‹ Leglise et L'EtatChapitre 51 sur 67 · SOI · texte numérisé non relu

SOI

Pierre, je suis avec lui. Ce serait à tort que quelqu'uo se rassurerait parce qu’il a été régénéré dans les eaux du baptême; car saint Augustin lui répondrait à propos : Un sarment coupé à la vigne conserve encore la même forme; mais à quoi lui sert cette forme, s’il ne vit point de sa racine?

De cette source infecte de Y indifférentisme découle celle maxime absurde et erronée, ou plutôt ce délire, qu’il faut assurer et garantir à qui que ce soit la liberté de conscience. On prépare la voie à celte pernicieuse erreur par la liberté d’opinions pleine et . sans bornes qui se répand au loiu pour le malheur de la société religieuse et civile, quelques-uns répétant avec une extrême impudence qu’il en résulte quelque avantage pour la religion. Mais, disait saint Augustin , qui peut mieux donner la mort à l'âme que la liberté de l’erreur? En effet, tout frein étant ôté qui put retenir les hommes dans les sentiers de la vérité, leur nature inclinée au mal tombe dans un précipice ; et nous pouvons dire avec vérité que le puits de l'abyme est ouvert, ce puits d’où saint Jean vit monter une fumée qui obscurcit le soleil, et sortir des sauterelles qui ravagèrent la terre. De là le changement des esprits, une corruption plus profoude de la jeunesse, le mépris des choses saintes et des lois les plus respectables , répandu parmi le peuple ; en un mot, le fléau le plus mortel pour la société, puisque l’expérience a fait voir de toute antiquité que les États qui ont brillé par leurs richesses, par leur puissance, par leur gloire, ont péri par ce seul mal, la liberté immodérée des opinions, la licence des discours et l’amour des nouveautés.

Là se rapporte celle liberté funeste, et dont on ne peut avoir assez d’horreur, la liberté de la librairie pour publier quelque écrit que ce soit, liberté que quelques-uns osent solliciter et étendre avec tant de bruit cl d’ardeur. Nous sommes épouvanté, vénérables Frères, en considérant de quelles doctrines ou plutôt de quelles erreurs monstrueuses nous sommes accablé, et en voyant qu elles se propagent au loin et partout, par une multitude de livres cl par des écrits de toute so^te, qui sont peu de chose pour le volume , mais qui sonl/emplis de malice, et d’où il sort une malédiction qui, nous le déplorons, se répand sur la face de la terre. II en est cependant, ô douleur! qui se laissent enlrainer à ce point d'impudence qu’ils soutiennent opiniâtrement que le déluge d’erreurs qui sort

PIÈCES JUSTIFICATIVES

terræ. Sunttamen, prohdolor! qui co impudenliæ abripiantur, ut asserant pugnaciter banc errorum colluviera inde prorumpentem salis cumulate compensari ex libro aliquo qui , in hàc tanta pravitatum lempestale, ad religionem ac veritatem propugnandam cdatur. Nefas profeclo est, omnique jure improbatum, patrari datA operA malum certum ac majus, quia spcs sil inde boni aliquid habitum iri. Numquid vcncna libéré spargi, ac publiée vendi, coinportarique, imo et ohbibi debere, sanus quis dixerit, quod rcmcdii quidpiam babeatur, quo qui utunlur, eripi eos ex interitu identidcm conlingat?

Vcrura longe alia fuit Ecclesiæ disciplina in exscindendà malorum librorum peste vel apostolorum ælate, quos legimus grandem librorum vim publiée combusisse ('). Salis sit, leges in concilio Laleranensi V in eam rem datas perlcgere, et constitutionem, quœ deinceps à Leone X fel. rec. prædecessore noslro fuit édita, tieid quod ad fidei augmentum ac bonarum artium propagationem salubriter est inventum, in contrarium convertatur, ac Cltristi fidelium saluti detrimentum pariat (*). Id quidern et Tridcnlinis Patribus maximæ curæ fuit, qui remedium tanlo huicmalo adbibuére, cdito saluberrimo decrelo de Indice librorum, quibus impura doctrina continerelur, conficiendo (*). Pugnandum est acriter, Inquit Clemcns XIII , fel. rec. prædecessor nosler, in suis de noxiorum librorum proscriptione encyclicis litteris (*}; pugnandum est acriter, quantum res ipsa c/Jlagitat , et pro viribus tôt librorum mortifera exterminanda pcmicics : nunquam enim mater ia subtrahetur erroris , ni si pravitatis facinorosa elementa in flammis combusta depercant. Ex hàc ilaquc constatai omnium ælalum sollicitudinc, quà semper sancla hæc Aposlolica Sedes suspeclos et noxios libros damnare, et de hominum manibus extorquere enisa est, palet luculentissime, quantopere falsa, temeraria, cideinquc Apostolicæ Sedi injuriosa, et fecunda malorum in christiano populo iugenlium sil illorum doctrina, qui nedum censuram librorum vcluti gravera

(1) Act. Apost., XIX.

(2) Act. conc. Latcran. V, soss. X, uhirefcrtur const. Lconis X. Lependa est anterior constitulio Alexandri VI, Inter multipliées, in qua multa ad rem.

(3) Conc. Trid., sess. XVIII et XXV.

(4) Litt. Clcm. XIII, Cltrislianœ, 23 nov.I766.

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de là est assez bien compensé par un livre qui , ou milieu de ce déchaînement de perversité, parailroit pour défendre la religion et la vérité. Or c’est certainement une chose illicite et contraire à toutes les notions de l’équité, défaire, de dessein prémédité, un mal certain et plus grand, parce qu'il y a espérance qu’il en résultera quelque bien. Quel homme en son bon sens dira qu'il faut laisser se répandre librement des poisons, les vendre et transporter publiquement, les boire même, parce qu’il y a un remède tel que ceux qui en usent parviennent quelquefois à échapper à la mort?

La discipline de l’Eglise fut bien différente dès le temps même des apôtres, que nous lisons avoir fait brûler publiquement une grande quantité de mauvais livres. Qu’il suffise de parcourir les lois rendues sur ce sujet dans le cinquième concile de Lalran , et la constitution qui fut, depuis, donnée par Léon X, notre prédécesseur d’heureuse mémoire, pour empèchei' que ce qui a été sagement inventé pour l’ accroissement de la foi et la propagation des sciences utiles soit dirigé dans un but contraire, et ]>orte préjudice au salut des fidèles. Ce fut aussi l’objet des soins des Pères du concile de Trente, qui, afin d’apporter le remède à un si grand mal, firent un décret salutaire pour ordonner de rédiger un index des livres qui contiendraient une mauvaise doctrine. Il faut combattre avec force, dit Clément VIII, notre prédécesseur d’heureuse mémoire, dans ses lettres encycliques sur la proscription des livres dangereux, il faut combattre avec force, autant que la chose le demande , et tâcher d’exterminer cette peste mortelle : car jamais on ne retranchera la matière de l'erreur qu’en livrant aux flammes les coupables éléments du mal. D’après celte constante sollicitude avec laquelle le Saint-Siège s'est efforcé dans tous les temps de condamner les livres suspects et nuisibles, et de les retirer des mains des fidèles, il est assez évident combien est fausse, téméraire, injurieuse au Saint-Siège, et féconde en maux pour le peuple chrétien, la doctrine de ceux qui non-seulement rejettent la censure des livres comme un joug trop onéreux , mais en sont venus à ce point de malignité qu'ils la présentent comme opposée aux principes du droit et de la justice, et qu’ils osent refuser à l’Église le droit de l’ordonner et de l’exercer.

Comme nous avons appris que des écrits semés parmi le peuple proclament certaines doctrines qui ébranlent la fidélité et la sou->

.IÉCES JUSTIFICATIVES.

nimis, et onerosam rejiciunt, sed eo etiam iraprobitalis progrediuutur, ut cam prædicent à recli juris principiis abhorrere, jusque illius decerneudæ, habendæque audeant Ecclesiæ denegare.

Cùiu aulem circumlatis iu vulgus scriplis doctrinas quasdam promu Iga ri acceperimus , quibus débita erga principes Odes atque submissio labefaclatur, facesque perduellionis ubique inceuduntur; caveudun) maxime erit, ne populi inde decepti à recli semità adducantur. Auimadvertant omnes, non esse, juxla apostoli monitum, }>otestatem nisi a Deo : quæ autem sunt , a Deo ordinata sunt. I toque qui resistit pot estât i Dei ordination i resislil, et qui resistunt ipsi sibi damnationem acquirunt (’). Quocirca et divina et humana jura in eos clamant, qui lurpissimi perduellionis seditionumque roachinallonibus a flde in principes desciscere, ipsosque ab iraperio delurbare conniluulur. •

Atque hàc plane ex causa, ne (antà se turpiludine fœdarent veteres christiani, sævientibus licet persccutionibus , optime tamen cos de imperatoribus, ac de imperii iucolumitate meritos fuisse constat, idque nedum fuie in iis, quæ sibi mandabanlur religioui non contraria, accuratc prompleque perfleiendis, sed et conslantià, et elTuso etiam in præliis sanguine luculenlissime comprobase. Milites christiani, ait S. Auguslinus(*), servierunt imperatori infideli; ubi veniebatur ad causam Christi, non agnoscebant, nisi ilium qui in cœlis erat. Distinguebant Dominum œternum a domino temporali, et tamen subditi erant propter Dominum œternum etiam domino temporali. Hæc quidem sibi ob oculos proposuerat Mauritius martyr invictus, legionis Tbebanæ primiçerius, quando, uti S. Eucherius refert, hæc respondil imperatori (5) : Milites sumus, imperator, lui, sed tamen servi, quod libéré confilemur, Dei... Et nunc non nos hæc ultima vitœ nécessitas in rebellionem coegit : tenemus ecce arma, et non resistimus, quia mori quam occidere satins volumus. Quæ quidem velerum chrislianorum in principes fides eo etiam iliustrior eiïulget, si pcrpendalur cum Terlulliano (*), tune

(1) Ad Rom., XIII, 2.

(2) S. Aug., in psalm. CXXIV, n. 7.

(3) S. Eucher. apud Ruinart., Act. SS. MM. de SS. Maurit. eksoc., n. 4.

(4) Tirtull., in Apolog., cap. XXXVII.

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mission dues aux princes, et qui allument partout les flambeaux de la révolte, il faudra empêcher avec soin que les peuples ainsi trompés ne soient entrainés hors de la ligne de leurs devoirs. Que tous considèrent que, suivant l’avis de l’apôtre, il n'y a point de puissance qui ne vienne de Dieu. Ainsi, celui qui résiste à la puissance résiste à l'ordre de Dieu, et ceux qui résistent s’attirent la condamnation à eux-mêmes. Ainsi, les lois divines et humaines s'élèvent contre ceux qui s’efforcent d’ébranler, par des trames honteuses de révolte et de sédition, la fidélité aux princes, et de les précipiter du trône.

C’est pour cela, et afln de ne pas contracter une si honteuse souillure, que les premiers chrétiens, au milieu de la fureur des persécutions, surent cependant bien servir les empereurs, et travailler au salut de l’empire, comme il est certain qu'ils le firent. Ils le prouvèrent admirablement, non-seulement par leur fidélité à faire avec soin et promptitude ce qui leur était ordonné, et qui n’était point contraire à la religion, mais encore par leur courage, et en répandant même leur sang dans les combats. Les soldats chrétiens, dit saint Augustin, servaient un empereur infidèle; mais s'il était question de la cause de Jésus-Christ, ils ne reconnaissaient que celui qui est dans les deux. Ils distinguaient le Maître étemel du maître temporel , et cependant ils étaient soumis pour le maître éternel même au maitre temporel. C’est ce qu’avait devant les yeux l'invincible martyr Maurice, chef de la légion thébaine , lorsque, comme le rapporte saint Eucher, il répondit à l’empereur : Nous sommes vos soldats, /mince; mais cependant serviteurs de Dieu, nous l'avouons librement,.. Et maintenant même le danger où nous sommes de perdre la vie ne notes pousse point à la révolte; nous avons des armes et nous ne résistons point, parce que nous aimons mieux mourir que de tuer. Cette fidélité des anciens chrétiens brille avec bien plus d'éclat, si on remarque, avec Terlullien, qu alors les chrétiens ne manquaient ni par le nombre, ni par la force, s’ils eussent voulu se montrer ennemis déclarés. « Nous ne sommes que d’hier, dit-il, et nous remplissons tout, vos villes, vos îles, vos forts, vos municipes, vos assemblées, vos camps, vos tribus, vos décuries, le palais, le sénat, le forum... Combien n’aurions-nous pas été disposés et prompts à faire la guerre, quoique avec des forces inégales, nous qui nous laissons égorger si volontiers, si notre religion ne nous obligeait plutôt à mourir qu’à tuer!... Si nous nous

PIÈCES JUSTIFICATIVES

temporis christianis non de fuisse vim numerorum, et copiarum, si hoStes crertos agere voluisscnt. Ucsterni sumus, inquit ipse, et vestra omnia implevhnus , urbes , insistas, castclla, municipia, conciliabula, castra ipsa, tribus, decurias, palatium, senatum, forum... Cuibello non idonci, non prompti fuissemus, etiam impares copiis, qui tam libcnter trucidamur, si non a/md islam disciplinam matjis occidi licerel quant occidere!... Si tanta vis liominum inaliquem orbis remoti sinum abrupisscmus à vobis, suffudisset utique pudore dominationem vestram tôt çualicumgue amissio civium, imo et ipsà destitutione punissct. Procul dubio expavissetis ail solitudinem vestram;... quwsissctis quibus imperareris ; plures hostcs quant cives vobis remansissent : nunc autem pauciores hostes habelis prœ multitudine christianorum.

Præclara hæc immobilis subjectionis in principes exempta , quæ ex sanetissimis chrislianæ religionis præceptis necessario proficiscebantur, deleslandam illorum insolcntiam, et improbilalein condemnant, qui projectâ cffrenatàquc procacis liberlatis cupiditale æstuanles, toli in co sunt ut jura quæque principatuum labcfactcnt, atque convenant, servilutem sub liberlatis specie populis iliaturi. Hucsane scelestissima deliramenta, conciliaquc conspirarunt Valdensium, Beguardorurn, Wiclelitarum, aliorumquc bujusmodi flliorum Bclial qui humani generis sordes ac dedecora fucrc, merito idcirco ab Apostolicà hàc Sedc tolies analhemate confixi. Nec aliâ profecto ex causa omnes vires intendunt veleratores isti, nisi ut cum Luthero ovantes gratulari sibi possint, liberos se esse ab omnibus : quod ut facilius celeriusque assequantur, fiagitiosiora quælibet audacissime aggrediuntur.

Nequc læliora et religioni et principatui ominari possemus, ex eoruin volis, qui Ecclesiam a regno separari, muluamque imperii cum saccrdolio concordiam abrumpi dispiciunt. Constat quippc, pertimcsci ab impudentissimæ liberlatis amaloribus concordiam illam, quæ scmper rei et sacra; et civil! fausta exslilit ac salutaris.

Al ad cæteras aeerbissimas causas quibus sollicili sumus, et in communi discrimine dolore quodam angimur præcipuo, accessère consocialiones quædam, statique cœtus, quibus, quasi agmine facto cum cujuscumque c*liam falsæ religionis ac cultûs sectatoribus, simulatâ quidem in rcligioncm pietatc, vere tamen uovitatis, sedi-

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fussions séparés de vous, si uue si grande masse d'hommes se fut retirée dans quelque partie éloignée du monde, la perte de tant de citoyens, quels qu’ils soient, eut couvert de confusion votre puissance, l’eûlpunie même parce seul abandon. Sans doute vous eussiez été épouvantés de votre solitude;... vous eussiez cherché à qui commander; il vous serait resté plus d’ennemis que de citoyens : maintenant vous avez moins d’ennemis à cause de la multitude des chrétiens.»

Ces beaux exemples de soumission inviolable aux princes, qui étaient une suite nécessaire des saints préceptes delà religion chrétienne, condamnent la détestable insolence et la méchanceté de ceux qui, tout enflammés de l’ardeur immodérée d’une liberté audacieuse, s’appliquent de toutes leurs forces à ébranler et à renverser tous les droits des puissances, tandis qu’au fond ils n’apportent aux peuples que la servitude sous le masque de la liberté. C’est là que lendoient les coupables rêveries et les desseins des Vaudois, des Béguards, des Wicléfites, et des autres enfouis de Bélial, qui furent f écume et l’opprobre du genre humain, et qui ont été pour cela si souvent et si justement frappés d’anathème par le Siège apostolique. Ces fourbes, qui travaillent pour la même fin, n’aspirent aussi qu’à pouvoir se féliciter avec Luther d'être libres à l'égard de tous, et, pour y parvenir plus facilement et plus vite, ils tentent audacieusement les entreprises les plus criminelles.

Nous n’aurions rien à présager de plus heureux pour la religion et pour les gouvernements, en suivant les vœux de ceux qui veulent que l’Eglise soit séparée de l’État, et que la concorde mutuelle de l’Empire avec le sacerdoce soit rompue. Car il est certain que cette concorde, qui fut toujours si favorable et si salutaire aux intérêts de la religion et à ceux de l’autorité civile, est redoutée par les partisans d’une liberté effrénée.

Aux autres causes d’amertume et d’inquiétude qui nous tourmentent et nous affligent principalement dans le danger commun, se sont jointes certaines associations et réunions marquées, où l’on fait cause commune avec des gens de toute religion, et meme des fauîses, et où, en feignant le respect pour la religion, mais vraiment par la soif de la nouveauté, et pour exciter partout des séditions, on préconise toute espèce de liberté, on excite des troubles contre le bien de l’Église et de l’État, on détruit l’autorité la plus respectable.

C’est avec douleur sans doute, mais aussi avec confiance en Celui

tionumquc ubique promovendaruni cupidine, libertas omnis generis prædicalur, perlurbationes in sacram et civilera rem excitantur, sanctior quælibet auctoritas discerpitur.

Hæc perdolenli sanè animo, üdenles tarnen in Eo qui imperat venlis et facit lranquillitalem, scribimus ad vos, venerabiles Praires, ut induli scutum fldei coutendalis prœliari strenuc prælia Domini. Ad vos potissimuin pertinel slare pro muro contra omnem allitudinem extollentem se adversùs scienliam Dei Exerite giadium spiritùs, quod est verbum Dei, habeanlquc a vobis panem qui esuriunt justiliam. Adscili , ut silis cuitores gnavi in vineâ Domini, id ununi agite, in hoc simul laborate, ut radix quælibel amaritudinis ex agro vobis comrnisso evellatur, omnique enecato semine vitioruin, convalescat ibi seges læta virtulum. Eos inprimis aflectu paterno complexi, qui ad sacras præsertim disciplinas, et ad philosophions quæsliones animum appulcre , horlatores, auctoresquc iisdeitf sitis, ne solius ingenii sui viribus freli imprudenter à verilatissemità in viamabeanl impiorum. MerainerinlDeumesse sapientite ducern , emendaloremque sapientium (') , ac fieri non posse Ut sine Deo Deum discamus, qui per Verbum docet domines scire Deum (’). Superbi, seu potiùs insipienlis hominis est, fldei mysleria, quæ cxsuperant omnem sensura, humanis examinare ponderibus, nostræque mentis ralioni confldere, quæ naturæ humanæ conditione debilis est, et infirma.

Cæterum communibus biscc volis pro rei et sacræ et publicæ incolumilate carissimi in Christo fllii nostri viri principes suà faveaut ope et auctoritale, quam sibi collalam considèrent non solum ad mundi regimen, sed maxime ad Ecclesiæ præsidium. Animadvertant sedulo, pro illorum imperio et quiete geri," quidquid pro Ecclesiæ salute laboratur; imo pluris sibi suadeaul fldei causam esse debere quam regni, magnumque sibi esse perpendaut, dicimus cum S. Leone ponlifice si ipsorum diademati de manu Domini, etiam fidei addatur corona. Positi quasi parentes et tutores populorum, veram, conslanlcm, opulentam iis quietein parient, et tranquiilitatem, si in eam potissimuin curatn incumbaut , ut incoltfmis sit religio et pietas ia Deum’, qui habel scriptum iu femore : lie x reyum et Dominus dominantium.

(I) S3p., VII, 18.

(!) S. Irenœus, lib. IV, cap. X.

LETTRE ENCYCLIQUE DE GRÉGOIRE XVI. SOS

qui commande aux vents et ramène le calme, que nous vous écrivons tout ceci, vénérables Frères, afin que, vous couvrant du bouclier de la foi , vous vous efforciez de combattre courageusement pour le Seigneur. C’est à vous surtout qu’il appartient de vous montrer comme un rempart contre toute hauteur qui s’élève en opposition à la science de Dieu. Tirez le glaive de l’esprit qui est la parole de Dieu, et que ceux qui ont faim de la justice reçoivent de vous le pain de celte parole. Appelés à être des ouvriers diligents dans la vigne du seigneur, ne songez, ne travaillez tous ensemble qu'à arracher du champ qui vous est confié toute racine amère, à y étouffer toute semence vicieuse , et à y faire croître une moisson abondante de vertus. Embrassant dans votre affection paternelle ceux qui s'appliquent aux sciences ecclésiastiques et aux questions de philosophie, exhortez les fortement à ne pas se fier imprudemment sur leur esprit seul, qui les éloignerait de la voie de la vérité et les entraînerait dans les roules des impies. Qu’ils se souviennent que Dieu est le guide de la sagesse et le réformateur des sages, et qu’il ne peut se faire que nous connaissions Dieu sans Dieu, qui apprend par son Verbe aux hommes à connaître Dieu. C’est le propre d'un orgueilleux ou plutôt d’un insensé de peser dans une balance humaine les mystères de la foi qui surpassent toute intelligence, et de se fier sur notre raison, qui est faible et débile par la condition de la nature humaine.

Que nos très chers fils en Jésus-Christ, les princes, favorisent, par leur concours et leur autorité, ces vœux que nous formons pour le salut de la religion et de l’État. Q u’ils considèrent que leur au. torité leur a été donnée, non-seulement pour le gouvernement temporel, mais surtout pour défendre l’Eglise, et que tout ce qui se fait pour l’avantage de l’Église se fait aussi pour leur puissance et pour leur repos. Qu’ils se persuadent même que la cause de la religion doit leur être plus chère que celle du trône, et que le plus important pour eux, pouvons-nous dire avec le pape saint Léon, est que la couronne de la foi soit ajoutée de la main de Dieu à leur diadème. Placés comme pères et tuteurs des peuples, ils leur procureront une paix et une tranquillité véritables, constantes et prospères, s'ils mettent tous leurs soins à maintenir intactes la religion et la piété envers Dieu, qui porte écrit sur son vêtement : Roi des rois et Seigneur des seigneurs.

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