
(2) Les disciples croyaient que c'était une esclave bonnétej et rabbi Eliezer savait qu'elle ne Tétait pas*
80 SEMAHOTH.
îérémonies pour les esclaves, qui d'ordinaire (1) ont comme des animaux domestiques. Mais quand Fobi, l'esclave du rabban Gamaliel, fut mort, ce •abbi a accepté les cérémonies des thanhoumin (conolations). Quand ses disciples lui rappelèrent qu'on l'acceptait pas ces cérémonies pour un esclave, il épondit que cela se rapporte aux esclaves ordilaires (qui sont des vauriens), mais que son esclave Tobi n'était pas comme les autres, car il était un lonnête homme.
PEREK U
Si un individu s'est suicidé, on ne fait pour lui lucun des rites en usage pour les morts. Rabbi ^kiba dit qu'on ne lui accorde pas les honneurs en isage, mais qu'il ne faut pas le mépriser. Des faits ;e sont présentés où des mineurs se sont suicidés, iît Rabbi Triphon et Rabbi Akiba ont ordonné d'ob- ■lerver pour eux tous les rites en usage.
Pour les condamnés à mort par le tribunal, on l'observe aucun des rites en usage pour les morts.
Pour un traître {poresch midarkhé tzibour) on ne ait pas de deuil.
Si un individu était exécuté par ordre du gouverlement païen, on observe pour lui tous les rites en isage. A partir de quel moment commence-t-on à compter les sept jours de deuil? (s'il n'a pas été enerré). A partir du moment où l'on a renoncé de
(i) J'ai ajouté le mot d'ordinaire^ car rabbi Eliezer, comme touB es docteurs, était d'accord avec rabban Gamaliel, que pour un e»lave honnête on accepte les cérémonies des consolations.
6EMAHOTH. 181
solliciter la permission de Tenlerrer. On ne dit pas : à partir du moment où Ton a renoncé de chercher à enlever le corps secrètement pour l'enterrer (car il ne faut jamais le faire, puisque) celui qui enlève secrètement le corps d'un homme exécuté par le gouvernement, est comme un assassin et un idolâtre, de même que celui qui se soustrait à Timpôt de la douane établi par le gouvernement (1).
PEREK V
Remarque. — Pour comprendre ce qui suit, il faut se rappeler qu'il y avait le grand deuil, par exemple, les sept premiers jours après Tenterrement d'un père ou d'une mère, et le 'petit deuil^ par exemple, à partir du septième jour jusqu'au trentième. Dans le grand deuil, on portait le nom $!abel (celui qui porte le deuil). Dans ces jours Xaheln^ devait pas mettre de sandales, comme aussi le neuvième du mois d'«A, le jour anniversaire de la destruction du Temple, les Juifs ne mettaient paè de sandales. Le menoudeh (exclu do la communauté, v. Ezdras, IX, 8, ce qui avait quelque analogie avec l'excommunication de l'Eglise) devait observer certaines céré* monies d'un «ôe/, celui qui porte le deuiL
(1) C'est la correction de rabbi Elias, de Vilna. Ce passage a été rédigé à une triste époque, où le gouvernement a défendu d'enterrer ceux qu'il avait condamnés, et qui rendait tous les Juifs responsables d'un seul enterrement pareil, ou d'une soustraction de ses impôts. Si le passage dit que celui qui enlève le condamné pour l'enterrer ou qui se soustrait à l'impôt, commet un crime comme s'il était assassin ou idolâtre, etc., c'est évidemment parce qu'il attire de grands malheurs à ses coreligionnaires.
182 SEMAHOTH.
Il y avait des degrés dans cette exclusion. Le degré le plus léger s'appelait wé^2î/>A«A (réprimande). Le nidouj (éloignement) ou herern était plus grave, et rindividu qui en était frappé s'appelait m^;^ow(/^A.
Un abel ou un menoudeh qui va en route peut mettre des sandales; mais arrivé dans la ville il doit les ôter. Si un menoudeh est mort dans Timpénitence, on met une pierre sur son cercueil (comme symbole de la punition de la lapidation).
Un menoudeh ne peut pas faire de lectures à d'autres personnes, et on ne fait pas de lectures pour lui, mais il peut lire la Bible et la Mischnah pour lui. Il peut se louer comme ouvrier pour gage, et il peut aussi louer des ouvriers qui travailleront pour lui, car il ne faut pas fermer la porte devant lui (c'est-à-dire il ne faut pas le priver des moyens. de vivre).
S'il est menoudeh pour sa ville, il n'est pas à cause de cela menoudeh pour une autre ville. S'il est menoudeh pour les disciples^ il n'est pas à cause de cela menoudeh pour les docteurs {hakhamini) ; mais s'ilest menoudeh pour les docteurs, il Test à plus forte raison pour les disciples. S'il esil menoudeh pour tout le peuple, il ne Test pas encore pour le nassie; mais s'il l'est pour le nassie^ il l'est «aussi pour tout le monde. Le nidouy infligé à un individu no doit pas être moindre que pour trente jours, et la neziphah ne peut être moindre que pour sept jours (1).
(l) Tout cela est très-loin de Texcommunication du moyen âge.
SEMAHOTH. 183
PEREK VI
Un abel ou un menoudeh peut entrer dans le Temple [har habaïth)^ mais il se dirige du côté gauche. Les assistants lui demandent : Pourquoi vas-tu du côté gauche? Le menoudeh répond : Je suis menoudeh. Alors les assistants lui disent : Que Dieu donne dans leur cœur la pensée de faire cesser ton état de menoudeh. C'est l'opinion de rabbi Meyer. Mais rabbi Jossélui objecte : Tu as Tair d'admettre qu'on n'a pas été juste envers le menoudeh. Non, dit rabbi Jossé. Les assistants doivent dire : Que Dieu donne dans ton cœur la pensée d'obéir aux paroles de tes semblables, pour qu'ils puissent faire cesser ton état de menoudeh (1).
PEREK VIII
Si un individu est mort, on va au cimetière les premiers trois jours, pour voir s'il est réellement mort (2). Un fait s'est présenté où l'on a trouvé que
(1) Il résulte de ce passage que, d'après les docteurs du Thalmud, un menoudeh pouvait entrer dans le Temple de Jérusalem ou dans les synagogues pour faire ses prières en public.
(2) On craignait la mort apparente. On enterrait dans des caveaux, khoukhin (voir Traité Baba bathra, fol. 100, verso). On pouvait donc ramener sain et sauf celui qui est revenu à la vie après avoir été enterré. On ne gardait pas le mort chez soi les trois jours, car on pensait que laisser le mort la nuit sans Tenterrer c'était l'avilir (v. pereck XI) ; cependant on gardait le mort souvent plusieurs jours, si on avait besoin de plusieurs jours pour faire les préparatifs destinés à honorer le mort, ou pour l'enterrer dans le caveau de sa famille ou pour le porter en Palestine.
184 SEMAHOTH.
lindividu enterré était revenu à la vie ; on Ta ramené et il a vécu encore vingt-cinq ans. Un autre a été ramené et il a eu cinq enfants (1).
(1) Ici, dans le onzième perek, ou met en opposition le Thalniid, disciple, savant, à Vam haaretz^ c'est parce que les savants étaient d'ordinaire haberim (voir plus bas, Traité Bekhoroth, fol. 30).
Dans le treizième perek, on parle, selon l'interprétation duThalmud, d'un mekhes, impôt, qui n'était pas perçu, selon les lois puïennes du pays; car le Thalmud oblige les Juifs de se conformer aux lois païennes du pays qu'ils habitent (v. Traité Baba Kama, fol. 113, recto;.
TRAITE KHALAH
«XXMMMMWWMWM^^^^O^^* »^0tt>*tt^
Onraconte querabbiTriphon était très-riche et qu'il ne donnait pas assez aux pauvres. Un jour rabbî Akiba le rencontre et lui dit : Rabbi, veux- tu que je t'achète une ville ou deux?Rabbi Triphon y consent et lui donne pour cela 4000 denars d'or. Rabbi Akiba les prend et les distribue aux pauvres. Un jour rabbi Triphon le rencontre et lui demande où, sont les villes qu'il avait achetées. Pour toute réponse rabbi Akiba le prend par la main et le conduit au beth hamidrasch^ à la bibliothèque ; il apporte un livre des psaumes, et ils le lisent tous les deux. Arrives au passage « Il a fait des distributions aux pauvres, sa bienfaisance lui reste pour toujours » (Psaumes, GXII, 8), il lui dit: voilà la ville que je t'ai achetée* Alors rabbi Triphon se leva, embrassa rabbi Akiba, et lui dit : Tu es mon maître dans le savoir et dans la pratique ; et il lui donna encore de l'argent pour le distribuer.
On raconte encore de rabbi Triphon qu'ayant mangé des fruits, il fut battu par son fermier (1) qui
(1) Ici il y a une faute, qu'il faut corriger d*après le passage traduit plus haut (p. 161), où il est dit que Tindividu n'était pas le fermier de rabbi Triphon, mais le propriétaire des fruits.
186 KHALAH.
ne Ta pas connu et qui Ta pris pour un voleur; mais quand il a fini par savoir que c'était rabbiTriphon, il cessa de le battre et lui demanda pardon. Rabbi Triphon n'a pas voulu se faire connaître tout de suite, pour ne pas chercher un profit personnel de la thorahy car celui qui cherche à obtenir un profit matériel de la couronne de la thorah^ n'aura pas de part dans le monde futur.
Rabbi Nehoraï dit : Celui qui a de la pudeur, n'arrive guère à commettre des péchés; celui qui n'a pas de pudeur, n'est certainement pas un descendant de nos ancêtres qui ont reçu la thorah au mont de Sinaï.
Que faut-il faire pour que les enfants vivent et soient heureux? Il faut donner de l'aumône et vivre en bonne harmonie avec sa femme.
TRAITÉ DEREKH ERETZ
PEREK 11.
Il est écrit: « Ceux qui raiinent(qui aiment Dieu), seront comme le soleil quand il sort en sa force » (Juges, V, 31). Ce verset s'applique à ceux qui reçoivent des injure^ et qui ne font d'injures à personne, qui ne répondent pas aux paroles blessantes, qui font toutes leurs actions pour l'amour de Dieu et qui sont contents dans les souffrances (!)• Il est écrit î «Ainsi a dit Jehovah, le Rédempteur et leSaîntd'Jsraël, à celui qui est méprisé dans son cœur, à la nation qui se laisse détester, à celui qui est esclave de ceux qui dominent. Les rois le verront et se lèveront, et les princes se prosterneront devant lui» (Esaïe, XLIX, 7). Ce versets'appliqueàceux qui sont humbles dans leurs propres yeux, qui ont vaincu leurs passions et qui ont dompté leur esprit (2). 11 est écrit : «Mes yeux sontstirles hommes fidèles du pays, pour qu'ils demeurent avec moi »
(1) Goiiiparvz des paragraphes analogues dans le Nouveau Testament.
(2) Comparez le passage « Les derniers seront les premiers. »
(Mathieu, XIX, 30.)
188 DEREKH ERETZ.
(Psaumes, CI, 6). Ce verset s'applique à ceux qui sont hommes de parole, auxquels on peut avoir confiance, qui ne divulgent pas les secrets qu'on leur confie, qui rendent les dépôts. qu'on leur remet, ainsi que les objets perdus qu'ils trouvent. Il est écrit. «. Et tu sauras que ta tente est en paix et prospère, et tu visiteras ta demeure et rien no te manquera, tu sauras que ta postérité est nombreuse et que tes. descendants croissent comme l'herbe de la terre » (Job, V, 24, 25). Ces versets s'appliquent à celui qui aime sa femme comme soimême, qui l'honore plus que soi-même, qui élève ses enfants dans le droit chemin et qui marie son fils près l'âge de puberté, avant qu'il soit tenté de commettre un péché. 11 est écrit : « Tu appelleras et Dieu te répondra » (Esaïe^LVlII, 9). Ce versets'applique à celui qui aime ses voisins, qui comble de prévenance ses parents, qui épouse la fille de sa sœur, qui prête une peroutha^ petite pièce de monnaie, au pauvre quand celui-ci en a besoin.
Il est écrit : «Alors ta lumière éclôra comme l'aube du jour » (Esaïe, LVIII, 8). Ce verset s'applique à ceux qui se conduisent avec justice, qui se repentent de leurs mauvaises actions, qui reçoivent les pécheurs repentants et s'occupent de leur instruction, pour les empêcher de retourner à leurs péchés.
Il est écrit : « Dieu est bon pour Israël, pour ceux
qui ont le cœur pur » (Psaumes, LXXIII, 1). Ce verset s'applique à ceux qui jugent avec justice, qui punissent ou avertissent avec justice, qui pratiquent la pureté et qui ont le cœur pur.
Il est^crit: « Dites au juste qu'il sera heureux »
DEREKU ERETZ. 189
(Esaïe, III, 10). Ce verset s'applique à ceux qui sont miséricordieux, qui donnent à manger aux affamés, qui donnent à boire aux altérés, qui vêtissent ceux qui n'ont pas de vêtements, qui distribuent l'aumône.
Il est écrit : c< Tu rendras un arrêt et il (Dieu) l'exécutera, etlalumière resplendira sur tes voies » (Job, XXll, 28). Ce verset s'applique à ceux qui sont pauvres, timides, humbles, doux pour la jeunesse, et qui tiennent leurs promesses.
Il est écrit : « Heureux celui qui m'écoute, qui veille à mes portes tous les jours et qui garde les poteaux de mes portes » (Proverbes, VIII, 34). Ce verset s'applique à ceux qui supportent les fatigues de la thorah^ qui étudient la thorah pour la thorak avec désintéressement, qui cherchent les bonnes actions, qui sont assidus aux temples.
Il est écrit : « Dieu est bon, il est une forteresse au temps de la détresse, et il connaît ceux qui espèrent en lui « (Nahum, 1,7). Ce verset s'applique à ceux qui courent après la bienfaisance, qui cherchent la paix, qui s'affligent des malheurs publics, qui aident les autres quand ils sont dans la détresse.
Quatre péchés ont pour conséquence cette punition, que le pouvoir tyrannique enlève aux habitants leur fortune. Ce sont : le péché de conserver les actes de prêts après que la dette a été payée; le péché de prêter à usure; celui d'un homme qui pouvant empêcher la perpétration d'un crime, ne le fait pas ; celui d'un homme qui donne publiquement la promesse de donner l'aumône et qui ne tient pas cette promesse.
190 DEREKH ERETZ.
La ruine de la fortune vient en punition pour quatre péchés. Ce sont : pour le péché d'enlever le salaire de l'ouvrier; peur celui de lui retenir son salairesans le lui payer (1); pour celui de secouer le joug pour le mettre sur le dos des autres, et surtout pour Torgueil qui est le plus grand péché de tous.
PEREK m.
Quand rabbi Ëliezer, fils d'Azariah, était près de mourir, ses disciples allaient le voir. Ils lui dirent : r^otre maître, enseigne-nous seulement une chose. Mes enfants, que puis-je à présent vous enseigner? Allez et rebpeçtez-vouâ les uns les autres, et quand vous faites des prières, sachez devant qui vous priez, car en faisant cela vous entrerez dans le monde futur,
PEREK IV.
^ Rabbi Simon, fils d'Eliezer, montait sur un âne et se promenait au bord de la mer. Il rencontra un homme très-laid, et lui dit : Est-ce que- les habitants de ta ville sont tous aussi laids que toi? J /autre lui répond : Que veux-tu que j'y fasse? Dis-le à Touvrier qui m'a fait. Aussitôt rabbi Simon, fils d'Elieaer^ descendit de Tâne, tomba à terre devant cet homme^ en lui disant : Je t'ai offensé^ pardonne^ moi. L'homme répondit : Je ne te pardonnerai pas avant que tu ailles cheÉ celui qui to'a créé pout*
*^^**^pii^
(l) Comparez : voici iesalaire des ouvriers que vous avez frustré ctietit contre vous » (Jacques, V. 4).
DERËKH ERETZ. 191
lui diro : Quelle créature laide que tu as faîte ! Mais rabbi Simon ne veut pas s'en aller, il suit cet homme un demi-mille pour obtenir son pardon. Dans ce moment on sort d'une ville voisine pour aller devant rabbi Simon et le saluer par ces mots : Que la paix soit sur toi, rabbi. L'homme laid demande aux gens de la ville : Qui est-ce que vous appelez rabbi? Ils lui répondent : C'est celui qui marche derrière toi. Il leur dit : Si c'est un rabbi, il faut désirer qu'il n'y en ait pas beaucoup en Israël comme lui. Has veschalom^ tais-toi, la paix, que dis-tu là? qu'est-ce qu il t'a fait? Il leur raconta toute l'histoire. Alors tout le monde se mit à le prier qu'il voulût bien pardonner au rabbi Tinjure. Il répondit : je lui pardonne à la condition qu'il ne le répète pas souvent. Il faut respecter son maître en route, en le laissant marcher è droite et non pas à gauche. S'il y a deux disciples, le maître marche au milieu, le disciple le plus respectable marche à la droite du maître, et Tauire à sa gauche. Le disciple qui accompagne le tnaître, ne doit pas s'en aller sans en prendre congé. Quand un hôte entre avec le propriétaire dans la maison, c'est le propriétaire qui entre le premier et puis l'hôte ; s'ils sortent, c'est l'hôte qui sort le premier.
PERER V.
11 ne faut jamais quitte^ un maître ou un collègue sans en prendre congé. Il ne faut jamais entrer àru$^twmerU chei quelqu'un, il faut attendre à la porte et appeler (ou se faire annoncer), lin jouri
192 DERBKH ERETZ.
rabban Gamaliel, rabbi Josué, rabbi Ëliezer fils d'Azarîah et rabbi Akiba se rendirent au palais de Fempereur; il y avait là un philosophe. Rabbi Josuédit alors à rabban Gamaliel : Rabbi, veux-tu que nous rendions visite à notre collègue le philosophe? Il répondit que oui. Rabbi Josué alla donc et il frappa à la porte. Le philosophe entendant frapper^ se dit, ce n'est pas un homme ordinaire, cela doit être un hakam, un sage, qui vient me voir; il alla donc se laverie vi.sage, les mains et les pieds pour les recevoir.
PEREK VI.
Uhôte qui est reçu dans une maison, doit se conformer à la volonté du propriétaire.
Hillel l'ancien invita quelqu'un à sa table, mais un pauvre arrive pour dire à l'épouse de Hillel, qu'il vient de se marier et qu'il n'a pas de quoi donner à manger à sa femme. L'épouse de Hillel prend tout ce qu'elle a préparé et donne à ce pauvre, puis elle se met à préparer un autre repas pour le donner à son hôte. Hillel lui dit alors : Ma fille, pourquoi nous as- tu fait attendre si longtemps? Elle lui raconte ce qui s'est passé, et il répond : Ma fille, je savais que tout ce que tu fais est une bonne action.
L'hôte doit laisser quelque chose (par politesse), quand on lui offre de la pâtisserie (1) mais non pas
r (1) 11 y a dans le texte maasé alphas ; je crois que cela signifie une chose faite sur une casserole et qu'on mange avec le pain. C'était probablement une chose qui pourrait se conserver, c'est pourquoi la politesse voulait qu'on ne mange pas tout, et qu^on en laisse un peu ; mais on peut tout manger, quand on a devant soi des choses bouillies ; car ce qu'on en laisserait se g&terait.
DERECK ERETZ. 193
des choses bouillies. Rabbi Josué était invité chez une veuve qui lui donna de la pâtisserie et il mangea tout. Dans le deuxième repas, elle lui donne encore de la pâtisserie, et il mangea encore tout sans en laisser rien. Pour le troisième repas, voulant lui donner une leçon, elle rendit la pâtisserie trop salée. Rabbi Josué ne fît qu'çn goûter et la laissa entièrement, en ne mangeant que du paiii sec. Elle lui demanda alors, pourquoi il ne mangeait pas de la pâtisserie. 11 répondit qu'il avait déjà mangé et qu'il n'avait plus faim. Mais elle lui dit z Si ta avais déjà mangé ailleurs, tu aurais mangé chez moi moins de pain. Rabbi Josué disait depuis : Jamais personne ne m'a vaincu, excepté cette femme qui m'a donné une leçon, et une petite fille et un petit garçon. Voici l'histoire de la petite fille. Rabbi Josué marchait un jour dans les champs. Il ren* contre une petite fille qui lui demande pourquoi il marchait dans les champs. Il répond : Je marche dans la route. Mais elle réplique : Tu appelles cela une route, parce que des brigands comme toi l'ont abîmé en y marchant. Voici maintenant l'histoire du petit garçon. Rabbi Josué rencontre un petit garçon sur un carrefour, et il lui demande par quel chemin il pouvait arriver dans la ville. Le garçon répond que les deux chemins conduisent dans la ville, seulement l'un est le plus court, mais le temps d'y marcher est long ; l'autre est le plus long, mais le temps d'y marcher sera bref. Rabbi Josué choisit le chemin le plus court. Arrivé près de la ville, il rencontre des jardins et des vignes qui le forcent à passer un temps très-long pour en faire le détour.
Il retourne donc diez Tenfant et lui demande : Pourquoi t*es*tn moqué de moi? L'enfant répond : Rabbi, je t'ai dit que le temps d'y passer sera long ; tu es irès-iutelligent, tu devais le comprendre. Rahbi Josué, content de cette réponse^ embrassa l'enfont et dit : fleureux, vous, Israélites ; vous êtes tous intelligents, depuis le plus grand jusqu'au plus petit.
Cîomment faut-^il se conduire devant une jeune m&née? Les disciples de Schamaï disent : On lui donne les éloges qu'elle mérite. Les disciples de Hillel sont d'avis, qu'il faut toujours dire qu'elle est belle et aimable. Gomment? disent ceux de Samaï, si elle est aveugle ou boiteuse, on dirait qu'elle est belle? N'est-il pas écrit «Tu t'éloigneras du mengange? p (Exode, }^X1I1, 7). Mais les disciples de Hillel répondirent : Si un individu a acheté une mauvaise marchandise» faut^il la louer au^ yeux de ^acheteur, ou faut-il lui dire que sa marchandise est mauvaise? Évidemment il faut dire qu'elle est bonne. Il faut donc toujours être aimable.
Il ne faut pas rompre le pain du côté où il est mou, mais du côté où il est dur. Il ne faut pas prendre avec la main un œuf cassé» car si on le fait on a l'air d'un glouton. Il ne faut pas vider le verre en une seule fois, car si on le fait on a Tair d'un ivrogne. 11 faut donc le boire en deux fois; mais celui qui le fait en trois fois est un orgueilleux, qui Veut toujours faire plus que les autres.
OEREKH ERETZ. 195
PEREK VII
Quand deux individus se mettent à table, celui qui est supérieur à l'autre commence le premier à manger; si Vautre commence, il est un glouton, Rabbi Akiba avait des élèves à table; on leur offrit deux plats pour qu'ils les mangent avec le pain. D'abord on donna celui qui était peu cuit. L'un des élèves, qui était intelligent, chercha d'abord, en le tenant d'une main, de le déchirer avec Tautre ; ne pouvant pas y réussir, il le laissa et mangea le pain sec. Un autre, moins intelligent, prit le morceau d'une main et mordit avec les dents pour le déchirer ; mais Rabbi Akiba lui dit : Non pas comme cela, mets ton pied dans le plat pour mieux réussiré Ensuite on apporta le plat qui était bien cuit, et le9 élèves purent le manger facilement. Enfin Rabbi Akiba leur dit : Mes enfants, j'ai voulu seulement vous examiner, si vous avez du savoir-vivre.
On ne mange pas le matin avant dix heures, et on ne prend pas de bain avant dix heures. Les sub-* stances chaudes sont mauvaises pour la santéi si l'on en prend beaucoup ; mais elles sont bonnes, si Ton en prend peu. 11 en est de même du vin : un peu de vin est bon, beaucoup est mauvais.
Il ne faut pas être gaie parmi ceux qui pleurent^ ni pleurer parmi ceux qui sont gaies. Il ne faut pas veiller quand les autres dorment^ ni dormir quand les autres veillent. H ne faut pas rester debout quand tout le monde est assis^ ni être assis quand tout le monde est debout. Règle générale : dans une société, il faut faire comme les autres.
196 DEREKH ERETZ.
PEREK VIII
Quand on entre chez quelqu'un, il ne faut pas demander à manger, mais il faut attendre qu'on soit invité. Si on lui verse un verre, il doit le boire lentement.
Il ne faut pas dire à quelqu'un : Viens manger chez moi ce que j'ai mangé chez toi, car c'est une espèce d'usure.. Il ne faut pas oflFrir à quelqu'un un vase vide et lui dire : Prends-en de l'huile, car c'est lui faire un plaisir illusoire. Il ne faut pas inviter quelqu'un avec insistance à manger, quand on sait qu'il ne mangera pas. Il ne faut pas insister auprès de quelqu'un pour qu'il accepte des présents, quand on sait qu'il ne les acceptera pas. Il ne faut pas demander le prix d'une marchandise, si on n'a pas l'intention de l'acheter,
PEREK iX
Il ne faut pas rompre le pain sur le plat ; il ne faut pas essuyer le plat avec le pain; il ne faut pas ramasser les petites miettes sur la table pour les manger; il ne faut pas non plus émietter un pain et laisser les miettes sur la table, ce qui serait désagréable à ceux avec qui on mange. Il ne faut pas mordre dans un morceau et le remettre dans le plat; il ne faut pas mordre dans un morceau et l'ofiFrir ensuite à un autre, ce qui peut lui déplaire; il ne faut pas non plus goutter d'un verre et donner le reste à un autre, car cela peut devenir dangereux (1).
(1) CSela veut dire probablement que s'il est malade, il peut communiquer la maladie à l'autre.
DEREKH ERETZ. 197
Rabbi Akîba était un jour à table chez un individu, qui mit un morceau de pain sous l'assiette pour la soutenir. Rabbi Âkiba enleva ce morceau et le mangea. L'autre lui dit : Rabbi, tu n'avais donc pas d'autre morceau à prendre que celui dont j'avais besoin pour étayer mon assiette ? Mais Rabbi Akiba répondit : J'ai pensé que tu te brûlerais à l'eau tiède, mais je vois que tu restes insensible même à l'eau bouillante (c'est-à-dire qu'il n'a pas compris la leçon que Rabbi Akiba lui adonnée, en enlevant le morceau).
Il ne faut pas boire son verre et le remettre à la table ; il faut attendre que le domestique vienne, pour le lui remettre.
Il ne faut pas mettre la viande crue sur le pain, ni sur le verre; il ne faut pas jeter le pain, ni étayer l'assiette avecle pain; il ne faut pas s'asseoir sur les choses qu'on mange, car on les rend désagréables à manger.
Quand on est invité à table, il ne faut pas prendre sa part pour la donner au domestique, car il peut arriver un accident (1), mais il faut prendre sa part et la mettre devant soi, puis on pourra la donner au domestique. Les hôtes qui sont invités par un individu, ne doivent rien donner, ^ans sa permission, à son fils, ni à son domestique. Il est arrivé que dans une année de famine un individu avait invité trois hôtes ; il se trouva que le fils arriva en l'absence de son père : les hôtes lui donnèrent leur part. Le père arrive et voit son fils tenant une part dans la bouche
(1) On peut soupçonner le domestique de Tavoir pris par gourmandise, et d'en avoir privé Thôte.
19S DERERH ERETZ.
et les deux autres dans les mains. Croyant que son fils avait demandé aux hôtes leur part, il devient furieux et tue son fils. Sa femme, voyant son fils mort, se tue de chagrin. Le père, voyant ce malheur, se tue également. Rabbî Eliezer, fils de Jacob, dit alors : Quel malheur que trois personnes soient mortes pour une chose si futile.
PEREK X
En entrant dans le bain, on ôte les souliers, le chapeau, \e talith^ vêtement qu'on enveloppait autour du corps, puis on ôte la ceinture, puis la chemise, enfin une espèce de pantalon qui couvre les parties génitales; après s'être lavé, on s'essuie tout le corps, puis on s'oint d'huile la tête et tout le corps ; puis on se remet l'espèce de pantalon, puis la chemise, puis / la ceinture, puis le talith^ puis les souliers, etc. (1). Celui qui mange dans la rue, est un chien ; d'autres disent qu'il doit être frappé d'incapacité judiciaire pour déposer des témoignages. Il ne faut pas cracher devant le monde.
PEREK XI
Il ne faut pas sortir pour se mettre en route seul avant le chant du coq. Il ne faut pas boire d'un vase qui est resté découvert pendant la nuit. Il ne faut pas mettre les lèvres dans les rivières pour en boire.
Rabbi Isaac dit : Celui qui calomnie quelqu'un.
(1) Pai traduit ce passage pour faire connaître la manière de se vêtir de l'époque thalmudique.
DERERH BRBTZ. 199
commet un assassinat (!)• Rabbi Eliezer dit : Celui qui porté une haine contre son prochain, est comme s'il l'avait assassiné (1). Celui qui est orgueilleux, est comme s'il avait rendu un culte aux divinités païennes.
(1) Comparez le passage « celui qui dira à son f^ère raca^ sera puni... par la géhenne du feu » (Matthieu, V, 22).
TRAITE DEBEEH EBETZ ZUTA
Voici comment doit se comporter un disciple des sages (voir plus haut, Aboth). Il doit être modeste^ humble, diligent et vif; supporter les injures, être aimable envers tout le monde, doux pour )es gens de sa maison (domestiques et autres subordonnés) ; craindre le péché; traiter chacun selon ses mérites; ne pas envier quoi que ce soit, en se disant que ce monde-ci n'est pas son séjour éternel; faire des études et fréquenter les sages; se conduire de manière que personne ne trouve rien à lui reprocher; faire des questions selon Toccasion, répondre selon les préceptes, apprendre le plus possible et tâcher de ne rien oublier; être comme le seuil que tout le monde foule des pieds, et comme un clou abaissé auquel tout le monde attache ce qu'il veut. Ne te laisse pas séduire par tes yeux, car il n'y a pas de séducteur comme les yeux; tâche que tes dents ne te fassent pas honte, si tu manges trop. Si on te dit du mal sur un absent, ne réponds pas, quand même le calomniateur serait le plus grand homme. Si tu as dit du
202 OEREKH ERETZ ZUTA.
mal de quelqu'un, quand même il serait Thomme le plus inférieur, va lui demander pardon.
Tu dois te conduire de façon qu'on ne soit pas méfiant de toi, et que tu n'aies pas une mauvaise renommée, car cela ne serait pas beau pour un homme qui étudie la thorah. Aime la thorah et respecte-la. Aime tout le monde et respecte-le. Renonce à ta volonté pour te conformer à celle de ton prochain, mais renonce à ta volonté et à celle de ton prochain pour te conformer à celle de Dieu. Aime le doute, et n'aime pas à trancher les questions en précisant la quantité avec trop d'exactitude (car tu peux te tromper). Eloigne-toi de tout ce qui peut te conduire au péché, et même de tout ôe qui peut avoir l'apparence du péché et être cause de soupçons. Ne dénonce pas ton prochain, car celui qui dénonce son prochain, est péi^du sans remède. Éloignè-toi des murmures; car si tu murmures contre les autres, tu peux tomber dans le péché.
Lé passage : « Mon cœur s'est réjoui... ma chaii* « se reposera en assurance, car tu n'abandonneras « pas mon âme dans le sépulcre, et tu ne permettras a pas que ton fidèle voie la fosse » (Psaumes, XVI, 9, 10), est interprété par la plupart des docteurs dans un squs naturel; David espère que Dieu le sauvera. Quelques-uns le prennent à la lettre, et ils eïi titrent la conclusion, que David n'a pas senti la corruption et qu il n'a pas été mangé par les vers (I). Il , I ... I. ■ t 1 '■■■■■■•—■ .,1.1 ■ I,
(1) L'apôtre saint Pierre s'attache aussi à la lettre, seulement il l'applique à Jésus: « Étant prophète. . . il a parlé de la résurrec- « tion du Christ, disant que son Ame n'a point été laiseée dans le « sépulcre, et que sa chair n'a pas senti la corruption > (Actes II, 30, 31).
DEREKH EBETZ ZUTA. 20S
PEREK II
Tout ce que tu fais, tu dois le faire au nom du cîelj c'est-à-dire avec désintéressement. Aime Dieu et respecte-le* Fais toutes les bonnes actions avec empressement et avec plaisir. Fréquente les anciens, écoute leurs paroles, ainsi que celles de tes collègues. Ne réponds pas trop vite, refléchis avant de dire quelque chose ; parle avec ordre ; avoue la vérité; ne parle pas avant celui qui est plus savant que toi; si tu veux enseigner quelque chose, ne dis pas que tu Ta reçu par la tradition, si cela n'est pas vrai. Si on te demande une chose très-simple, et si tu ne la sais pas, dis sans honte que tu Tignores. Si on t'enseigne et si tu ne comprends pas, demande sans honte qu'on te le répète. Accomplis les bonnes actions dans un but désintéressé ; ne les considère pas comme une couronne pour satisfaire ton ambition, ni comme une bêche pour creuser la terre et gagner ta vie.
Accepte les préceptes de la thorah^ même quand tu es malheureux. Ne cherche pas à te venger pour des injures qu'on t'a faites (1). Un bon compte (de tes actions) et une bonne conduite, et aie confiance,
(1) Comparez le pafssage : «Vous avez eatendu... œil pour œil... Je vous dis de ne pas résister à celui qui vous fait du mal; mais si quelqu'un te frappe à la joue droite, présente-lui aussi Taut^e » (Matthieu, V, 39). LeThalmud a aussi défendu la vengeance, et Moïse aussi : « Tu ne te vengeras pas,... tu aimeras ton prochain comme toi-même» (Lévitîque, XlX, 18). OEil pour œil s'adresse au tribunal qui doit punir le coupable ; du reste^ le Thalmud l'a changé en une amende pécunière (v. traité Baba kama, fol. 83, verso).
204 DBRERH ERBTZ ZUTA.
car il y a une promesse (que Dieu a faite), et il y a une vérité (les paroles de Dieu sont vraies). Aime la thorah et respecte-la; aime les bienfaisances, les réprimandes et la justice. Ne cours pas après les honneurs; ne t'enorgueillis pas de la décision (que tu as su rendre dans un cas difficile). Sache que d'aujourd'hui à demain — qu'une chose t'appartienne ou ne t'appartienne pas — ce qui est à toi ne sera plus à toi (car tu seras mort), et ce qui n'est pas à toi, si tu réussis aujourd'hui à te l'approprier, sera-t-iJ demain encore à toi? C'est à cela que s'applique le passage : « Malheur à celui qui veut assembler ce qui ne lui appartiendra pas. Jusqu'à quand amassera-t- il ? Il se soumet au fardeau de boue épaisse » (Habacuc II, 6). Habitue- toi à finir bien toute chose. Supporte les injures, tâche d'être aimé par tout le monde; sois modeste; que tes paroles soient douces ; sois facile pour un supérieur et doux envers les jeunes gens. Eloigne-toi de ce qui peut te conduire au péché; tremble d'une faute légère, car elle peut te conduire à un grand crime. Cours après une bonne action, quelque peu importante quelle soit. Que Thonneur de ton prochain te soit aussi cher que le tien. Ne dis pas : Je tâcherai d'être agréable à telle personne qui pourra me rendre un service; il faut que tout le monde te soit cher. Il vaut mieux avoir honte de ses actions devant sa conscience, que d'attendre le blâme des autres. Si tu veux que ton prochain t'aime, rends-lui des services ; si tu veux t'éloigner du péché, calcules-en les conséquences. Fais les bonnes actions avec plaisir. Si tu as fait beaucoup de bien, il faut
DERËKH ERETZ ZUTA. 205
xe comporter comme si tu en avais fait peu ; ne dis pas avec orgueil que tu as fait du bien de ce qui t'appartient; il faut que tu en remercies Dieu. Si d'autres t'ont fait peu de bien, sois reconnaissant comme s'ils avaient fait beaucoup. Ne dis pas que tu as mérité le bien que Dieu t'a fait. Si tu as fait pfeu de mal, il faut te comporter comme si tu en avais fait beaucoup. Si on t'a fait beaucoup de mal, regarde-le comme peu de chose.
PEREK III.
Réfléchis avant de parler, rènds-toi compte de tout ce que tu fais. Quoi qu'il t'arrive, crois que Dieu est juste, et ne murmure pas. Juge ton prochain favorablement, et ne cherche pas à lui attribuer de mauvaises intentions. Sois content de ce que tu possèdes ; ne porte pas de haine contre celui qui te réprimande ; ne sois pas envieux ni mécontent. Habitue-toi de dire que tu doutes, car si tu affirmes une chose sans être bien sûr, on pourra te démentir. Si tu négliges une bonne action, tu en négligeras ensuite une autre; si tu en méprises une, tu en mépriseras d'autres. Si tu transgresses une loi volontairement, tu en transgresseras d'autres volontairement et malgré toi. Si tu as pris ce qui ne t'appartient pas, on te prendra ce qui t'appartient. Sois patient, quand on te dit des injures, et aimable dans tes réponses que tu fais aux autres et aux gens de ta maison. Celui qui a acquis une bonne renommée, a une excellente acquisition. Celui qui possède les paroles de la thorah^ possédera la vie du
■ÇT
206 DSRSKH SKBTZ ZUTA.
monde futur. Celui qui est trop timide, ne peut pas apprendre (car il n'ose rien demander) ; un homme colère ne peut pas enseigner; un ignorant ne sait pas être véritablement religieux; un homme qui n'a rien appris ne sait pas se garantir du péché. Ce n est pas toujours celui qui fait beaucoup de commerce, qui en devient très -intelligent.
Voici les caractères qui distinguent le disciple des sages : il est propre et agréable quand il entre quelque part; il est modeste dans la société ; il est intelligent dans sa piété; il apprend beaucoup et cherche à le retenir; il adresse des questions convenables el répond selon les préceptes; il sait ajouter quelque chose à chaque chapitre; il fréquente les sages, et il apprend pour enseigner et pour pra* tiquer.
PEREK IV.
Les thalmide hakkamirrij disciples des sages, sont agréables dans la société, les ignorants ne le sont pas. L'étude de la Bible n'est pas suffisante, celle de la mischnah est méritoire, mais celle du Thaï' mud (la ghemara) vaut mieux (car la ghemara fait mieux comprendre la mischnah), cependant il faut s'appliquer davantage à la mischnah (car elle est le texte dont la ghemara n'est que le commentaire). Enseigne la thorah gratis, car Dieu l'a enseignée aussi gratis; si tu prends un salaire pour enseigner la thorah^ tu feras la ruine du monde entier. Ne dis pas : Je n'ai pas d'argent (il faut donc que je me fasses payer mes leçons)^ car tout l'argent appartient
DBRSRH BUETZ 2UTA, 907
à Dieu. Si tu fais Taumône, Dieu te fera gagner de l'argent ; si tu as gagné de Targent, fais Faumône autant que tu peux la faire; avec l'aumône tu achètes ce monde*ci et le monde futur ; si tu ne fais pas d'aumône, ta fortune disparaîtra subitement. N'envie pas ton prochain qui est plus savant que toi, il a étudié davantage ; ne lui envie pas sa richesse, tout le monde ne peut pas être riche ; ne lui envie pas sa beauté, il la perdra en mourant; ne lui envie pas sa force, il n'y a que la force dans la ihorak qui ait de la valeur;
Sache d'oii tu viens, où tu vas (v. plus haut, p. 151 ), et devant qui tu rendras compte de tes actions. Ne regarde pas l'argent qui ne t'appartient pas ; n'écoute pas de conversations futiles ; ne dis pas de mal de ton prochain; que ton prochain ne trouve rien à te reprocher; ne cours pas vers le péché. Ne crains pas le tribunal des hommes, mais crains le tribunal de Dieu (1).
PEREK V.
Celui qui est un thalmid A<^M^m, disciple d^un sage, ne doit pas manger étant debout; il ne doit pas lécher ses doigts (2). 11 ne doit pas trop parler, ni trop plaisanter, ni trop dormir, ni trop s*amuser.
(1) Comparez le passage : « Ne craignez point ceux qui ôtent la vie du corps, et qui ne peuvent faire mourir l'âme ; mais craignez plutôt celui qui peut perdre l'âme et le corps dans la géhenne t (Matthieu, X, 28).
(2) Mahomet était d'un avis contraire. Ce prophète dit : « Lécher les vases et les plats aide à la digestion. Le prophète, après le manger, se tuçait les doigts par trois fois. Il a dit ; < A qui lè«he
208 DEREKH ERETZ ZUTA.
Il ne doit pas trop souvent dire : Oui, oui, non, non (1).
Un homme doit savoir avec qui il est assis, avec qui il mange, avec qui il parle, et avec qui il signe un acte. On reconnaît le disciple à la manière de se conduire quand il s'agit de sa bourse, quand il boit du vin, quand il est irrité, et à la manière de s'envelopper (de s'habiller) (2); d'autres disent, qu'on le reconnaît même à la façon de parler.
La science est l'ornement de la thorah (elle rehausse la valeur des études de la loi) ; la modestie est l'ornement de la science (un savant modeste a plus de valeur) ; la crainte de Dieu est l'ornement de la modestie (cette crainte étant le but le plus noble de la modestie); la bonne action est l'ornement de la crainte de Dieu; enfin, ce qui rehausse la valeur de la bonne action, c'est la tzniouth^ ne pas se mettre en vue pour montrer aux hommes cette bonne action, afin de s'en glorifier, mais le faire uniquement devant Dieu (3).
Il ne faut pas veiller parmi ceux qui dorment, ni
le plat, il sera fait miséricorde » (voir La médecine du Prophète, par Perron, Algor, 1860, p. 19).
Le Thalmud a établi la règle (traité Baba bathra, fol. 12) : Un kakliam (sage) vaut mieux qu'un îiabû Je crois donc que nos sages ont raison contre le Prophète, et que Dieu nous fera miséricorde quand môme nous ne lécherions pas les plats ni les doigts.
(1) Quand on disait deux fois oui, oui, ou non, non, c*était considéré comme un serment (v. ma traduction de Schbouoth, plus haut p. 5).
(2) Dans le texte, il y a ici un jeu de mots : bekhisso, sa bourse ; hekhosso, son\erré ;bekhaasso, sa colère. On disait d'ordinaire /lit/iatef, s'envelopper, pour s'habiller.
(3) Comparez le passage: < Quand vous jeûnez... afin qu'il paraisse aux hommes... » (Matthieu, VI, 16, etc.).
DERSKH BRETZ ZUTA. Î09
dormir parmi ceux qui veillent, ni pleurer parmi ceux qui sont gaies, ni rire parmi ceux qui pleurent, ni être assis parmi ceux qui sont debout, ni être debout parmi ceux qui sont assis. Règle générale, il faut faire comme les autres.
PEREK VI.
Quatre choses ne sont pas convenables pour un disciple (1) : Il ne doit pas aller en route trop tard dans la nuit^ il ne doit pas sortir quand il a trop bu, il ne doit pas être le dernier dans la synagogue, et il ne doit pas trop souvent fréquenter la société des ignorants. Quand deux individus, doiit l'un est supérieur à l'autre, entrent quelque part, c'est le supérieur qui doit entrer le premier; quand ils sortent^ c'est l'inférieur qui sort le premier. Quand ils montent une échelle, le supérieur monte le premier; quand ils la descendent, c'est l'inférieur qui descend le premier. Quand ils entrent dans la maison de réunions, le supérieur entre le premier; quand ils vont dans la prison, c'est l'inférieur qui y entre le premier. Quand il s*agit de dire la bénédiction, c'est le supérieur qui commence. Si un individu est assis quelque part et qu'un autre marche devant lui, c'est le passant qui salue le premier. Il ne faut pas se mettre à table avant celui qui est supérieur. Quand on rompt le pain, il faut le rompre du côté où il est
(1) Partout on d;t disciple de sage, ici il y a dans le texte simplement disciples.
liQ DBllBKH BRETZ ZUTA.
bien nuit ; o^ mange ie tznon (le radis) et l'oignon du côté dea feuilles.
Quand on veut boire, se trouvant en société, il faut se détourner pour boire. Il ne faut pas être glouton ni trop délicat à table. Il faut pardonner les injures, et ne jamais profiter de la honte de son prochain pour satisfaire sou orgueil. Le commencement du péché, c'est la pensée ; le deuxième degré est la plaisanterie; le troisième est l'orgueil; Iç quatrième la cruauté ; le cinquième l'oisiveté; Iç sixième la haine dq son prochain ; le septième le mauys^is œil, c'est-à-dire l'envie qu'on porte aux ^utreç^
PEREK VII.
On reconnaît le sage par les sept caractères suivants : Il ne parle pas avant un homme qui lui est supérieur en science, il n'interrompt pas les autres quand ils parlent, il ne répond pas précipitamment, il questionne à propps et répond selon les convenances, il parle avçc ordre; quand il n'a pas de tradition sur une chose, il l'avoue ; il avou^ la vérité. Un disciple doit être convenable et modeste, quand il est occupé de manger, de boire, de se laver, de s'oindre d'huile, de mettre ses souliers, de marcher, de s'habiller, de parler, de cracher, ou quand il accomplit de bonnes actions. Gomme la jeune fiancée ne se met pas en vue tant qu'elle est chez son père, mais quand elle en sort pour aller chez soa mari, elle lève la tête en triomphe, comme si elle voulait dire : Que celui qui sait quelque chose de
DERBKH BRETZ ZUTÀ. 211
ma conduite av^at le mariage, vienne le faire counaîtie (je s$iis qu'on ne peut en dire que du bien) ; ainsi, un disciple ne doit pas 3e mettre en vue p^A^ dant ses actions, mais il doit êtrç conuu p^^r sa conduite.
Il doit courir après la vérité, et uon p8^9 aprça le mensougej il doit suivre le chemin d^ Tbo^nêteté et de la bgnne foi, et non c^lui d§ l'inj^^tipe ^\ ÙV^ brigandage ; il doit être modeste et nou pa^ orgueiW leux ; il doit chercher la paix et uou pa^^ les que^ relie?; il doit suivre le bon oouaeil des hommea ^gé^ et non pas celui de jeunes gens ; il doit préférer suivre un lion que de courir après» une femifte. Rabbi Hiya lit dans une beraïlha: Le silence est beau pour les sage9, à plus forte rai§on pqqr les fous; ^alomoft Ta dit : « M^me un fou qui se tait, est pria pour u»
9iage. >)
PEREK VIII.
Sois souple comme un roseau qui cède à tott# les vents ; car il n*y a qae rhowme humble qui puisse posséder la thorah. Pourquoi a-t-on comparé la tharak à l'eau? Comme T^au ua opula pal wb»ut mais en bas, ainf^i la Aorah ne cherche que 1^9 humbles. Eloigne-toi de tout ce qui déplaît aux gens, cherche plutôt ce qui leur eçt agréable, çt garde^oi de celui qui te donne des oonseila inté*
Si un homme pardwn^ les injures. Dieu lui peu^*
donnera tous ses péchés (î), car il est écrit : «Qui
^ii^TT^r^^'»'"^"'^^^"'^»' •• " "
(1) Comparez le passage : « Si vops pardonne» aux bQmmeSs Toire Père céleste voue pardonaer^ » ^Mattbieu» VI, 14),
212 DEREKH ERETZ ZUTA.
est, ô Dieu, semblable à toi qui pardonne les péchés et ne regarde pas les injures » (Michée, VII, 18). Ce passage peut s'interpréter : « Qui pardonne les péchés d celui qui ne regarde pas les injures » (!)• Celui qui se rend humble pour la thorah^ sera à la fin comblé d'honneurs par elle. Celui qui se rend hunable pour la thorah^ fera des progrès dans la sagesse. Tant qu'un homme est dans le péché, il a peur de tout le monde; s'il est exempt de péchés , d'autres ont peur de lui. Un homme sans pudeur est prompt à pécher ; mais celui qui a de la pudeur, ne pèche pas facilement.
Un disciple qui néglige de se laver les mains avant de manger, est megounah, inconvenant; celui qui mange avant l'hôte, est encore plus inconvenant (2); rhôte qui introduit un autre hôte, est encore moins poli; mais l'hôte qui incommode un autre hôte (pour se faire servir), est le plus grossier de tous.
PEREK IX.
Rabbi Eliezer ha-Kapar, dit : Ne murmure pas sur
les autres, car cela conduit au péché ; aime celui
(1) On sait que des citations pareilles ne sont que CL$m<ichtha béalma, une simple attache, un moyen mnémotechnique; le thalmudiste qui cite le passage, ne prétend pas en donner le véritable sens.
(S) Il résulte de ce passage, que Tusage de se laver les mains était considéré comme moyen de propreté et un usage de bon goût. Les disciples de Jésus-Christ négligeaient cet usage ; de gustibus non est disputandum ; mais je ne peux pas comprendre la réplique de Jésus : « Ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui souille rhomme» (Matthieu, XV, 11), puisque les Pharisiens ne prétendaient pas que le pain souille Thomme, mais que la main non lavée souille le pain, et rend la nourriture salle.
DERBKH ERETZ ZUT A. 213
qui te réprimande, et non pas pelui qui te présente trop d'honneurs; car le premier te rendra plus sage que tu ne l'es; le dernier te rendra, au contraire, moins sage. Aime à aller dans la synagogue, tu en seras récompensé; aime le beih ha-midrasch^ l'école, pour que tes enfants arrivent à la science. Aime les pauvres, pour que tes enfants soient préservés de la misère; aime la modestie, car dans une position modeste tu auras peu de besoins et tu pourras les satisfaire; que ta maison soit ouverte largement aux voyageurs; par récompense pour ta bienfaisance, tu seras à l'abri du besoin.
Prends garde de fermer les portes de ta maison, quand tu te mets à table, car pour avoir repoussé les pauvres, tu deviendras pauvre toi-même. Tu dois, au contraire, être heureux de recevoir les pauvres à ta table, pour que tu vives longtemps dans ce monde-ci et dans le monde futur. Prends garde de manquer à l'honneur de ta femme; accepte avec résignation les souffrances. Donne Taumône avec plaisir; elle retarde la mort. Si tune calomnies personne, tu vivras en paix. Si tu honores les sages, tu auras de bons enfants; si tu honores les pauvres, tu auras des enfants possédant la ihorah, et pratiquant ses préceptes. Si tu t'abaisses dans l'humilité de ton cœur, le Très -Saint, béni soit-il, t'élèvera ; si tu t'élèves sur ton prochain, le Très-Saint, béni soit-il, t'abaissera.
Rabbi Eliezer ha-Kapar dit encore : Aime la paix et haïs les querelles ; que la paix est une chose merveilleuse ! r uand les Israélites avaient la paix entre eux, quand même ils étaient adonnés au culte païen,
214 DÈREKl! BH15T2 ^UTA.
Difea lui-même, 8'il est pei^mis de â'exprimôr âinàl {khëbe^aAhol) , tiê pôiivait pas leâ purtif ; mais quand ils h'àv&ient pas la paix^ ils étaient punis pour leuM péchés. Lamaifeoti où il y a des querelles, finira par etrô ruinée (1).
Bi^inargmé -^ Ici ^ il y a des prédictions sur ce qui arrivera avant Tapparition du Measie; je ne les ai paB traduites, parce qu'elles ^e trouvent aussi dans Syfihedriti (v* plus haut^ p^ 94 et suivantes)*
PEREK X.
îl y eii a qui prennent une épôusô pour sa beauté ou pour la dote; d'autres la prennent pour arriver B,ùX grandeurs ; d'autres enfin cherchent une fetomé Vertueuse pour l'amour de DieU. Lés premiers au* rônt des enfants mauvais, et la dote sera bien vite ttiàiigééi Ceux qui cherchent les gratidëurs, finiront par être abaissés. CeUx qui se marient poiir l'aiiiour de Dieu, auront des enfants qui sauveront Israël*
Tous les mensonges sont dêfferlduè, ë!xcepté celui qu'on dit pour faire là paix entre les ennemis. Rabban Simon, fils de Gatnahel, dît : Quand Àaron, le grând-prêtre, Voyait deux ennemis, il allait chez TuU d*eux pour lui dire : Pourquoi haïs-tu l'autre? il est venu chez moi pour avouer ses fautes, et il m'a envoyé chez toi pour te prier que tu lui pardonnes, fuis, Aaron allait chez l'autre pour lui dire la même
(1) Comparez le passage: «S'il est divisé contre lui-même, commuent son royautaB existetà^t-il? » (Matthieu, Xll, 26.)
DEREKH ERETZ ZUTA. 2l5
chose de son adversaire. De cette façon les ennemis redevenaient des amis. La paix est la plus grande bénédiction^ puisque c'est la dernière des bénédictions des prêtres ; car il est écrit : « Parle à Aaron et à ses fils, et dis-leur : Vous bénirez ainsi les enfants d'Israël, en leur disant : Que Jehuvah te bénisse et te garde et te donne la paix (Nombres, VI, 23-26).-
TRAITÉ GHERIM
PEREK I,
Si un païen dit qu'il veut se convertir au Judaïsme, on ne Taccepte pas tout de suite, mais on lui dit d'abord : Pourquoi veux-tu te convertir? Ne vois-tu pas notre nation abaissée, courbée et dans une position plus inférieure que celle de tous les peuples? Les Juifs ont à subir beaucoup de souffrances^ et ils sont même exposés à la mort pour la pratique de la circoncision et de tous les autres commandements, et ils ne peuvent pas publiquement se conduire selon les exigences de leur nationalité , comme le font les autres nations
S'il accepte tout cela, on procède aux actes de la conversion.
On le conduit dans l'endroit ou on fait la tebilah (immersion dans l'eau), et on lui communique certains commandements, notamment ceux qui concernent la charité à faire pour les pauvres (1). Si
(1) n est remarquable que les premiers commandemonts, que le Thalmud voulait qu^on enseignât aux prosélytes, étaient ceux de la charité. Une beraîtha parle aussi de l'observation du samedi, etc. (v. Traité Jebamoth, fol, 47, recto), mais la mischnah n'en parle pas.
218 TRAITÉ GHERIM.
c'est une femme prosélyte, on lui enseigne les commandements spéciaux aux femmes, notamment les lois à observer pendant les menstrues, et l'obligation d allilmetr d«& lufnièPes le vendredi âoil*.
Celui qui se convertit pour épouser une femme israélile, ou par amour de quelqu'un, ou par une crainte (comme ceux qui se convertirent du temps d'Esiher), n*est pas un véritable prosélyte. Tous ceux qui ne se convertissent pas, leschem schamdim au nom de Dieu, c'est-à-dire par l'amour de Dieu), ne sont pas de véritables prosélytes.
Remarque. — Quant au passage concernant l'usure, V. t. lïl, p. 308.
PBREK IL
Si un esclave fait la ieàilaà (pour se c<>hVertir) devant son maître ^ il devient libre (i)w La reine Blourja avait des esclaves^ dont les uns Ont accompli l'acte de la tebilak (immersion) devant elle (avec sa persoission), et les autt^es l'ont fdit dei^rièi*e elle (& son insu), et les docteurs ont dit^ que les pf-emiers Sont libres et que les derniers ne le sont pas (à).
(1) C'est un passage remarquable, hdi tehilah (immersion dans l'eau) n*est pas suffisante pour la conversion ; il faut aussi pratiquer là. circoncision. L'ôsclave ne devrait iiàâ devehir libi^é pak* Tàète seul de la tehilah\ mais ici, comme dans beaucoup d'autres cas, les docteurs profitaient de tous les prétextes possibles pour décréter Taffranchissement d'uii esclave. Le mot liphné veul dire ici en présence et avec la permission du maître. Comme on dit ailleuriï i|ue, si l'esclave met les philadères en présence (et avec la permission) du m-ùtre, lett affranchi. Si cette permi.-i-ioii n'éi.il pass U' Cf'ssairi', tous lés esclaves pourraient s'al'lruilchih. (La ghern;ira, traité Jebamoth, loi. 4>), r Cto, l'a compris autrernent.
^2) J'ai traduit itplianeha, devant elle, et le atianhd, <ierriêre elle. La gbemara traduit kphaneha^ avant elle (ava&t que la feiaô
TIIAITi GÉXIIIK. ÊtM
Lea prosélytes devenaient Juifâ (avant la destruc» tion du Temple) par triais atstes : la oircondsion, la tebilah (immBt^ioû dans l'eab) et un saorifloe (un holocauste et un sacrifiée expiatoire). Rabbi Eliesef dit: Si tin ihdividu se convertit au judaïéme (après la destruction de Jérusalem), il doit déposer utl quart de siclB, le prix de . la paire de ooiombea qu'on saoHGait jadis dans le Templéi flabbi Sii&on dit^ que ce n'est pas néoessaire^r
On fait payer tes prosélytes (le prix de ces saori^ fices, s'ils ne le font pas), c'est l'opinion de. rabbi Jessé {i)k Rabbi Joudah dit qu'on ilè peut j^sA le forcer de payer, mais qu'ii peut se oonsidérér conlme uu homme qui n*est soumis à la loi juivd que depuis le jour de sa conversion. (On ne peut donc pas le feroer d'apporter un h^itath^ sauriBcé ex-^ piatoire^ pour les péchés qu'il a pu commettre à son insu avaût sa conversion t)
PEREK m.
Qu*est-ce que c'est qu'un gher thoscfiàd (2)? C*est un païen qui s'est engagé à ne plus pratiquer le
culte des idoles; c'est l'opinion de rabbi Meyér.
ail accompli cet acte elle-même pour se convertir), et leahareha, après elle (v. Traité Jebamoth, fol. 4t, rècto). toute la discussion de la ghômara n*a pas de raison d*ôtre, si on admet mon interprétation qui me semble plus conlbrrae aux principes thaimudiques, et aux paroles de la mîschnah, qui faè dit pas du tout que les esclaves firent la tebtlah le mônie jour oii là feiné s*était convertie.
(l) Le passage est très-rbscur. Je crois qu'il s'agit d'un païen devenu prosélyte avant la destruction du Temple, qui ne voulut pas offrir les sacriiices en usage.
(i) Voir ma Législation ôrlmiùellë dû îhaltaud (p. 117).