Ibid., 34-39; Cf. Ibid
S. Bened. de Spinoza opéra..., I, 347-396, éd. Van Vloten..., la Haye, 1890.
Inutile de chercher où Leibniz a puisé l'idée du meilleur, celles de contingence et de finalité. Elles lui sont venues tout droit du cœur même de la tradition, principalement d'Aristote et de Platon, ces deux génies qui dominent toute la pensée humaine. Il croit dès l'origine à cette trinité de concepts. Elle fait déjà le fond delà Confessio naturœ{. Elle n'apparaît pas formellement dans La cambinatoire; maison y sent partout son invisible présence2. Et l'on en peut dire autant même de sa thèse sur Le principe d'invidnation^. Leibniz a toujours pensé qu'il faut placer au fond des choses un esprit libre et qui veut le bien.
Mais d'où vient cette tendance perpétuelle à tout immatérialiser dont j'ai déjà parlé? à Platon principalement, à « l'admirable Platon ». Leibniz en a déjà lu quelque chose dans la bibliothèque de son père4; plus tard, il médite longuement sur ses œuvres et va même jusqu'à faire un abrégé du Phédon et du Théétète, afin de se mieux pénétrer du sens et de la profondeur de sa doctrine5. Pourquoi cette admiration Si souvent exprimée? Pourquoi cette préférence du fondateur de l'Académie au maitre du Lycée? C'est que Platon a rendu à l'esprit son primat naturel; c'est qu'il nous a ramenés des sens à la pensée6. A Platon revient l'honneur d'avoir vu que la matière est un devenir incessant, qu'elle n'est jamais, et que, par suite, il faut la bannir du domaine de l'être7 pour la faire descendre dans la catégorie de la phénoménalité8. A Platon revient l'honneur d'avoir compris que l'àme seule peut être une substance et que, dans l'âme elle-même, ce qu'il y a de plus réel, ce n'est pas nous, mais l'intelligible qui est en nous et qui contient au