‹ LeibnizChapitre 127 sur 310 · Ibid., VI · texte numérisé non relu

Ibid., VI

5. ... Methodum suam commun icavit a mea vix abludentem prœlerquam in verborum et notarum formulis (Philos, nat. princip..., livre II, p. 253-25 i, Schol., London, 1687).

SCIENCES

Newton, par cette appréciation, a publiquement reconnu la propriété de sa découverte1. D'un autre côté, Newton lui-même intervient de nouveau, dans la crainte que son rival ne soit satisfait de la manière dont il en a parlé. « J'espère, lui dit-il dans sa lettre, n'avoir rien écrit qui puisse vous déplaire; mais, s'il m'était échappé quelque chose de répréhensible, je vous prie de me le faire savoir; car l'amitié m'est plus chère que les inventions mathématiques 2. » Or cette invitation si gracieuse à réclamer ce qui pourrait être inexact, n'est suivie non plus d'aucun effet. Leibniz ne proteste pas, du moins sur le point essentiel.

Mais un autre va mettre le feu aux poudres. De 1693 à 1696, Wallis publie à Oxford l'ensemble de ses œuvres mathématiques. Au tome troisième, il insère, après en avoir demandé la permission à Leibniz, un certain nombre des lettres qui composent sa correspondance avec Oldenburg et New ton ; et, de la comparaison de ces documents, il croit pouvoir conclure qu'entre le calcul de Leibniz et celui du savant anglais il y a « quasi coïncidence » et que, si leurs méthodes diffèrent, c'est uniquement par la notation. Leibniz s'émeut cette fois et réclame. Wallis lui répond : J'ai dit ce que je savais; si je me suis trompé sur la nature de votre calcul, expliquez-vous plus complètement3.

L'Hospitai ne se méprend pas sur l'intention de Wallis. Son dessein, écrit-il à Leibniz, est « d'attribuer à [Newton] l'invention de votre calcul différentiel ». « Il me semble que les Anglais cherchent en toute manière d'attribuer la gloire de cette invention à leur nation4. » Joh. Bernoulli éprouve aussi la même impression 5 ; elle ne tarde pas à devenir celle de tout le monde. Il ne s'agit plus seulement des droits de Leibniz, mais aussi et surtout d'une lutte d'amour-propre entre deux peuples0.

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