‹ Législation primitive considérée dans les derniers temps par les seules lumières de la raison;Chapitre 152 sur 164 · DE L' EUROPE · texte numérisé non relu

DE L' EUROPE

vigueur do. la Pologne, n'opposèrent aucune résistance, et ces confédérations fameuses, puissantes à troubler, furent sans force pour défendre. La France avait fait des efforts aussi dispendieux que mal combinés pour y créer une puissance militaire. Les amis de la Pologne n'avaient qu'une proposition à lui taire, celle de constituer son pouvoir; et, si elle s'y fût refusée , il fallait laisser à elle-même cette nation qui voulait périr et pour qui la conquête devenait un bienfait.

La révolution française vint quelques années après consommer la ruine de la Pologne. Il s'y éleva, à l'instigation de la France, un parti puissant, et il parut que le but secret des chefs était de former dans le Nord un foyer de révolution semblable à celui qui était en France, et entre lesquels l'Allemagne, toute disposée au grand œuvre, aurait servi de conducteur.

La Russie sentit le danger et le prévint. Ses armées entrèrent en Pologne, prirent d'assaut la capitale, et dispersèrent ses braves soldats. La Pologne resta partagée entre les trois puissances voisines, et, lorsqu'on se rappelle combien de sang a été répandu chez la nation la plus douce et la plus humaine de l'Europe, et que l'on considère que la révolution commençait en Pologne dans le désordre, tandis qu'elle avait commencé en France à la faveur de l'ordre même qui y régnait, quel est l'ami de l'humanité qui oserait regretter que la révolution polonaise ait été arrêtée à sa naissance? Cependant il faut bien se garder de croire que toutes les chances de son rétablissement soient épuisées. C'est un peuple mineur que le pouvoir suprême a mis en tutelle jusqu'à sa majorité. La Pologne peut y parvenir , et reprendre parmi les nations le rang que ses moyens de prospérité lui assignent, et qui tiennent moins à l'étendue qu'on lui laissera qu'à la constitution qu'elle recevra. Son ancien gouvernement est fini, et c'était le plus grand obstacle à en recevoir un meilleur.

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