Gerh., VI, 25-26, 88, 164-t
2. Leibniz, dans sa première rédaction qui contient la Théorie du mouvement concret, suppose l'existence du soleil et delà terre (Gerh., VI, 20). Mais cette hypothèse n'est pas nécessaire à son explication, comme il le déclare d'ailleurs à la page 22e 'du même traité [Prop. 7). En réalité, son système n'a pas besoin de cette double supposition; il la dépasse. Il s'applique également, si, remontant jusqu'à l'origine, on ne fait plus appel qu'à l'idée d'une masse d'éther homogène et en mouvement. Et c'est bien cette interprétation intégrale que Leibniz veut faire triompher. La chose ne soutire pas de doute.
leirniz. 11
gagner en épaisseur1. Cette loi de pétrissement n'est pas propre d'ailleurs à la formation de notre globe ; on peut l'étendre à toutes les planètes.
La gravitation et la pesanteur sont deux aspects d'un même fait, qui a sa cause dans le mouvement en retour des bulles éthérées.
Les planètes devraient d'elles-mêmes s'enfuir par la tangente2. D'où vient donc qu'elles se mettent à tourner? Il faut de rigueur qu'elles rencontrent quelque obstacle, à leur exode delà masse en rotation qui les projette; il faut qu'il y ait des tourbillons ambiants contre lesquels leur élasticité les fait réagir et qui en changent la direction. Analysée jusqu'au bout, la gravitation apparaît comme un phénomène de refoulement3.
Il en est de même pour la pesanteur. A quoi tient, par exemple, que les corps plus lourds que l'air retombent vers la terre? C'est qu'il existe autour de notre planète, comme autour des autres, une bordure d'éther qui se fait de plus en plus dense à mesure que l'on s'éloigne de son centre. Vu cette différenciation du milieu, une masse incalculable de bulles d'éther prend une marche opposée à celle qu'on y voyait d'abord, et pousse dans son sens les objets qui se trouvent sur sa route. Le repos ne s'établit que lorsque la force centripète est devenue égale à la force centrifuge4.
L'observation elle-même nous donne quelque idée de ce fait. Soit un tube très long et de matière transparente. Supposez qu'on le remplisse de mercure en y glissant un petit globe de verre, qu'on le ferme ensuite aux deux bouts et qu'après l'avoir fixé sur un axe par l'une de ses extrémités, on lui imprime un mouvement horizontal et de vitesse croissante. A un moment donné, on verra le petit globe de verre se diriger vers l'extrémité fixe et s'en approcher de plus en plus. « L'expérience réussit encore, lorsqu'on incline un peu