‹ Législation primitive considérée dans les derniers temps par les seules lumières de la raison;Chapitre 13 sur 164 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

de l'être général et suprême, de l'être particulier et surordonné, ou de dieu et de l'homme.

Si l'homme ne peut inventer la parole, le genre humain à son origine a reçu d'un être supérieur à l'homme la parole, par le moyen de laquelle il connaît ses propres pensées. Donc la première connaissance de l'homme pensant a été la connaissance d'un être supérieur à l'homme. De cette connaissance ont dû suivre nécessairement des sentiments d'amour pour le bienfait, de crainte de la puissance, la volonté de les témoigner, l'action qui les témoigne ; l'adoration a été la première pensée , et la première parole a été un culte.

L'homme, cause seconde de tous les effets, a transmis la parole, comme il transmet la vie, et avec la parole la connaissance de ses pensées. Partout où il existe des hommes qui parlent un langage articulé, on doit donc trouver la connaissance de quelque être supérieur à l'homme, le nom de cet être, objet de l'amour ou de la crainte de l'homme , et les actions extérieures qui sont l'expression de cet amour et de cette crainte (a).

Or, partout où les hommes ont rencontré de leurs semblables, ils ont trouvé un langage articulé, et la parole qui exprime l'être supérieur à l'homme, objet de son amour ou de sa crainte; ils ont trouvé sous des formes différentes la connaissance, l'adoration et le culte de quelque Divinité : croyance de tous les peuples, que Cicéron appelle « la voix de la nature et la preuve » de la vérité, » Vox naturœ et argumentum veritatis.

Cet être, les hommes l'appelèrent Dieu, ou de tout autre mot correspondant (presque toujours monosyllabique) universellement entendu de tous les hommes qui parlaient la même langue (/>).

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