‹ LeibnizChapitre 128 sur 310 · lbid., III · texte numérisé non relu

lbid., III

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Pour conjurer l'orage qui grandit, Leibniz conçoit le dessein d'écrire un ouvrage sur la « science de l'infini 1 » ; et ses amis accueillent avec joie cette heureuse idée; ils le pressent de se mettre à l'œuvre, dans l'espoir que c'est là l'unique moyen de lever l'équivoque dont Wallis est le premier auteur. Joh. Bernoulli2, L'Hospital3, « Hugens »4 espèrent que le livre ne tardera pas à voir le jour et l'attendent avec une impatience croissante. Joh. Bernoulli va jusqu'à promettre d'y joindre des notes explicatives, afin que le public en comprenne mieux le sens5. Mais rien ne parait. Leibniz a trop de « distractions » 6 ; le temps lui fait défaut.

Pendant ce temps, la lutte s'envenime et s'organise. Le 13 août 1712, Leibniz apprend par Joh. Bernoulli « que l'on est occupé présentement à la Société (de Londres) à démontrer par des lettres originales » que son calcul différentiel n'est pas de lui, mais de Newton lui-même7'. Au cours de la même année, on lui annonce de plusieurs côtés à la fois que « le livre des Anglais a paru » 8 : il s'agit d'Un commerce épistolaire par D. Jean Collins et autres sur le progrès de l'analyse. On y soutient, de fait, au sujet de la méthode différentielle que « Newton en est le premier inventeur », « qu'il n'y a ni calomnie ni injure à l'affirmer » 9. Et cette thèse, l'Académie l'approuve ; elle la déclare sienne : la preuve, c'est qu'elle a fait imprimer l'ouvrage à ses frais et « qu'elle paiera également pour qu'il soit répandu en Italie, en Bavière et en Allemagne » 10.

Le 20 avril 1714-, Leibniz reçoit de Wolf un exemplaire du livre qui le concerne et qui circule déjà depuis presque deux ans. Il constate qu'on ne lui a rien dit d'exagéré; il

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