Erd., 466a-4671> {L. à Wagner, 4 juin
4. Gerej., Math., III, 575 {L. à Joli. Bern., 21 févr. 1699).
LA VIE DES AMES
jusqu'à la région des « pensées distinctes ». La mort, par contre, n'est qu'un enveloppement, mais qui n'aboutit jamais à la disparition complète de toute perception : car l'Ame demeure sous la transformation qu'elle subit; et l'âme enveloppe une tendance essentielle à penser qui « a toujours quelque succès ». C'est « une grande source d'erreurs, que de prendre la cessation ou suspension plustost des pensées distinctes pour une cessation de toutes les pensées... C'est la même erreur que celle du vulgaire, lorsqu'il croit qu'il y a du vuide, là où il y a un mouvement uniforme, comme celuy de la terre, qui se fait sans secousses1 ». En outre, la mort, qui n'est jamais totale, ne peut être aussi qu'un état provisoire. L'animal revient de son sommeil au bout d'un certain temps, et pour reprendre sa carrière un moment interrompue; car tout est fait pour atteindre une fois ou l'autre son point de maturité : c'est là un but dont les accidents de la route peuvent retarder la conquête, mais dont rien ne dévie jamais pour de bon2. Les dons de Dieu « sont sans repentance ».
Cette interprétation des vicissitudes par où passe la vie, est conforme à « ce que Messieurs Swammerdam, Leewenhoek et Mons. Dodard ont observé là-dessus3 ». Ils ont montré « que les moindres insectes s'engendrent aussi par la propagation de l'espèce » : ce qui porte à « juger de même des petits animaux séminaux, savoir qu'ils viennent eux-mêmes d'autres animaux séminaux encore plus petits, et qu'ainsi ils n'ont jamais commencé qu'avec le monde4 ». L'expérience nous incline de plus en plus à croire que la vie ne vient que de la vie; et la raison nous dit d'elle-même qu'il n'en peut aller autrement. La vie enveloppe toujours de la pensée : c'est un fait fondamental et qu'il ne faut jamais perdre de vue. Elle ne peut donc résulter d'un simple arrangement de particules matérielles. Dès lors,
1. Gerh.,PM., VI, 516 [L. à la Reine de Prusse, entre 1700 et 1705).