Gerh., Phil., I, 67 (L. à Jean Frédéric
6. En 1674 paraissent Generalia geometrica... (L. Cout., Op., 144). Viennent ensuite le 7 sept, de la même année : Schediasma de arte inveniendi theoremata{Ibid., 170); le 10 sept, de la même année : Methodus gêner alissimasolvendi problemata numerorum in integris (Ibid., 577); initiosept. de la même année : Schediasmata de xquationibus numericis affeclis... yîbid., 578); déc. 1674 : Constructor {Ibid., 571); janv. 1675 : De examine per novenarium incalculo
vres de Pascal, en suivant les travaux d'Hugens, il éprouve une sorte de griserie, et d'autant plus naturelle qu'il a toujours considéré les mathématiques comme le vrai type de la « combinatoire » et par là même de « l'art d'inventer ».
Cependant, Leibniz n'est pas homme à s'engloutir dans une spécialité. Tout en étudiant les mathématiques avec une ardeur incroyable, il ne perd pas de vue un projet à la fois plus vaste et plus profond, qui est de donner une métaphysique religieuse. 11 aspire au moment où les circonstances lui permettront de retenir à ses « éléments de philosophie », cette œuvre qu'on lui demande de tous côtés et qui lui parait capitale 1 ; il trouve même le temps d'écrire « un dialogue en latin sur la liberté » « qu'il fait voir à Mons. Arnaud » 2. Le problème religieux ! Pascal ne lui a donné que quelques années de sa vie ; Leibniz y a pensé toujours : et même dans les occupations qui ont semblé l'en écarter le plus, il a toujours espéré que Dieu « lui donnerait assez de loisir et de liberté d'esprit... pour contribuer à la piété et à l'instruction publique sur la matière la plus importante de toutes3 ».
Aussi, à mesure que Leibniz peut reprendre haleine, on le voit revenir aux principes de « L'hypothèse physique », dont il lui tarde de pousser l'analyse plus avant.
analytico; le 3 janvier 1676 : Linea infinita et immobilis (Ibid., 149); le 7 janv. 1676. Ouverture nouvelle des nombres multiples... (Ibid., 587); 7 janv. 1676 : Sur le calcul des partis (Ibid., 575); janv. lt"76 : De Numéro Jactuum in tesseris (Ibid., 575); février 1676. Triangulum Harmonicum (Ibid., 589) : 1er avril 1676 : Invenire très numéros... (Ibid., 577); mai 1676 : Méthodus physica. Caracteristica... (Ibid.y 92) ; 28 juin 1676 : Sur le calcul des aires (Ibid., 628); 1er août 1676. Collactanea de invenrione [Ibid., 182).
Ajoutez que nombre d'autres fragments, bien que non datés, se rapportent manifestement à la même période; ajoutez surtout que Leib. travaillait alors avec une singulière intensité à la découverte de son calcul infinitésimal et problèmes adjacents.
1. Gerh., Phil., I, 67. Cet ouvrage n'a d'ailleurs pas été terminé; Leib. n'en a donné que « des pièces détachées » (Gerh., Phil., III, 321 : L. à Burnett, 30 oct. 1710).
2. Ibid., I, 353. Peut-être d'ailleurs, ce traité doit-il être distingué dudialomie a sur la cause du mal et sur la justice de Dieu », également « fait en latin » et à la même époque, 1673, également communiqué à Antoine Arnauld (V. Eru., 476b); et notre thèse s'en trouverait fortifiée.
3. Gerh., Phil., III, 195-197 (L. à Burnett, 2/12 févr. 1697).
MATIÈRE ET PENSÉE
En 1G7G, et peut-être avant de quitter Londres, il affirme déjà « que l'âme perçoit à chaque instant tout ce qui se passe dans l'univers », qu'elle en est le miroir vivant et conscient. Il ajoute que nos idées confuses, telles que celles des couleurs, des saveurs, de l'étendue et du mouvement, tiennent à l'infinie variété du spectacle qui nous est donné : ce qui revient à leur conférer un caractère purement phénoménal *.
Dans le même fragment, Leibniz s'efforce encore de défendre le vide et les atomes, sur lesquels il a pourtant jeté la suspicion en certains passages de son « Hypothèse » 2. Et le procédé qu'il emploie à cette fin est assez curieux. S'inspirant de son calcul infinitésimal, il soutient que les atomes ne peuvent être que sphériques ; car c'est sous cette forme seulement qu'en diminuant de grandeur à l'infini, ces éléments insécables laissent le moins d'intervalle autour d'eux à travers les tourbillons du mouvement3.
Mais on sent, par l'idée qui la commande, que cette position a quelque chose de provisoire; et, de fait, Leibniz ne t irde pas d'en sortir. Au mois d'octobre de la même année, il revient d'Angleterre en Hollande; il écrit sur le bateau son « Pacidius Philalethi ». Or, dans ce dialogue, la croyance au vide et aux atomes a complètement disparu4. La doctrine qu'y soutient l'auteur, et avec un superbe élan de triomphe , c'est qu'il n'y a pas de « points morts » dans la nature, c'est qu'on n'y trouve rien ni « de stérile » ni « d'inutile », c'est que la vie se répand partout et sans rupture de continuité, uniforme dans le fond et variée à