‹ Législation primitive considérée dans les derniers temps par les seules lumières de la raison;Chapitre 15 sur 164 · DES RAPPORTS DE DIEU ET DE L'HOMME · texte numérisé non relu

DES RAPPORTS DE DIEU ET DE L'HOMME

Tous les peuples ont donc connu la cause la plus universelle ou Dieu, l'effet le plus universel ou l'homme : universel puisqu'il renferme en soi l'esprit et la matière, hors desquels il n'y a rien dans l'univers ; universel encore, parce que tout se rapporte à lui, comme objet de ses pensées ou sujet de son action.

Mais ces deux termes extrêmes de tout le système des êtres, la cause et Y effet, partout pensés, partout nommés, ces deux termes en rapport nécessaire , puisque le mot d'effet exprime par lui-même un rapport à la cause, et le mot de cause un rapport à Y effet; ces deux termes, dis-je,ne donnaient pas aux hommes des lumières sur la nature de leurs rapports avec Dieu. Quel était le moyen de leurs relations avec l'être suprême, ou plutôt, par le moyen de quel être la grandeur de Dieu, être général, se proportionnait-ç\\Q à la faiblesse de l'homme, être particulier et local, et l'infirmité de l'effet à la perfection de la cause? C'était là la grande énigme de l'univers, dont la solution a été un scandale aux Juifs et une folie aux Gentils. Ici, l'importance des objets, et, j'ose dire, la nouveauté des raisons, sollicitent l'attention des esprits, même les plus prévenus! contre le fond des croyances religieuses, ou contre toute nouvelle forme de les présenter; car, si les uns ne lisent pas, parce qu'ils ne veulent pas apprendre, les autres condamnent, parce qu'ils croient ne rien ignorer,et qu'ils ne peuvent pas se persuader cette vérité fondamentale, que pour l'intérêt de la société, la vérité se développe à mesure que l'erreur s'aggrave et s'étend, et qu'il n'est aucune vérité, absolument aucune, qui soit positivement interdite à l'intelligence humaine.

L'homme avait donc, dès son origine, une connaissance des deux termes extrêmes de l'univers, Dieu et Y homme, la cause et Yeffet. Mais pour établir entre eux une proportion qui fût le fondement de l'ordre général et particulier, il fallait un

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