‹ LeibnizChapitre 125 sur 310 · Ibid., V · texte numérisé non relu

Ibid., V

SCIENCES

Le point vif n'est pas là; le point vif est de savoir si Newton lui-même n'a pas une part à revendiquer dans la découverte du triangle infinitésimal. Et cette question demande quelques développements, vu la querelle générale qui s'en est suivie, à un moment donné, dans le monde savant du xvne siècle.

Les rapports de Newton avec Leibniz furent toujours réservés. Newton redoutait la publicité à cause des équivoques et des disputes vaines qu'elle suscite d'ordinaire1. Peutêtre aussi ne goùtait-il pas beaucoup cet Allemand dont la curiosité lui semblait insatiable et qui parlait si volontiers de « ses admirables découvertes » : ce genre était le contraire de ce qu'il aimait et pratiquait.

Le 8 décembre 1674, Oldenburg écrit à Leibniz que Newton connaît déjà l'art de mesurer toutes les courbes, de quelque nature qu'elles soient2. Leibniz répond le 20 mai 1675 qu'il possède depuis quelques années « une méthode à lui de résoudre ces problèmes3 ». Puis le 28 décembre de la même année, il promet à Oldenburg un spécimen de sa manière qu'il lui envoie d'ailleurs le 27 août 1676 et qui contient déjà la doctrine publiée en 16844.

Le 2i octobre 1676, Newton, qui suit le mouvement, se décide à rompre le silence et confie sa lettre aux soins d'Oldenburg. Il avoue que la méthode de Leibniz « lui est particulière ». « J'en ai d'autant plus de plaisir, ajoute-t-il, que, connaissant déjà qu'il y avait trois moyens d'arriver au même but, j'espérais à peine que l'on en pût trouver un autre. » Mais il se garde bien d'exposer sa méthode personnelle; il l'enveloppe d'une formule si profondément énigmatique « qu'il aurait fallu l'habileté fabuleuse d'OEdipe pour y découvrir sa pensée » : 5accdae 10 e iïh 1 li41 3mqn 60 etc.5; cette fois-là, le vulgaire, assurément, ne pouvait trouver matière à vaines disputes. Cette lettre, d'ailleurs, ne devait parvenir à Leibniz que très tard, lorsqu'il

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