‹ LeibnizChapitre 17 sur 310 · Bar., Leib., 24, noie 4 (Corresp. avec Knafft · texte numérisé non relu

Bar., Leib., 24, noie 4 (Corresp. avec Knafft

4. Ibid., 25, note 1 (Lettre àla Comtesse de Kielmanssegge); Klopp, IN, 229 (L. à Habbeus, avr. 1673).

5. V. plus bas, p. 179-180, la liste des produclions mathématiques données par Leibniz à cette époque.

volonté présente, est utile pour notre bien temporel comme pour notre bien éternel ; et préserve-nous de tout mal1. »

Grande fut la surprise de cette société dont la doctrine consistait à restreindre les largesses de Dieu. Mais Leibniz parlait du fond de son âme : il traduisait en quelques mots cette « religion de l'amour » pour laquelle les cloisons liturgiques et les barrières dogmatiques ne comptent pas, qui devait, à son sens, grouper un jour tous les hommes et dont rétablissement faisait le but perpétuel de ses pensées.

Aussi peut-on voir qu'il ne se laisse entièrement détourner de la philosophie ni par l'intensité de ses études mathématiques ni par les paperasses sans nombre dont l'accable le baron de Boinebourg. Non content de discuter de métaphysique avec le P. Malebranche, il lui écrit pour préciser les difficultés que la conversation a fait naître 2. Il trouve le temps de composer un « dialogue en latin sur la liberté » « qu'il fait voir à Mons. Arnauld 3 ». On le presse de toutes parts de donner ses « éléments de philosophie » ; et il aspire au moment où les circonstances lui permettront de penser d'une manière plus continue à cette œuvre qu'il tient pour capitale4. En revenant de Londres en Hollande vers la fin de l'année 1676, il compose sur le bateau son « Pacidius Philalethi », qui contient à peu près tous les principes de sa philosophie ; et l'on a trouvé des fragments de la même époque qui gravitent autour de cette œuvre comme centre5. A la doctrine qu'il voulait implanter, Leibniz travaillait toujours et partout. Aussi se garde-t-il bien d'aller tout droit, comme une flèche, s'enfoncer dans la solitude de Hanovre. L'occasion se présente de voir Spinoza ; il ne manque pas d'en profiter, pour mettre ses méditations métaphysiques à l'épreuve d'une intelligence si puissante et si exercée. On parle de politique, dans cette entrevue ; on y parle de sciences, mais ce ne sont là que des entrées en matière. On

i. Gùrh., I, 118.

% Gerh., PhiL, 1,321 (L. à Malebranche, 1674 ou 1675).

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