F. Car., II, 393 {Boss. à Leib., 12 août
3. GEiui.,itfafA.,IV,28, 80 (L. à Wallis, du 28 mai 1697 à 1700).
loutes les forces de son être. Il faut grouper les Églises du nord, celles de l'Allemagne, de la Suède et de l'Angleterre, apaiser avec soin les litiges qui les séparent et leur montrer que, sous les divergences théologiques ou politiques, elles n'ont qu'un intérêt commun, celui de se solidariser entre elles'. Ainsi se formera peu à peu ce foyer de lumière et d'activité qui doit produire dans les autres parties de la famille humaine l'étincelle provocatrice.
De là provient la haine croissante que Leibniz professe envers Louis XIV, à partir de la guerre de Hollande. Il ne veut ni de la monarchie absolue qu'incarne le « roi très chrétien » ni du catholicisme momifié et momifiant que ce grand prince symbolise aux yeux du monde. Car d'un côté comme de l'autre, c'est la mort de la liberté, par là même du progrès; et le malheur irait à son comble, si ces deux principes de direction venaient à marcher de pair. Il faut donc que l'Allemagne vive et concentre autour d'elle toutes les énergies protestantes. Là seulement se discerne un rayon d'espoir; là se trouve l'unique moyen d'obtenir une chrétienté qui ait assez de lumière, de force et d'initiative pour tirer de son sommeil le reste du genre humain.
Aussi voyez avec quelle puissance de conviction et quelle fréquence il s'élève contre les conquêtes de Louis XIV. Il proteste contre le traité de Nimègue et les spoliations qui l'ont suivi « contre la foy tout fraîchement donnée 2 »; il proteste à nouveau contre le traité de Ryswick3; il intrigue, pendant la guerre de Succession, afin d'obtenir que l'Europe prenne enfin conscience du danger et se coalise contre les armées du roi4. Et partout, c'est le même cri d'alarme qui se fait entendre : si l'on n'agit pas, c'est fini de la liberté politique, fini de la liberté religieuse ; car il y va du salut
1 . Bar., Leib. , 204-209 (divers inédits) ■ — Cf. Gekh. , Phil. , VI, 3, note ( Théod.) : « C'est pour aidera l'unité », non des églises et de Rome, mais « des églises protestantes, zu befôrderung der einigkeit der protestirenden Kirchen », que Leibniz a écrit sa Théodicée.