‹ LeibnizChapitre 23 sur 310 · Klopp, VII, 133-134 {Boss. à Leib., 22 aoust · texte numérisé non relu

Klopp, VII, 133-134 {Boss. à Leib., 22 aoust

doctrinal, vient sur le même plan que les autres assemblées générales de l'Église, qu'on n'a pas plus le droit de le discuter que Nicée ou Chalcédoine.

Telle est la solution de l'évêque de Meaux *. Elle n'est pas tortueuse, comme celle du philosophe diplomate; on n'y cherche pas non plus à concilier les contraires, sous prétexte qu'à la limite ils ne font qu'un. Bossuet la formule dès l'abord avec une imposante fermeté et la maintient jusqu'au bout sans y mêler aucune variante. Puis, lorsqu'il a vu pour de bon que ses adversaires n'ont aucune envie de s'y rendre, il s'enveloppe de son manteau et leur jette ces paroles tragiques : « Laissez-nous donc en place comme vous nous y avez trouvés, et ne forcez pas tout le monde à varier ni à mettre tout en dispute; laissez sur la terre quelques chrétiens qui ne rendent pas impossibles les décisions inviolables sur les questions de la foi, qui osent assurer la religion, et attendre de Jésus-Christ, selon sa parole, une assistance infaillible sur ces matières. C'est là l'unique espérance du christianisme2. »

C'en est fait de la réconciliation du protestantisme avec l'Église dite « catholique ».

Mais Leibniz n'abandonne pas son projet, qui est de faire de la chrétienté le noyau central et nourricier de l'humanité future. Il se rabat sur les églises protestantes qui de fait ont toujours eu ses préférences et s'efforce de les réunir. Il y a travaillé déjà, et même durant ses controverses avec Bossuet 3; cette œuvre sera désormais l'unique objet de ses efforts.

Puisque l'Église romaine rejette décidément le primat de la raison, puisqu'elle s'obstine à garder ses « pratiques ridicules », il n'y a qu'à la laisser s'enlizer de plus ne plus dans la mare des superstitions. Là n'est pas la lumière; là n'est pas l'espérance; là ne réside pas ce principe de progrès dans l'harmonie dont l'homme a besoin et qu'il appelle de

1. Ki.opp, VII. 134-137 (Boss. à Madame de Brinon, 29 sept. 1692); Cf. Jbid., 168-334; V. pour les détails, p. 337-344.

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