‹ Législation primitive considérée dans les derniers temps par les seules lumières de la raison;Chapitre 12 sur 164 · LIVRE I, CHAPITRE [II · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE [II

transmel pas, qu'il n'invente pas quand il l'ignore, et qui seule remplit L'intervalle immense qu'il y a entre un enfant stupide trouvé dans les l>i»i> et l'homme civilisé.

Ainsi le premier moyen de toute connaissance est la parole reçue de toi et sans examen, et le premier moyen d'instruction l'autorité. Discentem oportet <Tcth>f<>, dit Bacon, doctum expendere. C'est à celui qui apprend à croire, à celui qui sait à examiner... ((L'autorité, dit saint Augustin, au traite De In » vraie Religion, demande la docilité, et conduit l'homme à la » raison (a), »

L'absence de toute vérité est l'ignorance absolue, le défaut de développement de la vérité est l'erreur; car Terreur, comme le m, il n'est qu'un défaut, une privation, une négation, et Ton se rappelle que nous avons dit, au chapitre Ier, que la vérité était toujours dans nos pensées, et trop souvent l'erreur dans nos jugements, parce que nous aurions presque toujours besoin, avant de juger, d'un plus ample informé,

Ainsi, plus un être intelligent a de connaissance de la vérité, ou de science des êtres et de leurs rapports, plus il a de raison, en sorte que la souveraine raison, Yomni-science et la suprême vérité ne sont qu'une seule et même manière d'être.

Si l'homme acquiert delà raison, la raison, et par conséquent la connaissance de la vérité, commencent pour l'homme (h) : elles se développent ensemble, et l'une par l'autre, faibles d'abord et obscures à cause de l'imperfection des organes qui transmettent à l'esprit l'expression de ses pensées, et qui sont le moyen de la connaissance de la vérité; plus fortes, plus étendues à mesure que les organes acquièrent leur maturité. Ainsi la raison doit s'affaiblir, et la connaissance de la vérité s'altérer à mesure que les organes eux-mêmes s'affaiblissent,

et penchent vers leur dissolution (c).

Page 1