Erd., 124b (Syst. nouveau de la nature
6. P. Jan., 619, 630, 639, 654; — Erd., 276a (N. Essais). — Consulter aussi
MATIÈRE ET PENSÉE. 195
En quoi consistent au juste ces principes indivisibles? Quelle est la nature de ces « points métaphysiques » qui constituent les éléments des choses et qui seuls méritent le nom de substance ? Sont-ils inertes, comme l'a pensé Descartes ? En aucune manière ; et c'est là que réside la seconde erreur du mécanisme géométrique.
On a déjà vu plus haut que les lois du mouvement impliquent la force ; et que cette force n'est pas eu puissance, mais à l'état de tension. La même conclusioD, comme on l'a fait également remarquer, avait d'ailleurs son amorce dans les données de l'expérience vulgaire. Les blocs énormes qui couronnent les Pyramides tombent d'eux-mêmes, dès qu'on enlève la base qui les soutient; un arc tendu part tout seul, lorsqu'on en délivre la corde; et nous avons dans notre organisme une multitude indéfinie de « ressorts » qui se débandent à chaque instant, sans que nous l'ayons voulu et même à l'encontre de notre vouloir. Les faits les plus connus suffisent à nous le révéler : l'être est tendance à l'action, l'être est effort l.
Mais cette vérité fondamentale prend, à la lumière de la métaphysique, une rigueur et une clarté nouvelles.
La conservation n'est qu'une création continuée; par suite, l'une a toujours et nécessairement les mêmes effets que l'autre. Or Dieu ne crée pas « des universels logiques »; il ne crée pas des abstractions, « comme le temps, l'espace et les autres êtres des mathématiques » : car une opération de ce genre est chose impossible. Quand Dieu produit une créature, il lui donne, en même temps que « sa substance et ses facultés » , les déterminations qui leur conviennent : il la fait à l'état « d'être complet », il la fait agissante. Et c'est là un point que Malebranche a fort bien mis en lumière2. Pourquoi d'ailleurs y a-t-il des êtres créés? ils ne
les références des pages 193-194, qui sont données par ordre chronologique et qui dominent toute la question de la réduction du multiple au simple.