‹ LeibnizChapitre 169 sur 310 · Erd., 145a [fond] [L. ad Sturm · texte numérisé non relu

Erd., 145a [fond] [L. ad Sturm

2. Gerh., Phil., Vil, 265 (mai 1677) : quod vero hoc modo per machinant non poterit explicari, id ad cujusdam rei percipientis actionem erit référendum ; Ibid., 280,343-344; — Eud., 123a (1695); Jbid., 124b (Système nouveau, 1695)-r Ibid., 702a [L. àRemond de Montmort, 10 janv. 1714). Cf. plus haut, p. 167, Référ. 1-2.

3. Gerh.. Math., VJ, 57-58; — Gerh., Phil., I, 79 {L. à Arnauld, 1671).

MATIÈRE ET PENSÉE

chez Thomas Hobbes1. Mais ce genre de raisonnement est encore vague. Jeune encore, Leibniz a lu Galilée 2; et c'est de là que jaillit l'éclair décisif, la notion qui le dirigera dans ses analyses ultérieures du mouvement. Galilée, en effet, n'a-t-il pas vu qu'il faut recourir à l'idée de force pour expliquer « l'expérience des deux tables polies»3? bien plus, n'a-t-il pas découvert « la force vive » dans l'accélération que subissent les corps au cours de leur chute4?

On serait tenté de croire au premier abord que l'idée de force vient peut-être aussi du Traité théologico-politique , publié par B. Spinoza en 1670. Mais cette supposition ne résiste pas à l'examen. Le lï avril 1671, « L'hypothèse physique » est déjà imprimée ; et Leibniz vient d'en envoyer un exemplaire à Oldenburg5. Or le 12 avril de la même année, il ne possède encore aucun exemplaire du nouvel ouvrage du philosophe juif6. Il est vrai que le 23 décembre 1670, il apprend par Jac. Thomasius l'existence du fameux traité sous l'indication de son sous-titre : Liberté de philosopher1. Mais cette information était bien implicite ; de plus, elle arrivait également trop tard pour que Leibniz pût y puiser son idée de fond, celle qui fait comme l'àme de la « théorie du mouvement ». D'ailleurs, l'idée de tendance ou de force n'apparaît qu'à l'état latent très implicite dans l'œuvre de Spinoza dont il est question. On l'y sent, et comme un levier invisible qui meut tout le reste; on ne l'y surprend pas8. L'influence de « l'excommunié delà synagogue » sur le philosophe de Hanovre sera profonde et comme écrasante. A l'époque où nous sommes, elle n'a pas encore commencé.

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