‹ Législation primitive considérée dans les derniers temps par les seules lumières de la raison;Chapitre 88 sur 164 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

de chaque ordre fol altéré en même temps que les propriétés furent confondues.

Le clergé acquit aussi des vassaux par rinféodation de ses

biens , comme la noblesse acquit des droits (le collation en

fondant des bénéfices : mais ces propriétés n'eu étaient pas moins abusives en elles-mêmes , quelque respectable qu'en lût l'origine; et de même que les Laïques n'étaient pas compétents

pour conférer des droits a des fonctions religieuses, les prêtres ne l'étaient -pas davantage pour instituer des officiers politiques, parce que les devoirs de la milice spirituelle sont incompatibles avec ceux de la milice séculière : Nemo militons Deo, implicat te negotixs sœcuiaribus , dit saint Paul à un évêque ; et le divin fondateur de la religion refuse lui-même de juger dans la été politique . et défend à ses Apôtres d'y combattre avec les armes séculières.

Mais le clergé , immortel . sédentaire , n'aliénant jamais , acquit beaucoup plus de fiefs que la noblesse, bien moins constituée <pie le clergé (et c'était la faute de l'autorité), n'acquit de dîmes ecclésiastiques. 11 y avait peu de grands bénéfices en France, et même ailleurs , qui n'eussent des fiefs dans leur dotation. <t du moins en France il y avait peu de dîmes inféodées dans lo provinces du Midi. Cette interversion de propriétés et de devoirs existait encore en France ; mais l'abus était senti : <Vst ce qui faisait que le clergé vendait de préférence les fief s, lorqu il lui ('tait permis d'aliéner de ses propriétés , ou qu'il y «'•tait foret', comme lors du rachat de François I"', et (pie les tribunaux civils ne maintenaient les laïques dans la jouissance des (limes ecclésiastiques . qu'autant (pie leur possession remontait a une époque reculée , et qui était . je crois, celle du second concile de Latran, en I 139 . dont le second canon

condamne les laïques qui prennent les dîmes à leur profit.

I.i proportion des richesses, ci par conséquent de force qui devait exister entre les deux ordres chargés du ministère public

mu- le même territoire . en fut dérangée. Le clergé devint Opulent, ci la noblesse indigente, et il en résulta, dans l'un, le dégoût e!ie/. les plus riches de leurs fonctions; dans l'autre, l'impossibilité aux plus pauvres de remplir les leurs, (les iU>u\ motifs s'aperçurent bien distinctement dans !<• remède que l'autorité religieuse et l'autorité politique cherchèrent, presque dans le même espace de cent ans , à porter au mal: remède-.

ou plutôt palliatif, qui, parfaitement semblable dans l'une et dans l'autre société, ne prouve que mieux le lien qui les unit et leur intime analogie : je veux parler de l'institution d'une milice non propriétaire dans l'Église et dans l'État , ou des religieux mendiants et des troupes soldées.

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