Gerh., PhiL, III, 588 (L. à Bourguet
5. De Vidée de la loi naturelle dans la science et la philosophie contemporaines, Paris, 1895.
lin1, À. Job dans son article sur la Chimie que contient l'ouvrage collectif intitulé De la méthode dans les sciences2. Je ne cite ici que quelques-uns de ceux qui ont porté leur attention de ce côté-là. Et, comme on vient de le voir, l'effort n'est pas tout à fait nouveau. Il y a de la contingence : telle était déjà la réplique qu'opposait Leibniz au grand solitaire de la Haye. C'est lui qui a été le premier à mettre l'accent sur ce trait distinctif de la mystérieuse nature; et avec quelle puissance il l'a fait!
Je reprends sa pensée pour exposer la conséquence qu'il en tire lui-même relativement à la liberté morale.
Hobbes et Spinoza n'ont fait qu'un mauvais rêve. Ce qui domine dans la nature, ce n'est pas la nécessité, c'est la contingence; et, derrière la contingence, la loi du meilleur. A la causalité il faut ajouter la finalité qui la complète, la couronne et l'explique. Ainsi les événements sont liés, il est vrai ; mais leur suite a toujours quelque chose de conditionnel; et il suffit, pour la modifier, que quelque cause adventice intervienne du dehors. Une horloge, quand elle est montée, ne peut marcher autrement qu'elle ne marche. Mais qu'on en retouche les rouages ou qu'on en change le balancier, qu'on apporte à son mécanisme une modification quelconque; et l'on obtiendra un mouvement nouveau. Voilà l'image de l'univers. Or, si telle est la flexibilité de l'être, il n'y a plus d'obstacle métaphysique à ce que l'âme humaine vienne de son chef changer le cours des événements; il s'ouvre devant elle un champ d'action, et qui est vaste : la liberté devient possible du côté de son objet.
D'autre part, elle l'est également du côté du sujet où elle trouve son principe d'inhérence : une simple analyse suffit à le faire toucher du doigt. Toute âme, quel que soit son degré de développement, a une suite de perceptions qui lui sont propres et qui naissent naturellement les unes des autres, « sans qu'elle ait besoin de recevoir aucune influence
1. Essai sur les éléments principaux de la représentation, p. 281 et sqq., F. Alcan, Paris, 1907; cf. p. 300.