‹ LeibnizChapitre 179 sur 310 · Gerh., Phil., I, 124, note 4 (Remarques · texte numérisé non relu

Gerh., Phil., I, 124, note 4 (Remarques

2. V. Malebr., Entretiens Métaph., 205-207, éd. J. Simon, Paris.

3. Erd.,160* (1699); 156b-157a (1698) ; 161a (1698); 460a (1709); 617" (1710).

4. Eri>., 151b (1698); Ibid., 460b (1709); — Gerh., Phil., I, 33 (L. à Jac. Thomas, 12/29 déc. 1670); Ibid., III, 346 {L. à Charlotte, 8 mai 1704).

même titre que toutes les bonnes actions1? Par suite, ne devient-il pas, d'une manière inattendue, le « monstre » dont parle Théodore dans les Entretiens métaphysiques, « un Dieu nécessairement haï, blasphémé, méprisé, ou du moins ignoré par la meilleure partie de ce qu'il est »; « un Dieu se punissant et se vengeant de soi-même » ; « un Être infiniment parfait, composé néanmoins de tous les désordres de l'univers » 2?

Considéré du point de vue scientifique, l'occasionalisme implique également « une conclusion » qui n'est pas convenable », qui parait même inadmissible, tant elle choque notre sens du réel ! Si cette théorie est vraie, le cours des phénomènes qui forment le monde devient une suite de « miracles ». Or c'est là une extrémité à laquelle on peut se voir acculé, mais où l'on ne saurait se maintenir. Il y a des lois naturelles : la chose ne souffre pas de doute. Il faut donc aussi qu'il y ait des agents naturels; il faut qu'entre la cause première et les faits ordinaires, s'interposent des causes secondes3. Les tenants de l'occasionalisme répondent, pour se défendre, qu'entre Dieu et les phénomènes, il y a des « loix générales qui sont ses propres décrets », et que c'est « par ces loix » qu'il agit. « Je l'accorde; mais, àmon avis, cela ne suffit pas pour leverles miracles. » « Il ne suffît pas de dire que Dieu a fait une loi générale ; car outre le décret, il faut encore un moyen naturel de l'exécuter. » Autrement, « c'est comme si quelqu'un disait que Dieu a ordonné à la Lune de décrire librement dans l'air, ou dans l'éther un cercle à l'entour du globe de la terre, sans qu'il y ait ni Ange, ni intelligence qui la gouverne, ni orbe solide qui la porte, ni tourbillon ou orbe liquide qui l'entraine, ni pesanteur, magnétisme, ou autre cause explicable mechaniquement, qui l'empêche de s'éloigner de la terre, et de s'en aller par la tangente du cercle » 4.

1. Erd., 460" (1709); 152a-b (1698) ; 155b-156a (1698); — Gerh., Phil., IV, 533 (1702); — Erd., 607a-b (1710).

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