‹ LeibnizChapitre 214 sur 310 · Ibid., 708", 47 (Monad · texte numérisé non relu

Ibid., 708", 47 (Monad

3. Ibid., 452b [Remarques sur le sent, du P. Malebr anche, 1708).

La création, pour Leibniz, ne cesse point avec la production même de l'être créé; elle dure autant que lui, et en vertu de son essentielle contingence. « La créature dépend continuellement de l'opération divine » ; et cette « dépendance est aussi grande dans la suite, que dans le commencement ». Elle porte que la créature « ne continuerait point d'exister, si Dieu ne continuait pas d'agir1 ». Leibniz veut seulement que l'on n'entende pas la création continuée à la manière de Descartes : il lui semble étrange que l'être contingent n'existe jamais, qu'il soit toujours naissant et toujours mourant2. D'après lui, l'opinion cartésienne est contraire à la notion de la monade. La monade n'est pas une pure puissance; comme on l'a vu plus haut, elle enveloppe toujours quelque effort : ce qui en fait le fond, c'est la tendance à persévérer dans l'être, et par là même à prendre une durée continue. Or Dieu ne défait pas d'une main ce qu'il a fait de l'autre : il adapte toujours son action aux conditions naturelles de ses propres œuvres3.

Si la conservation n'est qu'une création continuée, elle a nécessairement les mêmes effets qu'elle. Lorsque Dieu produit une chose, « il la produit comme un individu, et non pas comme un universel logique » : « il produit son essence avant ses accidents, sa nature avant ses opérations, suivant la priorité de leur nature » ; mais tout cela se fait « dans le même moment4 ». Voilà donc aussi ce qui a lieu par la suite pendant toute la durée de chaque être : substance, facultés, accidents et actions, tout est toujours également envahi, dominé et comme soutenu au-dessus du néant par le concours de Dieu : Dieu nous fait à chaque instant tels que nous sommes et avec toutes nos déterminations.

Comme effrayé d'une solution si grosse de conséquences et qui se trouve pourtant à l'état implicite dans saint Thomas d'Aquin, Leibniz s'empresse d'ajouter que, « si lacréa-

1. Ehd., 5l3a, 615" (Théod.); — P. Jan., 650 (Corresp. avec Arnauld) ; — F. Car., b, 150 Animadv.ad Weigel); — Gerh., Math., III, 943 (L. à J. Bern., 5 août 1715).

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