Ibid., 131-132; Cf. Erd., 70-80 (Med
2. Gerh., Phil., ï, 131, 139; — Cf. F. Car., 24-26, 30, 36-42 (Répit, inéd. de Spinoza par Leib., parue entre 1706 et 1710, suivant l'argumentation de Fou- CilER de Careil).
3. Gerh., Phil., 1, 141 ad 3, (Remarques de Leib. sur la doctrine de Spinoza) : « Quœ res nihil commune inter se habent, harum una allerius causa esse non potest, per axiorn. 5. 4. » Voilà l'une des affirmations de Spinoza sur la causalité.
4. Gerh., Phil.,\, 146 (Remarques de Leib...) : « Dei intelleclum eliam in essenlia a nostro intellectu ait differre, nec nisi aequivoce tribui posse utrique noinen intellectus, quemadmodum canis signurn cœleste et canis animal latrans. Causatum differt a sua causa in eo quod a causa habet. » Et voilà l'autre affirmation, qui est la contradictoire de la précédente.
5. Gerh., Phil., I, 148-149; Erd., 557il-» (1710); Est., 43-44 (Disc, de Met. 1685).
6. GKT\u.,3Ialh.,lY, 461 (L. à Tschirnhaus 1678); Gerh., Phil., 1. 150-152, (Remarques de Leib..);— Colt., 344; — End., 185" (1702);— F. Car., 46, 56, 64 (Ré fut...).
MATIÈRE ET PENSÉE
qui s'affirme au premier rang dans chacun de nos états de conscience ? Était-il donc nécessaire d'accumuler tant d'équivoques et d'erreurs pour créer un système qui détruit la moralité par sa base1?
La réponse de Spinoza n'est pas bonne ; et celle du Père Malebranche, à la prendre au pied de la lettre, ne paraît pas beaucoup meilleure. Si mystique qu'il soit et peut-être en vertu de son mysticisme, le saint religieux glisse, sans le savoir, dans cette doctrine « monstrueuse », « impie », à peine croyable-, qui fait du monde « une émanation nécessaire de la divinité »2. Pour lui, comme pour le solitaire de la Haye, il n'y a qu'une causalité, celle de Dieu. Les créatures n'agissent donc pas. Mais alors il faut dire aussi qu'elles n'existent pas; car l'essence de l'être est d'agir. Ou, si elles ont encore quelque existence, ce n'est qu'autant qu'elles participent en Dieu même à sa souveraine causalité, ce n'est qu'à titre de « modifications » de la substance divine. Nous voilà par suite en plein spinozisme : un tour de cheville, et l'on y est3. A cette conséquence théologique s'en ajoutent d'autres du même ordre et qui ne sont pas moins graves. D'après la doctrine de Malebranche, c'est Dieu lui-même « qui prend soin », et par une action directe, « de représenter continuellement à l'âme les changements qui se font dans son corps », et de modifier le corps d'après les changements qui se font dans l'âme. Quelle besogne singulière, quelle étonnante « obligation » pour un Dieu que l'on dit tout-puissant et dont la règle essentielle est de suivre la loi du plus simple! Que penserait-on d'un horloger dont les horloges ne pourraient marcher qu'à condition qu'il y « mit perpétuellement la main »4? Mais surtout, comment concilier la sainteté de Dieu avec un tel mode d'intervention? S'il est « le seul acteur » qui soit en nous, n'est-ce pas jusqu'à lui que remontent tous les crimes, au