‹ Législation primitive considérée dans les derniers temps par les seules lumières de la raison;Chapitre 64 sur 164 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

du moyen et do Y effet. Elle est parement rationnelle, si elle s'élève an causes; $mpiriq%u on expérimentale. Bielle se borne mw'ffets. Le matérialisme ne connatl qne des effets, des faits, et Patnéisme nie la cause; ce qui revienl an même.

Le déisme, qui est la doctrine des plus sages dos anciens et des moins sages des modernes, ne connaît que la cause et les effets, et nie le moyen ou médiateur, To on, dit Platon, /o (/-'mi/miii,» ; o qui est, ee qui est fuit. La philosophie chrétienne connaît seule la cause, le moyen et l'effet ; seule elle connaît Dieu, l'homme, leur nature et leur rapport. C'est avec raison que saint Paul dit « qu'il ne veut eon- » naître d'autre science que celle du médiateur, » puisque toute science en morale est renfermée dans la connaissance de l'être par qui tout a été fait ou réparé dans l'ordre moral, et il semblerait même, dans l'ordre matériel. En effet, on voit dans les livres qui contiennent ces haut' s vérités, la sagesse de Dieu, que la religion chrétienne regarde comme la personne du Verbe ou du médiateur, « assistant o la cause suprême de l'univers, lorsqu'elle étendait les cieux, creusait 9 les abîmes, renfermait la mer dans ses bornes, affermissait la terre » sur ses fondements, balançait le globe sur ses pôles; » architecte universel de ce souverain propriétaire des mondes, se jouant dans ses ouvrages, et faisant ses délices d'être avec les enfants des hommes : description sublime, étonnante de pompe et de magnificence, et à laquelle on ne connaît rien qui puisse être comparé. « 11 semble que » quelques Pères, dit Leibnitz, aient conçu deux filiations dans le » Verbe de Dieu, avant qu'il se soit incarné : celle qui le fait fils » unique, en tant qu'il est éternel dans la Divinité, et celle qui le rend » l'aîné des créatures, distinguant et séparant le (ils unique du pre- » mierné; et concevant que, dès le commencement des choses, le » Verbe éternel a été revêtu d'une nature créée, la plus noble de

» toutes, qui le rendait l'instrument de la Divinité dans les pro- » duc lions des autres natures, etc. » L'autorité religieuse n'a pas prononcé sur cette opinion inutile au salut des hommes, et je n'ai moimême voulu autre chose que faire voir que le philosophe pouvait aller sur ces matières aussi loin que le docteur.

(fl)La science du mo?/cn explique tout. L'homme, par exemple, ne

l'ait rien sans moyen ou intermédiaire, et l'intelligence dans l'emploi et la recherche des moyens est ce qui le distingue des brutes. Il exprime Ses pensées par le moyeu ou le ministère (1) de la parole et il accomplit sa volonté par le moyen ou le ministère de son action. H étend et multiplie son action physique par le moyen d'instruments ; il

(i) Ce qui prouve l'identité de ces deux expressions, est qu*on pom dire rçalemenl : Le

plince }oge pur te moyen d'un ministre, la cause agit juir le ministère du moi/en.

apprend par le moyen d'un maître; il enseigne par le moyen d'une méthode. Les sciences et les arts ne sont que des moyens. La médecine est le moyen de guérir, la jurisprudence le moyen de concilier les différends; l'architecture est le moyen de construire ; une arme est un moyen d'attaque ou de défense ; la charrue est un moyen entre l'homme et la terre qu'il cultive. L'intelligence humaine consiste à connaître la nécessité de moyens, sa curiosité à les chercher, sa sagacité à les découvrir, son industrie à les mettre en œuvre. Cette intelligence est refusée à la brute, qui n'emploie guère d'autres moyens extérieurs que ses aliments et son nid, moyens dont l'invariable uniformité dans chaque individu de la même espèce annonce qu'une intelligence autre que celle des brutes les a renfermées dans les limites de l'étroit nécessaire qu'elles n'ont jamais tenté de dépasser. Le seul art de faire du feu par le moyen de l'air et de matières combustibles, met entre l'homme le plus stupide et la brute la plus intelligente l'intervalle de l'être au néant.

(6) L'homme ne peut imaginer ou se figurer, sous aucune image particulière, la première impulsion, mais il en conçoit la nécessité générale, et cela suffit; et lui-même, lorsqu'il donne le mouvement à son bras, imagine-t-il comment sa volonté s'exécute, et peut-il se figurer cette relation de sa pensée à ses muscles, ou celle de ses organes à sa pensée? caries nerfs sont le moyen de transmission à la pensée, et les muscles le moyen d'exécution de la volonté. La vue, l'ouïe, le tact, qui comprend le goût et l'odorat, transmettent à la pensée la présence et les qualités des corps, les organes de la locomotion exécutent les volontés qui naissent à l'occasion de ces transmissions; mais les relations de la pensée aux organes comme moyen de transmission, et celles de la volonté aux organes comme moyen d'exécution, nous sont également inconnues.

(a) Voyez la note (a) du chapitre V, qu'il est utile de relire ici.

(6) Je ne peux m'empêcher de revenir encore sur la vérité de ces expressions générales, rapport et proportion, moyen, etc., propres à l'ordre général, et sur le transport, pour ainsi dire, que j'en ai fait à l'ordre de la société. Vertu superficielle, esprit étendu, caractère solide, sont les expressions usuelles, etpartoutentendues, de pensées vraies. Pourquoi cela ? Parce que ces mots solide, superficiel, étendu, et d'un autre côté, caractère, vertu, csprit,sont tous des expressions abstraites de pensées générales de l'ordre physique et de Tordre moral, et qu'il y a accord parfait entre toutes les pensées qui sontgénérales, et leurs expressions qui sont abstraites. Mais si je dis vertu carrée, esprit long, ou bien carré vertueux, surface ingénieuse, etc., je ne suis pas entendu, quoique je me serve de mots usités. Il y a ridicule dans l'expression, parce qu'il y a fausseté dans les pensées,

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