‹ LeibnizChapitre 130 sur 310 · Ibid., III · texte numérisé non relu

Ibid., III

4. Consulter sur ce poiut J.-B. Biot et F. Lefort, édition du Commercium epistolicum, Paris, 1856; Montucla, loc. cit., p. 376-387; Ferdinand Hoefer, Histoire des mathématiques, p. 495-502, 1874, Paris.

l'attention des savants convergeait alors vers les questions qui devaient la faire surgir : on parlait à chaque instant de ce genre de problèmes. On eu discutait avec passion1 : c'est dans le génie de Leibniz et celui de Newton que l'éclair a jailli pour la première fois, et cela sans qu'ils se soient communiqué formellement leur découverte.

C'est d'ailleurs sous deux modes très divers qu'ils ont conçu le triangle infini tésim al. Leibniz se fonde sur sa métaphysique, tandis que Newton ne s'inspire que de l'expérience 2. Leibniz part de l'idée de nombre ; son triangle est d'ordre statique. Newton, au contraire, part de l'idée de mouvement; c'est par voie de glissement que s'obtient son triangle : il est d'ordre essentiellement dynamique.

Les deux inventeurs diffèrent aussi par la notation qu'ils emploient. Leibniz se sert des lettres x, y, dx, dy, comme on l'a déjà vu. Newton représente les quantités variables ou fluentes par les lettres u, x, y, z, et leurs accroissements par les mêmes lettres surmontées d'un point : û, x, y, z.

Wallis diminuait donc outre mesure la part de Leibniz, lorsqu'il avançait qu'entre les deux méthodes il n'y avait qu'une différence de signes ; il ne tenait pas compte de la diversité du processus intellectuel dont le mathématicien allemand s'était servi pour faire sa conquête2

Leibniz a d'autres adversaires qu'Isaac Newton et de moindre allure : le Hollandais Neuwentiit, l'abbé Catelan, Cartésien irréductible, Tschirnhaus qui ergote sans cesse sur la nature et la valeur de son calcul. Mais la méthode nouvelle n'en va pas moins se propageant toujours et par la force des choses : elle s'acquiert des partisans parmi les plus illustres et se prouve à la lumière des applications que l'on en fait. Joh. Bernoulli « parle de Leibniz à tous ceux qu'il rencontre » : il n'omet aucune occasion d'exposer ses admi-

Page 1