Ibid., I
était déjà depuis longtemps dans sa résidence de Hanovre.
La situation en demeure là jusqu'en 1687, année où parait pour la première fois le célèbre ouvrage de Newton intitulé Principes mathématiques de la philosophie naturelle11. Mais, si Leibniz est curieux de savoir le contenu de ce livre, il n'en conçoit encore aucune inquiétude. Il apprend son existence en juin 1688 dans un article des Actes de Leipzig, pendant qu'il voyageait en Italie « pour chercher des monumens historiques par ordre de Monseigneur le Duc2 ». En 1690, il ne connaît encore de ce livre « qu'un extrait », « non pas le livre lui-même » 3. C'est à Rome seulement, qu'il « le voit » pour la première fois; et ce qui semble le préoccuper surtout en le lisant, ce n'est pas la question du calcul différentiel, mais celle de la circulation harmonique de la lumière et des tourbillons4. Cependant Newton, dans son ouvrage, parle expressément et en termes fort précis du point qui pouvait être délicat. « Dans un commerce de lettres que j'ai eu, dit-il, il y a environ dix ans par l'entremise d'Oldenburg, avec le très habile géomètre Leibniz, je lui fis savoir que je possédais une méthode pour déterminer les maxima et les minima, pour mener des tangentes et effectuer d'autres choses semblables, en termes irrationnels aussi bien qu'en termes rationnels, et cette méthode je la lui cachais sous des lettres transposées qui renfermaient ce sens : Une équation donnée, qui contient des quantités fluentes, trouver les fluxions, et réciproquement. Cet homme célèbre me répondit qu'il était tombé sur une méthode du même genre, et me la communiqua : elle ne différait de la mienne que dans le mode d'expression, et de la notation5. » C'est donc que Leibniz n'a pas de remarque sérieuse à faire. Il affirmera d'ailleurs un peu plus tard, dans sa réponse à Nicolas Fatius Duillier, que
t. Philosophie naturalis principia mathematica, Londini.