‹ LeibnizChapitre 162 sur 310 · Gerh., Phil., I, 171-172; Cf. Ibid · texte numérisé non relu

Gerh., Phil., I, 171-172; Cf. Ibid

MATIÈRE ET PEXSÉE.

déjà fait connaître à l'Académie Royale de Londres !.

Qu'y avait-il donc dans ce traité ? A peu près tous les principes du Monadologisme.

L'étendue ne suffît pas à rendre compte de la nature des corps; il y faut ajouter un « effort », une tendance à l'acte « qui a toujours quelque succès ». Le fond de l'être est la force?

L'étendue suffît encore moins à rendre compte de l'activité mentale. Comme l'a très bien vu Platon, il n'y a rien de fixe dans le corps : il est toujours en mouvement ; son essence est de Devenir. Par suite, les phénomènes d'extension ne peuvent expliquer ni la mémoire, ni même une connaissance quelconque, si fugitive qu'on la suppose; car toute perception exige un « arrêt » : c'est encore ce que Platon a très fortement mis en lumière, particulièrement dans son Théétète. La pensée implique quelque chose de plus que du « momentané » ; il y faut du « permanent », et par là même de l'hypermatériel3.

Les parties du continu sont actuellement divisées et numériquement infinies : l'indéfini de Descartes n'est qu'un être déraison; il n'existe pas dans les choses4. Et le corollaire immédiat de cette proposition, c'est que chaque fragment de la matière contient lui-même un nombre infini de parties infiniment variées, c'est que chaque atome est encore un monde. Cette vérité trouve d'ailleurs sa confirmation dans les expériences micrographiques de Kircher et de Hooke5.

Il y a une nature, c'est-à-dire un système de causes secondes dont le trait distinctif est l'activité. Dieu n'est pas comme un horloger qui passerait son temps à mouvoir luimême les aiguilles de son horloge : sa machine marche toute seule6.

Cette nature n'est pas exclusivement soumise aux prin-

U Gerh., Math., I, 17; Cf. Ibid., 17-19.

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