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SCIENCES

différent de ce que l'on croit en général. La question de savoir s'il y a toujours dans le monde un total identique de mouvement ne se pose même pas, et parce que le mouvement n'existe jamais que dans et par notre esprit. Il ressemble au temps dont il n'est d'ailleurs qu'uu aspect : l'avenir ne lui appartient pas encore; il s'abime dans le passé à mesure qu'il s'efforce d'être; il n'est jamais en luimême qu'une limite indivisible, qui de ce chef ne présente aucune trace de quantité. Il est vrai que Ton s'en forme une certaine notion. Mais c'est grâce seulement à la mémoire dont l'œuvre est de transformer en éléments statiques ce qui de sa nature s'écoule sans cesse comme les rivières. Le mouvement ne peut être qu'une apparence; et donc on est victime d'une illusion, quand on cherche quelle somme il s'en produit dans les choses : autant vaudrait demander l'âge d'un enfant qui n'est pas encore né1.

La force graduée et différenciée à l'infini : voilà ce que l'on trouve partout sous la trame des phénomènes terrestres. On aboutit à la même conclusion, si l'on essaie d'expliquer la marche des astres; et de là sortiront de nouvelles lumières, non seulement sur la nature de la matière céleste, mais aussi sur celle des corps qui nous environnent.

Imaginez une nappe d'éther infinie dans les trois sens, absolument homogène, partout impondérable et partout également lumineuse; représentez-vous en même temps que les éléments qui la composent sont à la fois élastiques comme des ressorts et contigus les tins aux autres2.

Qu'un tourbillon vienne à se produire dans cet océan d'uniformité; et l'on en verra sortir des mondes3.

Suivons, en effet, la série des changements que doit produire la chiquenaude initiale.

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