‹ LeibnizChapitre 156 sur 310 · Jbid., VI · texte numérisé non relu

Jbid., VI

3. Ibid., VI, 95 : « Cartesii scripta vestibulum appellare soleo philosophie verae ».

4. Leibniz avait d'abord admis le vide comme une condition du mouvement.

l'on n'y saurait contredire. Mais il n'a point donné la véritable raison où se fonde cette assertion. 11 ne le pouvait d'ailleurs clans son système où l'agencement de figures différentes, lisses ou crochues, est toujours de nature à laisser des interstices1. Il est vrai que Descartes concevait les corps comme baignant dans un espace à la fois indestructible et continu; mais.il n'y a là qu'une illusion de géomètre qui se dissipe très vite sous le regard de la réflexion. Pour expliquer l'impossibilité du vide, il fallait introduire l'élasticité dans les éléments matériels et se les représenter comme se substituant les uns aux autres d'après la loi d'équilibre.

Descartes a soutenu qu'il existe des tourbillons dans la matière. C'est une troisième affirmation qu'il faut admettre, comme les deux autres; mais, à supposer que ces tourbillons se puissent produire d'après son hypothèse de l'inertie, reste encore qu'il n'en explique pas la nature. Imaginez, par exemple, que deux corps égaux et de vitesse inégale se rencontrent l'un l'autre; d'après Descartes, ils se mettent à marcher de compagnie; et diminuez autant qu'il vous plaira leur différence de rapidité, vous aurez toujours le même effet. Mais, si vous allez jusqu'à l'égalité elle-même, brusquement les deux corps vont a réfléchir » et chacun d'eux avec sa vitesse propre. Évidemment, ce passage subit d'un extrême à l'autre n'est pas conforme à la nature où tout se fait par degrés insensibles ; il postule une série incalculable d'intermédiaires qui l'ont préparé. Et cette série elle-même ne peut se produire qu'à une condition : c'est qu'il existe dans les éléments matériels une certaine élasticité, variable à l'infini. Les tourbillons, qui supposent une action mutuelle des corps, doivent donc avoir une souplesse dont le mécanisme brutal est incapable de rendre compte 2.

D'après Descartes, il y a toujours une certaine « fermeté »

Voir Gerh., VI, 73 (Théo?', du mouv. abstr., Prop. 22), 48 {Théorie du mouvement concret, Prop. 56). Dans sa Rép. à H. Fabre, il admet au contraire que « le monde est plein ». Voir Gerh., VI, 84; Cout., Op., 618, 623 (Pacid., 1676); Gerh., VI, 86, Prop. 1 (1676). Et, à partir de ce moment, Leibniz ne change plus d'avis.

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