Gerh., Phil., III, 578 (L. à Bourguet, 5 aoust
2. Voici les principales références qui touchent à l'idée Leibnizienne du progrès : Cout., Op., 168-169 (De arte inveniendi, 1669); Ibid., 93-96 (Meth.physica..., mai 1676); Ibid., 153 (Préface à la Science générale, vers 677 ?); Ibid., 30-41 (Consilium de Encyclopœdia..., nov. 1672 à 1679); Ibid., 222-224 (Atlas univ.) ; Ibid., 160 (Meth. docendi); Ibid., 332-334 (Nouv. plan d'une science certaine); Ibid., 191-192 (Elem. veritatis xternœ);Ibid., 417, 420 (Préface à l'Encyclopédie); — Gerh., Ph.il., I, 174 (L. à Conring, vers 1677) : il faut élever la médecine de son état tout empirique à la dignité d'une science; Ibid., 185 (L. au même, sur la circulation du sang, 3 janv. 1678); — Cout., 224-229 (Nouv. ouvertures) : état des sciences au xvir3 siècle; Ibid., 335-346 (Elem. rationis, 1686); — Gerh., Math., VII, 16-17 (Inventorium Mathem., avant 1687 ?); — Erd., 165-171 (Préceptes pour avancer les sciences); Ibid., 172a- I73b (Discours touchant la méthode de la certitude); — Gerh., Phil., 111, 261- 262 (L. à Burnett, 1699J; Ibid., 350b (N. Essais) : Leib. insiste encore sur l'espoir qu'il a dans le progrès des sciences, particulièrement de la médecine; il suit en ce point la pensée de Descartes.
trise de soi dont Socrate a si bien parlé; et cette conquête capitale, elle a plusieurs manières de nous y conduire.
D'abord elle peut nous apprendre à faire de la richesse nationale une distribution plus équitable qui empêche la diffusion du luxe et de la misère ; et du même coup se trouvent supprimées deux sources de dépravation, celle de la séduction et celle du besoin, deux causes par conséquent qui contribuent l'une et l'autre à fortifier en nous l'anarchie des instincts. Mais il n'y a là que l'un des avantages que nous procure la science au point de vue moral ; et ce n'est ni le plus direct, ni le plus efficace. Pour mesurer toute l'influence qu'elle peut avoir sur la conduite humaine, il faut regarder aux conditions qui précèdent nos actes et les provoquent.
« D'avoir toujours les preuves présentes, s'écrie Pascal, c'est trop d'affaire. Il faut acquérir une créance plus facile, qui est celle de l'habitude, qui, sans violence, sans art, sans argument, nous fait croire les choses, et incline toutes nos puissances à cette croyance, en sorte que notre âme y tombe naturellement1. » Ces paroles, si pénétrantes et si dramatiques, ne traduisent pourtant qu'un aspect de la vérité, et parce qu'elles ne tiennent pas assez compte du rôle de l'esprit. L'action! oui, elle suffit en fait à produire des convictions; elle peut également fortifier celles que l'on possède déjà. Il ne faut cependant lui laisser en droit qu'une place secondaire. L'action ne porte pas en elle-même l'idéal où elle doit tendre; l'action n'enveloppe pas non plus les motifs pour lesquels il faut la choisir et qui la rendent légitime. L'action, par elle-même, ne sait ni où elle va ni pourquoi elle va. D'où lui viendra donc la lumière qui lui manque essentiellement? Sinon de cette faculté supérieure qui seule en nous peut s'élever jusqu'à la connaissance de l'ordre des choses et de leur valeur. Comment nous assurerons-nous que la machine est sur le vrai chemin et qu'elle n'en sort pas, si la science n'est là pour en diriger le mouvement?