Gerh., VI, 127, 216-217, 239, 496; — Erd., 711» (Monad
ment une trinité. Le mouvement n'en est pas. Et l'on peut s'en étonner, du moins au premier abord; vu qu'il ne peut avoir sa cause que dans la force, qui reste éternellement identique à elle-même. N'y a-t-il pas là un scandale de la raison, et commis par le plus confiant des rationalistes? Pour le savoir au juste, regardons encore de plus près à la pensée de Leibniz; tenons compte des explications, parfois un peu subtiles, qu'il en a données.
On peut dire qu'il y a toujours dans le monde la même quantité de mouvement uniforme, comme le veut d'ailleurs la formule MV. Mais il faut raisonner d'une autre façon lorsqu'il s'agit du mouvement progressif ou violent. Car, comme on l'a vu par la démonstration reproduite un peu plus haut, la permanence de la même quantité de mouvement implique un accroissement de force; et cela ne peut être. Comment faut-il donc entendre ces choses-là? Ces variations quantitatives du mouvement progressif ne sont pas une dérogation à l'infrangible proportionnalité qui rattache toute cause à son effet. La force est constante ; son « action formelle » l'est également. Mais, suivant qu'on l'a fait observer déjà, elle se traduit dans le mobile par des impulsions successives qui durent assez pour s'ajouter les unes aux autres et produisent sans cesse un surplus de mouvement. Il se fait dans ce cas quelque chose d'analogue à ce qui se passe pour nos yeux, lorsque nous regardons tourner la roue d'une horloge : ses rayons se mêlent et ne forment plus qu'une seule traînée de lumière.
Mais ce surplus de mouvement lui-même n'accuse-t-il pas un accroissement, sinon de la force, du moins de son « action motrice »? Nullement, d'après l'auteur. Rien n'empêche que, sous les variations du mouvement, la force ne conserve la même « action formelle » ou tension. Il n'y a du plus et du moins que dans « l'effet » produit1.
D'ailleurs, ajoute Leibniz, cette interprétation ne vise que la philosophie vulgaire , celle qui se borne aux apparences. En réalité, il faut penser ici à quelque cho^e d'absolument