CHAPITRE II
DES LOIS rARTICULIÈRES ET SUBSÉQUENTES.
« La loi est donc la volonté de Dieu et la règle de l'homme.»
La loi est lu volonté de Dieu, immédiatement dans la loi primitive, générale, fondamentale : primitive quant au temps, générale quanl aux êtres, fondamentale quant à la société; loi-principe, lex-prineeps, dit Cicéron, et que l'on appelle comniuiieiucnt In loi naturelle : médiatemenl dans les lois particulières, secondaires, Locales, qu'on appelle quelquefois loispositives, et qu'on pourrait appeler lois-conséquences ,$axce qu'elles doivent être la conséquence naturel!!1 des lois fondamentales. C'esl ce que veuf direMably: a Les lois sont bonnes si elles sont
» le rejeton des lois naturelles; » eU.-J. Rousseau : « Les lois » politiques sont fondamentales elles-mêmes , si elles sont » sages. »
La loi est une volonté; elle est donc la pensée de l'être qui veut, du pouvoir. L'expression de cette pensée , la déclaration de cette volonté est donc la parole du pouvoir ; ainsi la loi générale est la parole du pouvoir souverain , de Dieu même, et la loi locale est la parole de l'homme, pouvoir subordonné à Dieu dans le lieu et dans le temps : Homme-Dieu dans la religion, homme-prince dans l'État , homme-père dans la famille; et de la vient que la langue hébraïque donne ab, père et roi , pour racine d'aba, je veux {a).
Les lois sont la règle de l'homme, soit qu'elles prescrivent, soit qu'elles prohibent. La loi générale est la règle de la généralité, et les lois particulières sont la règle de la localité. Les lois religieuses sont la règle de l'homme dans ses rapports avec la Divinité, et les lois politiques sont la règle de l'homme dans ses rapports avec les hommes. Les lois de la morale sont les règles de ses volontés, et les lois de la police (1) sont la règle de ses actions. Les lois civiles sont la règle qui conduit l'homme à l'ordre ; les lois criminelles sont la règle qui le ramène à Tordre; les lois domestiques sont la règle de la famille , les lois publiques la règle de 1 État, les lois du droit des gens la règle des nations, etc., [b).
Les lois générales et particulières, religieuses et politiques, civiles et criminelles, privées et publiques, impératives et prohibitives; semblables dans leur cause première ou pouvoir souverain qui est Dieu, dans leur moyen ou organe, ministre, cause seconde, pouvoir subordonné qui est l'homme, dans leur effet ou leur sujet qui est le peuple, semblables dans leur principe qui est la raison suprême, dans leur fin qui est le bien absolu, ne peuvent être contraires les unes aux autres dans leurs dispositions, parce qu'il ne peut y avoir en Dieu des volontés
(!) J'entends par 'police toute règle des actions humaines. C'est dans ce sens que les Grecs le prenaient. Ils tiraient le mot police du mot polis, ville, parce que la cité chez ces petits peuples était toute la société. De là vient que chez nous la police est la loi politique de la ville, et la loi politique est la police de l'État.