Ibid
6. Supposée par tout le traité De motu, celte idée est explicitement formulée dans la lettre à Jac. Thomasius du 19-29 déc. 1670 (Gerh., Phil., I, 33). C'est déjà comme une réfutation anticipée de l'occasionalisme.
cipes de la nécessité géométrique. Elle contient des marques indéniables de contingence : telles sont l'origine, l'intensité et la direction du mouvement 1 ; telles sont peut-être aussi la loi de la réflexion et celle de la réfraction. Pourquoi les rayons d'incidence ne dévieraient-ils pas sous mode d'arcs imperceptibles, dont la courbe échapperait à la grossièreté nos sens2?
S'il existe de la contingence dans la nature, la finalité y pénètre du même coup3, contrairement à la philosophie de Descartes; et de là toute une série d'idées lumineuses qui sont plantées comme des phares sur les cimes de la pensée. Ce qui domine la marche des choses, c'est le principe du meilleur; c'est par là même la loi de continuité, qui veut que tout se transforme par degrés insensibles4; c'est également la loi d'économie ou du plus simple, d'après laquelle on obtient le maximum d'effets par le minimum de dépense5.
C'est donc approximativement du mois de mai 1669 à la fin de 1670 que Leibniz a jeté les bases de sa métaphysique, celle qu'il défendra jusqu'au bout. Il ne lui a fallu qu'un an et demi pour rédiger sa « nouvelle hypothèse », si large et si puissamment personnelle. Encore était-il sans cesse arrêté, durant ce court intervalle, par l'obligation d'étudier une série intarissable de questions politico-religieuses ou simplement juridiques. Évidemment, ce prodigieux ensemble de « fulgurations » ne s'explique pas, si l'on ne remonte plus haut; les nuages se chargent dans l'ombre avant de produire des éclairs. La question des origines du Monadisme est amorcée; elle n'est pas tranchée.
1. Également impliquée dans le De motu, cette remarque pénétrante est nettement formulée dans la Confessio naturx contra Atheistas qui parut en 1668 (Erd., 45a-47b).