CHAPITRE V
artes. lia preuve est plus simple : « Les hommes nomment
» Dieu, donc il est; » car. s'il n'était pas, il De serait pas nommé. Donc Dieu est cause universelle, moteur suprême, pouvoir souverain, attributs conséquents à l'idée (le Dieu, el dont aucun n'implique contradiction, comme rond-carré, peuple-souverain, filspère, SUJet-pOUVOil dans le même État. Aussi Condillac a atiaqué le principe de la contradiction, qui est l'épreuve de la fausseté de nos jugements.
(r) Partout où la raison de l'homme ne sera pas égarée par l'imagination, r homme tirera sans effort ces conséquences si naturelles, conclura de l'ordre particulier à l'ordre général, etde l'ordregéné-
ral,à la nécessité de l'ordre particulier. Le plus simple bon sens s'accorde parfaitement dans ces conclusions avec le génie : ce sont les deux extrêmes de l'homme, el ils se lou< lient. Ils sont tous les deux de la famille de la raison; mais le bon sens, plus modeste dans ses goûts, s'occupe d'affaires domestiques : le génie, plus entreprenant, se lance dans la carrière publique. « Un homme est » plus grand génie, dit Terrasson, à mesure qu'il est plus homme » d'État, et qu'il voit mieux ce qui va au bien de la société civile.» Le bon sens conçoit que le Tout-Puissant a pu tout faire, et le génie démontre la nécessité de cet être tout-puissant; mais combien d'imagination ne faut-il pas pour se figurer un monde qui se fait tout seul avec des atomes ronds et crochus, à force de mouvements sans impulsion, d'ordre sans loi, d'effets sans cause, l'homme né d'un poisson etde la chaleur du soleil! Quand ma raison me dit qu'il existe un être nécessaire, que ce! être est nécessairement tout-puissant, que le Tout-Puissant a tout fait, qu'ai-je besoin d'imaginer comment il a fait la moindre chose? car la difficulté est la même pour le plus petit germe qui renferme un monde de germes, comme pour le monde qui renferme tous les germes, il m'est aussi difficile de concevoir pourquoi l'homme, avec toute la matière à sa disposition et son étonnante industrie, ne peut pas faire une graine, lui qui fait des navires et des palais, que d'imaginer comment Dieu a fait les germes sans une matière préexistante.