‹ LeibnizChapitre 158 sur 310 · Ibid., VI · texte numérisé non relu

Ibid., VI

leur degré de tension naturelle un moment violentée 1 ?

De quelque côté qu'on s'y prenne, la conclusion reste la même : c'est que Ton peut partir de Descartes, mais qu'il faut en sortir. Tout est compromis par quelque endroit, quand on ne met à l'origine que des figures et du mouvement ; tout s'illumine au contraire, dès qu'on introduit l'idée d'énergie et celle de continuité.

On voit par cette conception dynamique du monde comment Leibniz invente dans le domaine des sciences. Il part de la métaphysique : il prend pour base d'élan l'idée d'infini, la loi de continuité et celle du plus simple, qui sont comme autant de rayonnements de la perfection divine telle qu'il la comprend. Et, quand de ces sommets de la pensée il faut descendre aux détails de la nature, son intelligence suit, selon les cas, deux voies différentes et même opposées. D'abord, il déduit autant qu'il peut. C'est ainsi, par exemple, qu'il arrive à découvrir l'idée fondamentale de son calcul différentiel, qui n'est qu'un aspect de la loi de continuité. Quand la déduction n'y va plus, il se rabat sur l'expérience, mais pour déduire encore et cette fois sur ses données. C'est de cette façon qu'il démontre l'existence de la force et détermine les rapports qu'elle soutient avec le mouvement. Raison et observation : ce sont là comme deux phares qui mêlent sans cesse leur lumière et la fortifient du même coup2.

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