‹ LeibnizChapitre 229 sur 310 · Ibid.y 257b, 259b · texte numérisé non relu

Ibid.y 257b, 259b

vertes non seulement dans les arts mais encore dans la philosophie et dans la médecine »... « c'est pourquoy, après les lumières que nous avons aujourd'hui, je crois [que], si un grand Monarque faisait faire quelque puissant effort, ou si un nombre considérable de particuliers capables mais dégagés d'autres considérations s'y prenaient comme il faut, nous pourrions faire de grands progrès en peu de temps, et gouster même le fruit de nos travaux, qui de la manière que nous nous y prenons apresent froide et languissante, sera réservé à la postérité1 ».

Mais, quoi qu'il en soit de l'état actuel, qui ne donne pas tout ce qu'on pourrait en attendre, le mouvement a pris cours et rien ne l'arrêtera pour de bon. <* II y aura un temps... où le public plus policé sera en état de donner plus d'encouragemeut à la recherche de la nature » ; et surtout « à l'avancement de la médecine2 » ; « il y aura un temps où les hommes, devenus plus sages, consacreront le surplus de leur richesse à l'accroissement de la vraie félicité 3 ». L'élan donné continuera, et parce qu'il a pour cause une sorte de prise de possession de la raison par elle-même qui ne s'était pas produite chez les anciens; bien plus, il ira provoquant en sa faveur un nombre toujours croissant de vocations scientifiques et de sympathies.

Il faudrait, pour en comprimer la puissance, une invasion « prompte et générale de toute l'Europe par des barbares » ou bien « quelque chose de semblable à ce tremblement et cette inondation, qui abima tout d'un coup la grande isle Atlantide dont parle Platon sur la foi des Égyptiens ». « Mais ce changement n'est guères vraisemblable » ; et se produirait-il, qu'il ne ferait que ralentir pour un temps la marche naturelle des idées; « vu la facilité admirable qu'il y a dans l'imprimerie de multiplier les livres » et de « conserver la plupart des connaissances qui s'y trouvent »4.

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