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LA PROTECTION DE L’ÉGLISE

Jamais et dans aucun pays la liberté de l’Eglise n’a été poussée jusqu’à cct état d’anarchie légale. Qu’on réfléchisse un instant à la portée de la liberté illimitée des cultes. L’expérience des siècles atteste qu’il n’y a pas de passions plus inflammables et plus sanguinaires même que les passions religieuses. Faut-il rappeler, à la honte de la Belgique, pour mieux dire, à la honte du fanatisme catholique, la scène de cannibales qui souilla les rues de Bruxelles à la fin du dernier siècle? faut-il rappeler que c’est à l’occasion d’une procession que le sang coüla? fautil rappeler que c’est un moine qui excita le fanatisme de la populace? Eh bien ! ce danger peut se représenter. Les autorités locales auraient la conviction, la certitude qu’une procession , qu’une mission va mettre les partis aux prises , et que le sang coulera, elles n’ont pas le droit d’interdire un acte du culte qui peut devenir l’occasion d’une insurrection, d’une révolution! Que des béats sacrifient l’existence de la société à leur amour pour les processions, soit : quand les passions religieuses sont en jeu, rien ne doit étonner. Mais que le législateur, qu’une assemblée constituante prête la main à ces égarements, cela prouve quel esprit anime le parti catholique. L’on peut juger maintenant s’il mérite le titre de conservateur qu’il se donne.

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