‹ Législation primitive considérée dans les derniers temps par les seules lumières de la raison;Chapitre 76 sur 164 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

diriger e, direclum, et désigne une rectitude absolue. En hébreu, drot* et coutume son synonymes, sans doute parce que la coutume était droite el bonne. Mais nous en avons t'ait l'équivalent du motlatin/tw, qui vient de jubere, commander, et quieûl été beaucoup mieux rendu parle» mot jussion. Les anciens ne connaissaient que des commandements, on des volontés arbitraires de l'homme. Les modernes ne doivent connaître que des règles , ou lois naturelles de l'ordre. Et voilà pourquoi les unsdisaientjMs,et les autres disentdroit ou règle; car le JIM n'est pas toujours le droit, et lejau l>clli, chez les anciens, n'était pas assurément le droit naturel de l'état de guerre entre les hommes. C'est parce que les volontés humaines doivent être conformes aux volontés divines, que le mot ordre dans la langue la plus juste de l'Europe, exprime également les i\vu\ idées, et que Ton dit l'ordre ou les ordres du gênerai , et les lois de Vordrê. Burlamaijui , p. lre, eh. V, a fait une observation à peu près semblable sur le mot jus. Jura, selon Festus, se disait autrefois jusa ou jussa.

(c) La religion chrétienne repousse du cœur et des lèvres du père de famille le terrible droit de maudire, et la société politique ne lui permet plus la peine de mort. Mais tout crime contre Tordre domestique, qui eût encouru autrefois la malédiction paternelle , serait aujourd'hui puni par le pouvoir public du dernier supplice. La religion , comme on voit, a adouci les peines.

(d) On voit pourquoi toutes les lois criminelles de la famille, de l'État, de la religion, sont ébranlées à la fois, et pourquoi, dans le même temps qu'on nie l'éternité de peines, on veut abolir la peine de mort, cl introduire dans la famille une éducation sans vigueur. Les lois rendues en France pendant la révolution ne permettaient pas au père de deshériter son fils.

NOTES D1 CHAPITRE MX.

(a) Il faut laisser dire les esprits superficiels et les publicistes angli< ans : le plus grand ennemi du pouvoir politique du roi d'Angleterre esl sa suprématie religieuse, parce qu'il n'y a pas dans un État de moyen de destruction plus efficace qu'une institution contre nature.

(6) La religion n'abandonne jamais la première l'Étal ; mais si elle en esl abandonnée, elle laisse périr le gouvernement assez, insensé pour l.i regarder . non pas comme la souveraine nécessaire, ou même comme une alliée utile, mais comme une ennemie cachée, un mal uii'N itable, qu'il faut circonscrire ainsi que la peste, de peur qu'il ne

gagne, OU tolérer, comme lesjeux publies et les prostituées, de peur qu'on ne lasse pis. Les Etats où cette opinion est répandue et mise en pratique ne saunaient subsister, et il n'est pas douteux que la tolérance, pour ne pas dire la protection accordée depuis cinquante ans • n France ;i des hommes el a des opinions impies, n'ait, même politiquement, été la première cause de ses malheurs. Il ya des désordres

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