‹ LeibnizChapitre 233 sur 310 · Erd., 712b, 89 (Monad · texte numérisé non relu

Erd., 712b, 89 (Monad

k.lbid., 216b-217a (N. Essais)- Cf. Ibid., 264b, 268a.

tout crime trouve enfin son châtiment et toute bonne action sa récompense. Le plan de la création ne supporte pas d'échec final ; il en supporte encore moins sur ce point essentiel qui est l'harmonie du bien et du bonheur1. Dieu, suivant l'antique tradition..., « marche toujours en ligne droite conformément à sa nature, en même temps qu'il circule à travers le monde. Et sur ses pas s'avance la justice, vengeresse inflexible des infractions faites à sa loi 2 ». Ces paroles de Platon résument aussi la pensée de Leibniz. Et combien de fois déjà nous les avons trouvés d'accord !

Telle est, d'après Leibniz, l'esquisse du drame des âmes. L'idée du meilleur en est à la fois le but, le principe d'action et la loi. Il a commencé avec le monde, il se poursuit à travers les siècles, et il a l'éternité pour s'accomplir. Quelle grandeur de vue et quelle puissance de compréhension! Combien cette doctrine est riche et par les idées dont elle constitue la synthèse et par celles qui en jaillissent de toutes parts comme de leur foyer central !

La terre n'est plus le centre du monde. Il en va comme d'une ville dans un grand royaume : elle apparaît comme l'un des « théâtres », et des plus « petits », où la vie réalise sans relâche la série interminable de ses transformations.

La pensée n'est plus le privilège de l'homme, ainsi que le voulait Descartes qui réduisait les animaux à l'état de simples machines. Elle est tombée, cette barrière artificielle et ridicule. Non seulement les bêtes ont une âme, bien que très différente de la nôtre ; mais encore la connaissance s'étend de quelque manière à tous les êtres, quels qu'ils soient : elle en constitue le fond.

Même élargissement pour l'idée d'immortalité. Si l'homme ne meurt pas tout entier, disait-on contre les scolastiques, il faut que l'animal ait le même sort, puisqu'il est ca-

1. Consulter les références des pages 287-288. A peu près dans tous les passages où Leibniz parle de l'immortalité physique, il touche également à l'immortalité personnelle. Ces deux questions vont de front dans sa pensée; la première prépare la seconde, en lui donnant une base plus large dans la nature.

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