‹ LeibnizChapitre 18 sur 310 · V. plus bas, p · texte numérisé non relu

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ne tarde pas d'en venir au sujet principal, qui est la philosophie. Leibniz essaie de montrer à Spinoza qu'il ne suffit pas d'affirmer l'existence de l'Infini, mais qu'auparavant il faut démontrer que le concept qui en est donné n'enveloppe aucune contradiction. Nier l'Infini! Mais c'est « absurde », disait le penseur Juif. Le jeune savant essaie de faire voir que cette conclusion est trop hâtive1.

On a des preuves plus directes et plus formelles encore de la pensée de fond qui dirigeait Leibniz dans ses recherches scientifiques. A cet égard, il s'est prononcé lui-même à plusieurs reprises.

Dans un fragment dont la date précise n'est pas donnée, Leibniz dit avoir fait « connaissance avec une personne de la religion, dont le mérite estait reconnu généralement ». Il n'y a dans ce récit qu'une fiction : cette « personne de la religion », c'est Leibniz lui-même. Or voici l'une des réponses qu'il obtient de cette sorte de sosie imaginaire. « Je le surpris un jour, dit Leibniz, en lisant des livres de controverse, je luy tesmoignay mon estonnement, car on me l'avait fait passer pour un mathématicien de profession, parce qu'il n'avait presque fait autre chose à Paris. Ce fut alors qu'il me dit qu'on se trompait fort, qu'il avait bien d'autres veues, et que ses méditations principales estaient sur la théologie, qu'il s'estait appliqué aux mathématiques comme à la scholastique, c'est-à-dire seulement pour la perfection de son esprit, et pour apprendre l'art d'inventer et de desmontrer, qu'il croyait d'y estre allé à présent aussi loin qu'aucun autre2 ».

On retrouve la même idée dans une lettre au duc Jean Frédéric où il s'agit d'un projet d'accord que les protestants pourraient soumettre aux catholiques, en vue d'obtenir la réunion. « Je veux... donner auparavant au public mes découvertes dans l'analyse, dans la géométrie et dans les mécaniques, et j ose dire d'en avoir qui ne doivent pas céder à celles que nous ont données Galilei et Des Cartes. Et par là on jugera si je sçay ce que c'est que d'inventer et de demons-

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