CHAPITRE V
Le mode de nomination des agents de la surveillance, a une importance considérable. Selon le système adopté, on se trouvera en présence de délégués ou de simples fonctionnaires.
Nous avons vu que le principe même de l'élection a été attaqué, mais une fois le principe admis, il restait à déterminer si on s’adresserait au suffrage universel ou à un autre mode de nomination. Ils furent rares ceux qui soutinrent la deuxième opinion. Et pourtant, dans la séance du 8 juillet 1887, à la Chambre, elle trouva des défenseurs.
M. de Clercq, député du Pas-de-Calais, demandait la désignation des délégués par le ministre des travaux publics. À cet effet,des listes sont préparées par les ingénieurs en chef des mines, à la suite de concours publics portant sur les matières enseignées dans les écoles des maîtres mineurs instituées par l'État. Peuvent seuls être admis à cet examen, les ouvriers français âgés de 21 ans et ayant travaillé au minimum un an au fond,à moins qu'ils ne soient brevetés des écoles des maitres mineurs (1).
(1) Chambre. Discours de Clercq, 8 juillet 1887.
Get amendement présente une curieuse conception de la représentation accordée aux ouvriers, en vue dela sécurité.
Les agents ainsi choisis seraient de véritables fonctionnaires, et dépendraient directement de l’administration. En outre, ils seraient présentés, non par les ouvriers, mais par les ingénieurs en chef des mines. Nous ne pouvons nous empêcher de les comparer aux diputaciones di mineria du Mexique et du Pérou. Il est même probable que, si on avait tenté l'essai d’un pareil système, on aurait abouti ici comme là-bas à un échec, et,sürement,pour les mêmes raisons. Bien plus, les travailleurs n’obtenant pas satisfaction, quant aux revendications qu'ils formulaient, n'auraient pas été satisfaits et auraient manqué de confiance.
Rendons toutefois justice à l'auteur de la proposition. Il était surtout préoccupé du soin d'assurer à tous les agents de la surveillance, d'où qu’ils viennent, la capacité nécessaire pour remplir leur délicate mission :
« Je veux, disait-il (1), que les délégués mineurs passent un examen. C'est la seule manière, selon moi, d’avoir des délégués compétents.
« Vous voulez des délégués ouvriers ; Je vous les accorde; mais j’y mets comme condition que ceux qui désireront passer l'examen devront avoir travaillé un an au fond, ou bien être brevetés des écoles des maîtres mineurs de l'État
(1) Séance de la Chambre, 8 juillet 1887, Discours de Clercq.