‹ LeibnizChapitre 129 sur 310 · Ibid., VIII · texte numérisé non relu

Ibid., VIII

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peut voir, et sans doute avec une profonde tristesse, que les sentiments de Newton à son égard sont entièrement changés, qu'il est devenu l'âme du complot et que le fameux Keil, cet odieux intrigant, ne fait en définitive que réaliser ses ordres. Newton, Newton lui-même a cédé; et voilà surtout ce qui l'émeut jusqu'à l'indignation1.

En face de cette nouvelle tactique, Leibniz essaie de modifier ses moyens de défense. Il ne songe plus désormais à composer un traité sur « La science de l'infini » ; il lui faut des armes plus précises. Son désir est de publier un autre commerce épistolaire qui soit la réplique du premier; et ses amis, tels que Joli. Bernoulli, Hermann et Wolf, l'exhortent vivement à réaliser ce projet2. Il parle aussi d'une œuvre moins considérable, mais plus simple, qui serait une histoire du calcul différentiel; il opposerait ainsi les faits eux-mêmes à ce qui n'en est que l'odieuse parodie. Mais le premier de ces deux travaux était pratiquement impossible, vu que Leibniz n'avait pas sous la main tous les éléments voulus pour le mener à bonne fin; et le second ne put arriver à temps : la cause du fait, ce furent encore les fameuses « distractions ». La seule défense que l'on vit paraître, ce fut Y apologie anonyme de Joh. Bernoulli3.

Mais il est temps d'en finir avec ce débat. A partir de l'apparition du Commerce épistolaire, ce n'est plus qu'un contlit de passions irréductibles, où l'amour de la vérité scientifique n'a plus de profit à chercher4. Essayons donc dès à présent, et avec les documents déjà mentionnés, de définir ce qui revient à Newton dans la découverte du triangle infinitésimal.

Leibniz et Newton ont découvert l'un et l'autre le triangle infinitésimal : cette invention leur est commune et ne laisse pas cependant d'appartenir tout entière à chacun d'eux. De leur temps, l'idée du triangle infinitésimal était dans l'air;

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