CHAPITRE IV
SCIENCES 1
I. Calcul différentiel. — Son origine, sa nature et sa portée; distinction des deux idées essentielles qu'il contient; ce que Leibniz doit à ses contemporains, tels que Pascal, Mercator, Grégory, Newton en particulier.
IL De la « Géométrie sublime ». — Imperfections relevées par Leibniz dans la « Mathématique » de son temps; définition de cette science; catégories mathématiques; analyse des sites.
III. De l'Arithmétique binaire ou dyadique. — En quoi elle consiste; son analogie avec celle du roi Fohy; les avantages « merveilleux » qu'y trouve Leibniz; jugement des frères Bernoulli sur ce nouvel art de décompter.
IV. De la force. — Preuves de son existence; de son rapport avec le mouvement; une trinité de constances, celle de l'énergie, celles de l'action et de la direction; application de l'idée de force à l'interprétation des phénomènes célestes; lumières nouvelles qui en résultent sur la nature clos corps; un mot sur la manière dont Leibniz inventait dans le domaine des sciences.
Il n'est pas de question scientifique où Leibniz n'ait promené son regard; et, sur tous les points dont il s'est occupé, il a laissé la marque de son génie, soit en émettant des vues nouvelles, soit en faisant des inventions décisives et parfois d'une portée incalculable. Il n'étudiait la tradition que pour la dépasser; son but était toujours d'obtenir du « déjà donné » des solutions prises de plus haut, plus précises et par là même plus fécondes. Il prenait son élan dans le passé; mais c'est vers l'avenir que sa pensée se trouvait naturellement tournée et tendue. Sur le domaine des sciences proprement dites, ce puissant métaphysicien fut aussi l'un des plus merveilleux semeurs d'idées qui aient honoré la race
1. Au cours de ce chapitre, toutes les références qui porteront Gerhard t sans autre indication, seront relatives à l'édition des Œuvres mathématiques; vu l'objet dont il est question dans cette partie de notre étude, ce mode de renseigner le lecteur sur les sources nous a paru le plus simple.
SCIENCES
humaine : comme savant, il est plus grand que Descartes et peut se comparer à Newton.
Quelques-unes de ses découvertes sont devenues après lui comme des phares allumés pour toujours sur la route du savoir humain. Telle est, par exemple, la découverte du « calcul différentiel ».